Édition du 15 janvier 2019

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Planète

La menace climatosceptique pèse aussi sur l’Europe

12 décembre 2018 | mediapart.fr 

Trump et Bolsonaro ne sont pas les seuls à vouloir démanteler la protection de l’environnement : en Europe, des lobbies et des populistes de droite disposant d’excellents réseaux s’efforcent de sauver l’énergie fossile au XXIe siècle. Et ce petit monde a le vent en poupe.

À La Nouvelle-Orléans, le cauchemar des scènes apocalyptiques qui ont suivi l’ouragan Katrina en 2005 hante encore les esprits. Dans cette métropole du delta du Mississippi, bon nombre d’habitants ont déjà dû quitter leur domicile face à la montée du niveau de la mer. Ils sont les premiers réfugiés climatiques des États-Unis.

Le fait que l’élite des « négateurs » américains du changement climatique s’y réunisse en août 2018 a sonné comme une mauvaise blague. L’« American First Energy Conference » s’est tenue à l’hôtel Hilton Riverside, à l’initiative du Heartland Institute. Ce think tank radical vénère le président américain Donald Trump. « Un certain nombre de personnes croient que les industries fossiles détruisent la Terre, mais j’ai aussi une bonne nouvelle à leur annoncer : nous avons Trump ! » s’exclame Jeff Landry, ministre de la justice de l’État de Louisiane, également parrain de la manifestation.

Le public hurle de plaisir. Les 300 invités ont payé 50 000 dollars pour une table avec service VIP. Les conférences portent des titres tels que « Pourquoi le CO2 ne déclenche-t-il pas une crise climatique ? » ou « L’avenir du charbon, du pétrole et du gaz ».

Les orateurs voient le soutien à l’industrie du charbon et à la fracturation hydraulique comme un acte patriotique, de même que la limitation de l’immigration et la réduction de l’État providence. Le Heartland Institute conseille Trump et, selon ses propres dires, lui a même fourni des arguments pour se retirer de l’accord de Paris sur le changement climatique. « Nous taillons en pièces le récit de la gauche et de l’ONU sur le fait que les énergies fossiles détruisent le monde : car seules les énergies fossiles apportent la paix au monde », assure à Mediapart Tim Huelskamp, directeur de l’institut.

Les climatosceptiques américains font de l’agitation en Europe

À l’heure actuelle, les représentants des 196 pays du globe tentent de mener à bien une tâche colossale : transformer en règles les objectifs de l’accord de Paris sur le climat, qui consistent à limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré. Mais les diplomates, les hommes politiques et les conseillers qui débattent durant des nuits entières dans la ville polonaise de Katowice à l’occasion de la COP24 ont un adversaire qui était invisible jusqu’à présent : les négateurs du bouleversement climatique.

En un mois d’enquête, Mediapart a retrouvé leurs représentants là où personne n’aurait soupçonné qu’ils soient. Ces climatosceptiques occupent des postes de responsabilités dans des groupes de pression à Bruxelles, siègent en tant que députés conservateurs et libéraux au Parlement européen, dirigent des associations professionnelles néolibérales et déterminent la politique climatique de tous les partis de droite en Europe.

Leur point commun : ce sont principalement des hommes de plus de 60 ans. Ils aspirent à un monde dans lequel personne ne se préoccupe de lois sur le changement climatique, ils ne veulent pas d’accords transnationaux tels que l’accord de Paris sur le climat et considèrent l’opinion scientifique dominante comme mensongère.

Et ils sont bien organisés : en même temps que les diplomates et les environnementalistes, les directeurs de Heartland sont eux aussi présents à Katowice, dans un hôtel quatre étoiles, pour discuter des avantages des combustibles fossiles et des prétendus mensonges du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Le prochain terrain de l’extrême droite

Ce n’est pas un hasard si les négateurs du climat cherchent à se rapprocher des hommes politiques. Avec la poussée dans les urnes des populistes de droite, ils ont trouvé leur porte d’entrée dans les gouvernements et les parlements : des partis tels que le Rassemblement national (RN) en France, la Ligue italienne ou Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne, qui pactisaient jusqu’à présent pour laisser pénétrer le moins possible de réfugiés en Europe, s’allient désormais pour démolir les lois sur la protection du climat.

