Édition du 14 août 2018

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Environnement

La minière Nouveau Monde Graphite commet d’autres bévues dans ses déclarations publiques : Incompétence ou mauvaise foi ?

Communiqué de l’Association pour la protection du lac Taureau

L’Association pour la protection du Lac Taureau (APTL) tient à réagir aux multiples annonces récentes du président de la société Nouveau Monde Graphite, le promoteur d’une mine à ciel ouvert à Saint-Michel-des-Saints, notamment l’annonce de mardi d’une mine « 100% électrique ». Cette dernière annonce a par la suite mené le promoteur à faire de fausses déclarations dans divers médias, ce qui soulève encore une fois de grands doutes quant à la confiance que l’on peut accorder à ce promoteur (Journal de Montréal le 9 avril, Journal l’Action de Joliette le 11 avril et émission de Mario Dumont à TVA Nouvelles le 10 avril).

Manœuvre de diversion ?

L’APLT considère tout d’abord que la récente annonce d’une mine « tout électrique » constitue une belle manœuvre de diversion de la part du promoteur Nouveau Monde Graphite qui cherche à détourner l’attention des médias et de la population des vrais enjeux de son projet, soit : (1) la destruction d’un territoire situé en plein cœur d’une des régions touristiques et de villégiature des plus réputées au Québec (la mine serait située entre le Parc national du Mont Tremblant et le Parc régional du lac Taureau), et (2) les risques élevés de pollution des eaux de la rivière Matawin et du lac Taureau, notamment à cause des rejets liquides possiblement contaminés et des millions de tonnes de déchets miniers qui seraient laissés derrière.

« Quel que soit le type d ‘équipement minier qui sera employé par le promoteur, que ce soit des équipements diesel ou électriques, cela ne changera rien à la destruction de plusieurs kilomètres carrés de territoire pour faire place à une mine à ciel ouvert, ni aux risques élevés de pollution de l’eau reliés aux opérations et aux déchets miniers » dénonce Daniel Tokatéloff, ingénieur à la retraite et administrateur de l’Association, laquelle s’oppose à l’exploitation d’une mine à ciel ouvert au cœur d’un des milieux récréotouristiques et de villégiature des plus réputés au Québec.

Incompétence ou mauvaise foi ?

L’Association, qui représente plus de 400 personnes, riverains et sympathisants à la défense du Parc régional du Lac Taureau, tient également à dénoncer de nouvelles déclarations, fausses sinon mensongères, tenues ces derniers jours dans divers médias. Mardi le 10 avril à l’émission de Mario Dumont (TVA Nouvelles) le président de Nouveau Monde Graphite a notamment affirmé que la mine à ciel ouvert qu’il projette serait située « à l’extérieur » du bassin versant du lac Taureau. Réaction de M. Tokatéloff : « C’est complètement faux et cela relève soit d’un mensonge, soit d’une grossière incompétence. Dans les deux cas, c’est très inquiétant pour la suite des choses et ça s’inscrit dans la continuité des nombreuses faussetés ou contradictions affirmées par cette compagnie depuis plus d’un an ».

L’Association rappelle qu’il est pourtant connu depuis longtemps par les représentants du promoteur et par ses ingénieurs-consultants que les rejets liquides du complexe minier se feraient dans le Ruisseau à l’Eau Morte, lequel se déverse dans la rivière Matawin qui se déverse à son tour dans le lac Taureau, situé à moins de 5km à vol d’oiseau du site minier. Il s’agit bien du bassin versant menant au lac Taureau. Il suffit simplement de consulter les rapports techniques du promoteur et les cartes topographiques de la région pour le constater.

D’autres contradictions

Dans la même entrevue avec Mario Dumont (TVA Nouvelles, 10 avril), de même que dans les propos rapportés dans le Journal de Montréal (9 avril 2018) et l’Action de Joliette (11 avril), le promoteur a à nouveau fait des déclarations contradictoires par rapport aux études de ses propres ingénieurs-consultants, soit :

1. que l’eau serait 100% recyclée, qu’aucun débit d’eau ne viendrait de l’extérieur, et que l’eau viendrait uniquement de sa fosse de mine, alors que les études de ses ingénieurs-consultants démontrent plutôt que 2 puits seraient utilisés pour fournir 548 000 litres d’eau par jour. Et dans une autre entrevue cette semaine, le promoteur affirme même qu’il utiliserait jusqu’à 10 puits pour approvisionner sa mine en eau ! Comment réconcilier ces déclarations contradictoires, et en plus prétendre que l’eau serait 100% recyclée si jusqu’à un demi-million de litres de nouvelle eau doit être pompée chaque jour ?

2. qu’il n’y aurait aucun rejet liquide contaminé dans le bassin versant du lac Taureau car l’eau serait recyclée à 100% , alors que les mêmes études de ses ingénieurs-consultants démontrent plutôt qu’il y aura seulement un recyclage partiel et qu’un débit constant d’eau usée sera rejeté au Ruisseau à l’Eau Morte après avoir traversé un bassin de « polissage » visant à réduire la contamination.

« Devant l’énormité de ces fausses déclarations et la multiplication des déclarations contraires à ses études d’ingénierie, notre association ne peut pas rester sans réagir, puisque cela anéantit presque complètement la confiance que l’on peut accorder à un promoteur qui avoue ainsi, soit ne rien connaître des détails de son projet, soit carrément mentir ou nier tous les risques de pollution pour la rivière Matawin et le lac Taureau », de conclure M. Gilles Cartier, président de l’Association.

Voir les récentes analyses qu’a produit l’Association pour la protection du Lac Taureau concernant les risques de ce projet minier ici, ici , et ici.

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