Édition du 18 décembre 2018

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Arts culture et société

Le retour de Guernica

C’était le 26 avril 1937. Les nazis, trop heureux d’utiliser l’Espagne comme laboratoire dans l’expérimentation de la guerre totale qu’ils préparaient, s’offrent volontiers pour affaiblir le front Nord de la résistance à Franco en bombardant la ville basque de Guernica.

À 16 h 30, un jour de marché, les avions nazis ont lâché des bombes incendiaires, des bombes explosives, puis ont poursuivi la population à la mitraille. Les bombardements en piqué étaient particulièrement terrifiants. Les aéronefs guerriers ont quitté le ciel de la malheureuse ville vers 19 h 30 laissant des ruines et des victimes civiles.

Picasso avait reçu la commande par le gouvernement républicain d’une toile pour orner le pavillon espagnol de l’exposition universelle de Paris. Le sort de Guernica s’imposa à lui comme sujet dès qu’il en eut connaissance. L’allégorie du massacre et de la destruction allait devenir une toile célèbre, qui ne retourna pas en Espagne, car le génial peintre se refusait à l’y laisser entrer tant que les « libertés civiles ne seraient pas rétablies ». Hélas, Picasso mourrait avant Franco.

La toile, après avoir séjourné au Musée d’art moderne de New York (MoMA) et erré dans diverses expositions, fit son entrée au Prado en 1981, puis fut installée au musée Reina Sofia, toujours à Madrid.

Mais les libertés civiles sont-elles revenues en Espagne ? Franco est-il vraiment mort ou ne survit-il pas dans les pratiques anti-démocratiques du gouvernement espagnol ?

La population catalane ne bénéficie même pas du droit de se prononcer sur son avenir. Les partisans de l’indépendance sont traités comme des criminels juste parce qu’ils ont une opinion légitime différente de celle du pouvoir central. De façon violente, on interdit même en certains lieux jusqu’à l’affichage de son choix politique.

Les visiteuses et visiteurs qui passent devant le fameux tableau de Picasso ont-ils conscience de son histoire ? L’Espagne mérite-t-elle qu’il se trouve à Madrid ?

LAGACÉ, Francis

Francis Lagacé

LAGACÉ Francis
8200, rue Hochelaga App. 5
Montréal H1L 2L1
Répondeur ou télécopieur : (514) 723-0415
francis.lagace@gmail.com.
www.francislagace.org
www.lesecritsfrancs.com

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