Selon les prévisions des entreprises de sondage, l’extrême droite pourrait récupérer environ 20 % des sièges au Parlement européen à l’issue des élections de mai 2019 (contre 11 % dans la législature actuelle), malgré le départ des 18 députés du UKIP suite au Brexit. Ces députés vont faire davantage de discours, rédiger plus de rapports et attirer d’autres députés à leurs côtés.

Selon une étude de l’institut de recherche berlinois Adelphi, l’extrême droite européenne s’est systématiquement opposée aux lois ayant pour objectif de réduire les émissions néfastes pour le climat, comme celles ciblant l’industrie automobile. La législation visant à promouvoir les énergies renouvelables a également été rejetée par les négateurs présents au Parlement.

Les climatosceptiques trouvent leurs meilleurs relais dans les partis d’extrême droite. En Allemagne, l’Institut européen pour le climat et l’énergie (Europäische Institut für Klima und Energie, EIKE) conseille l’AfD, et certains membres de l’EIKE se sont même présentés à des élections sous les couleurs du parti.

Tous les partis d’extrême droite européens ne sont pas aussi ouvertement climatosceptiques que l’AfD, qui écrit noir sur blanc dans son programme que « le CO2 n’est pas un produit polluant ». Cependant, à l’exception du parti hongrois Fidesz et de l’Alliance nationale lettone, tous les autres freinent systématiquement les mesures de protection du climat.

Arnaud de Rigné conduit une vieille Peugeot. Il n’a jamais participé à des conférences sur le climat, ne sait même pas que la COP24 se déroule actuellement en Pologne. Mais ce Français âgé de 21 ans est malgré tout le délégué à l’écologie du Rassemblement national. Officiellement, le parti ne nie pas le changement climatique, mais il bloque toute mesure susceptible de l’atténuer.

Les quinze eurodéputés RN se sont opposés ces dernières années aux huit résolutions les plus importantes sur le changement climatique adoptées à Bruxelles : ils ne voulaient ni ratifier l’accord sur le climat conclu dans leur propre capitale entre 196 nations, ni limiter, en juin de cette année, les émissions de CO2 des petites voitures et des voitures plus lourdes.

Arnaud de Rigné est engagé au Front national depuis l’âge de 16 ans. « Nous devons tout résoudre au niveau national », tel est son credo et celui du RN. Mais comment ? Ce jour-là, il nous emmène hors de sa ville natale de Hénin-Beaumont pour nous conduire à dix kilomètres de là, dans un moulin à vent historique sans ailes. Il ne s’agit pas d’évoquer l’éolien, car le RN se dresse partout où c’est possible contre « l’énergie éolienne qui défigure les sites » et défend farouchement le nucléaire.

De Rigné se poste devant la bâtisse en briques et donne sa vision de « l’écologie patriotique ». Il y a trois ans, il y avait encore au sein du Rassemblement national la plateforme Collectif Nouvelle écologie. Son site web n’existe plus, mais selon de Rigné, cela ne veut rien dire : le parti continuerait à travailler sur son programme en matière d’environnement.

Le RN souhaite par exemple taxer les grandes entreprises étrangères telles que Coca-Cola pour économiser sur les frais de transport et les bouteilles en plastique. Et le café d’Amérique du Sud ? Et les fourrages au soja brésiliens pour les agriculteurs locaux ? « Ceux-ci ne seront pas taxés. » Arnaud de Rigné ne peut pas nous fournir un programme du RN plus développé. Le parti veut-il que la France reste fidèle à l’accord mondial de Paris sur le climat ? Une brève hésitation. Puis de Rigné répond : « Oui. Pour le moment. »

Des négateurs particulièrement bien organisés

Tout comme les populistes de droite, les négateurs du réchauffement climatique s’organisent désormais par-delà les frontières nationales. Entre les climatosceptiques américains, australiens, canadiens et européens, il y a des échanges animés sur les listes de diffusion, les réseaux et dans les conférences. Aucune de leurs organisations n’est répertoriée dans le registre européen du lobbying et, en tant que représentants de partis nationaux ou d’associations professionnelles, ils ont accès aux eurodéputés.

En outre, le droit européen autorise ces associations à dissimuler leurs revenus. Les lois américaines sont plus transparentes : d’après l’IRS, l’administration fiscale américaine, le Heartland Institute a dépensé en 2015 environ 4,6 millions de dollars, puis 5,5 millions de dollars en 2016 et 5,9 millions de dollars en 2017. Une partie de l’argent est venue de la Fondation Mercer, l’un des plus importants donateurs de la campagne de Trump.

Les négateurs européens du réchauffement climatique s’organisent clandestinement : leur financement reste généralement obscur et les formes d’organisation souvent floues. C’est le cas de l’organisation dénommée Clexit (pour climate exit, « sortie du climat »). Des climatosceptiques s’organisent sous cette dénomination dans le monde entier. Leur objectif ? Persuader leurs gouvernements de sortir de l’accord de Paris.

Clexit a un site web mais pas de mentions légales, un catalogue d’exigences mais pas de service de presse ni de numéro de téléphone. Il suffit toutefois d’un regard sur les données de cette nouvelle structure pour voir que la plupart de ses membres sont ou ont été impliqués dans des projets portant sur les énergies fossiles au sein d’entreprises ou d’universités, à l’image du directeur du lobby pétrolier néerlandais ainsi que d’ingénieurs travaillant pour les industries de l’aviation, de l’agroalimentaire, de l’extraction du charbon ou des experts du nucléaire.

Le consultant français François Gauchenot figure sur la liste des membres. À travers sa société, Saint George Institute, il conseille des entreprises sur les moyens d’améliorer l’efficacité de leurs conseils de surveillance. L’American Heartland Conference est évidemment ravie de ce renfort : « Le Royaume-Uni a voté pour le Brexit. Ce n’est donc pas très surprenant qu’ils votent pour le Clexit », explique Marc Moreno, l’un des négateurs du réchauffement climatique les plus connus aux États-Unis.

Une autre association, le Comité indépendant de géo-éthique (ICG), fondée en 2015 à Prague et dont le président honoraire, le célèbre naturaliste Charles Darwin, a été nommé à titre posthume, possède elle aussi un site web mais pas de mentions légales. Le financement et l’organisation de l’ICG ne sont guère transparents. Ce comité sponsorise des conférences européennes de climatosceptiques.

C’était le cas d’une conférence organisée en septembre 2018 à l’université de Porto. Pendant deux jours, les négateurs du réchauffement climatique, en majorité des hommes aux cheveux gris, dans la soixantaine, y ont mené une croisade contre le GIEC « tout-puissant ».

Parmi eux, Howard Dewhirst, PDG de Petroalbion, un cabinet de conseil anglo-australien spécialisé dans les forages par fracturation hydraulique, les forages gaziers et pétroliers, affirme que le fracking est un remède miracle vilipendé par les fanatiques de gauche. Car selon lui, le changement climatique a été inventé de toutes pièces.

Des représentants de l’Institut Heartland ont également donné des conférences, de même que le mathématicien parisien Benoît Rittaud, chef de file des climatosceptiques en France. « Nous allons maintenant renforcer notre offensive, car les citoyens sont de plus en plus de notre côté », certifie cet homme aux cheveux frisés. Rittaud explique qu’un ancien journaliste du Figaro exercera à l’avenir son travail de relations publiques. « Nous devenons plus professionnels. » Il ne souhaite pas faire de commentaires, en revanche, à propos de l’un des sponsors de la conférence portugaise, le Comité indépendant de géo-éthique.

Nils Axel Mörner, un géologue suédois, est l’un des cofondateurs de ce comité qui pose question. Son thème de prédilection est l’élévation du niveau de la mer. « Lorsque j’ai vu ces magnifiques photos des îles Fidji, j’ai tout de suite voulu m’y rendre et mener des recherches », explique-t-il à Porto.
Voici ce qu’il prétend avoir découvert : la mer ne monte pas.

Pourtant, selon le journal de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, une ville complète des îles Fidji devrait d’ores et déjà être déplacée vers les régions de haute montagne car la mer dévore le littoral. D’autre part, les données des autorités maritimes britanniques, rassemblées dans le cadre d’une enquête de Correctiv et Mediapart sur la montée des mers, montrent des niveaux d’eau plus élevés de 25 centimètres dans le port de la capitale Suva.

Mörner a publié ses conclusions dans une revue en libre accès intitulée International Journal of earth and environmental scientists. Il a en outre fait payer ses recherches par des lobbyistes et reconnaît volontiers qu’il a touché 20 000 euros de la part de la « CO2Coalition », un groupe de réflexion conservateur américain qui nie le changement climatique provoqué par l’homme et fait de la publicité en faveur des caractéristiques positives du CO2.

Elle compte Patrick Moore, ex-militant de Greenpeace, dans son conseil de surveillance. Celui-ci parcourt le globe pour donner des conférences niant le changement climatique. Son fondateur, William Happer, est désormais le principal conseiller de Trump au sein du Conseil de sécurité nationale.

Au deuxième jour de la conférence de Porto, les participants ne sont plus aussi avenants avec nous : ils se mettent mutuellement en garde contre la « presse mensongère », et, après les conférences du matin, les organisateurs conseillent de ne pas répondre à nos questions et de faire « comme s[’ils] ne comprenai[en]t pas l’anglais ». Ils maintiennent fermées de l’intérieur les portes de l’auditorium. L’ambiance qui y règne ressemble de plus en plus à celle d’une secte.

Lobby de l’économie contre les lois

Mörner ne fait pas mystère de ses opinions. En revanche, parmi les lobbyistes et les parlementaires bruxellois, berlinois et parisiens, on hésite à parler ouvertement de « thèses alternatives » sur le changement climatique car on craint des conséquences en termes d’image.

Malgré tout, nombreux sont les politiques libéraux et conservateurs ainsi que les acteurs de l’industrie des combustibles fossiles qui n’attendent que le moment où les négateurs seront à nouveau acceptables dans l’opinion et dans les médias. Ils pourraient alors torpiller, avec plus de succès que jusqu’à présent, les lois adoptées contre le réchauffement climatique.

En France, l’institut néolibéral Turgot n’a plus de site web depuis quelque temps. Mais ses collaborateurs sont proches des climatosceptiques. Marie-France Suivre a été déléguée générale de l’institut et, en même temps, déléguée générale des « climatoréalistes », comme les négateurs se sont récemment appelés en France ; Gilles Dryancour, lobbyiste à Bruxelles pour le marché des tracteurs, était président de l’institut Turgot et président honoraire du CEMA, l’association européenne des machines agricoles, tout en travaillant pour l’industriel du tracteur John Deere, à Mannheim. Il veille ainsi à ce que les exigences environnementales relatives aux tracteurs soient aussi faibles que possible.

« Il n’y a pas de piétons qui se promènent dans les champs : il est donc injuste qu’on nous applique les mêmes normes qu’à l’industrie automobile », considère-t-il. « En tant qu’experts agricoles, nous ne doutons pas du changement climatique. Par contre, le changement climatique peut avoir de nombreuses causes, il n’est donc pas forcément le résultat de l’activité de l’homme », ajoute-t-il.

Gilles Dryancour prétend ne pas savoir grand-chose de la présence de négateurs du climat dans son institut. Ce qui est beaucoup plus important pour lui, c’est le « prix pour les abeilles » qu’il a créé, à travers lequel il fait la promotion de moissonneuses-batteuses ou de drones respectueux des insectes, qui pulvérisent des pesticides la nuit, pendant que les abeilles dorment.

Des négateurs au sein du Parlement européen

Désormais, les négateurs du changement climatique franchissent les portes du Parlement européen. En juillet, des députés conservateurs et libéraux ont élu pour la première fois un climatosceptique déclaré comme rapporteur de la Commission de l’agriculture – précisément pour LIFE, le principal programme de l’Union européenne pour la protection du climat. Il s’agit de John Stuart Agnew, député du UKIP britannique.

La Commission de l’agriculture est particulièrement puissante : elle distribue chaque année 58 milliards d’euros de subventions aux agriculteurs et aux autorités rurales de l’UE. L’agriculture intensive, avec ses engrais à base de pétrole, son élevage industriel et ses tracteurs lourds, est responsable d’environ un cinquième des émissions nocives pour le climat.

Le rapport Agnew s’aligne tout autant sur Heartland que sur les groupes de réflexion néolibéraux. On y lit que les hommes ne sont pas coupables de l’augmentation de la concentration de CO2 et que le climat est principalement influencé par les radiations cosmiques, qui pourraient modifier la température jusqu’à dix degrés supplémentaires. « L’incidence des autres gaz à effet de serre – CO2, méthane et dioxyde d’azote – sur notre climat est insignifiante », affirme le rapport. Il contredit ainsi toutes les publications scientifiques telles que celles de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA)

Bien que ses amendements individuels aient été rejetés par la Commission de l’agriculture en septembre, le rapport de six pages d’Agnew a été inclus tel quel dans les annales de l’UE. « J’ai remporté un succès total », se réjouit l’eurodéputé. « Les climatologues et les médias comme la BBC commencent tout juste à paniquer. Ils constatent que les négateurs du changement climatique commencent petit à petit à s’imposer », affirme-t-il en souriant.

Les prévisions relatives à l’augmentation de la température globale changent fréquemment. Et ces fluctuations sont l’argument massue des négateurs du changement climatique, qui estiment que c’est une preuve selon eux que le GIEC se trompe. Tous les rapports du GIEC et de ses milliers de chercheurs internationaux présupposent que la Terre se réchauffe et que l’homme en porte la plus grande part de responsabilité. De combien de degrés ? Personne ne le sait actuellement. Néanmoins, le chiffre précis n’a guère d’importance. Car en fait, il faisait seulement 5 degrés de moins qu’aujourd’hui durant la dernière ère glaciaire : chaque degré est donc crucial.

Anders Levermann, scientifique à l’Institut de recherche sur les impacts climatiques de Potsdam, est catégorique. Les négateurs du climat ignorent les lois de la physique fondamentale et cherchent des corrélations et des coïncidences pour soutenir leurs thèses. « Tout comme vous ne pouvez pas être cosmologiste et refuser en même temps la gravitation, vous ne pouvez pas être physicien spécialiste du climat en affirmant que le CO2 n’a pas d’effet sur le climat, estime-t-il. Ce qui me cause vraiment du souci, c’est l’esprit “anti-âge des Lumières” qui se cache derrière les négateurs du changement climatique. On peut certes avoir des opinions divergentes, mais seule une société basée sur des faits peut être équitable. Sinon, c’est toujours la personne la plus puissante qui décidera de ce qui est juste. »

Les adversaires sournois de la démocratie

Les fake news ont également joué un rôle dans la campagne du Brexit. Certains faits et chiffres partiellement inventés ont incité plus de la moitié des Britanniques à se prononcer contre l’Europe. L’atmosphère peut également basculer sur le thème de l’immigration, sans qu’il existe de motifs rationnels pour cela. Et ce n’est pas un hasard si les mêmes personnes qui s’opposent à l’immigration, à la mondialisation et à la presse libre contestent également le changement climatique.

« Les climatosceptiques préparent le terrain pour faire avancer l’agenda des adversaires de la démocratie : ils remettent en question la démocratie, des institutions comme l’UE et les Nations unies », explique Alexander Carius, l’un des auteurs de l’étude d’Adelphi.

Plus que jamais, il pourrait s’avérer nécessaire d’argumenter plus positivement encore en faveur de la protection du climat. Jusqu’à présent, les négateurs prétendaient que celle-ci priverait les gens de quelque chose : de leur travail, de leur temps libre, de leur voiture. « Quels sont les avantages apportés par une mobilité axée sur une politique de développement durable et de réduction des émissions de carbone, sur la manière dont nous produisons et consommons des produits agricoles ? C’est là-dessus que nous devrions discuter. »

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