Édition du 11 décembre 2018

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Environnement

Situation urgente quant à la protection de l’eau potable de 300 000 Québécoise.e.s

Et il n’y a pas de source alternative d’eau à proximité, car les rivières Montmorency et Jacques-Cartier ont des débits faibles l’été et le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Québec sera à moyen terme trop salé pour être utilisé comme source d’eau potable.

Quelques notions

Bassin versant : territoire qui reçoit les précipitations qui finissent par se déverser dans un lac ou un cours d’eau.

Bassin versant de la prise d’eau potable de la rivière St-Charles. Ce n’est pas tout le bassin versant de cette rivière qui est en cause, mais le haut bassin versant comprenant notamment Stoneham, Lac Beauport et partiellement à Valcartier. Voir carte.

Actuellement, c’est la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), présidée par Régis Labeaume, qui est responsable de la règlementation à l’égard du bassin versant. 80% des sièges de cet organisme sont occupés par Québec, les 20% restant, par les autres villes.

La St-Charles alimente St-Augustin, L’Ancienne-Lorette, Wendake, le centre-ville de St-Gabriel-de-Valcartier ainsi que Québec, sauf Beauport , Charlesbourg et Ste-Foy, dont l’eau provient respectivement de la Montmorency et du Saint-Laurent. Toutefois, il y a interconnexion entre les 3 réseaux d’eau potable de sorte que la délimitation entre les clientèles n’est pas aussi claire.

Problématique actuelle

Un développement important se poursuit dans ce bassin versant et ce, sans contrôle efficace.

Et il n’y a pas de source alternative d’eau à proximité, car les rivières Montmorency et Jacques-Cartier ont des débits faibles l’été et le fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Québec sera à moyen terme trop salé pour être utilisé comme source d’eau potable.

L’eau de pluie est polluée notamment par le sel de déglaçage et les produits toxiques qui tombent au sol. Le sol laissé nu, par exemple durant une construction, fait migrer vers la prise d’eau phosphore et azote, nourritures par excellence des plantes aquatiques dont les algues bleues. La pollution provient également des installations septiques, même conformes, des rejets d’égout sommairement traités par Stoneham et Lac Beauport, etc.

Cette pollution dégrade la qualité de l’eau, augmente les coûts de traitement et pourrait, en cas de fort épisode d’algues bleues, amener à l’interruption du service d’eau pendant quelques jours. Pour plus de détails : http://www.apel-maraisdunord.org/apel/territoire/problematiques/

Le sol forestier, absorbant le plus lentement l’eau de pluie, est celui qui contribue le plus à la purification de la pluie avant qu’elle atteigne la prise d’eau.

De 2008 à 2013, 8,8 km2 de milieux forestiers sont disparus dans le haut bassin versant de la rivière Saint-Charles au profit de routes (3,7 km2), de milieux ouverts (2,3 km2), de coupes ou brûlis (1,5 km2) et de bâtiments (1,3 km2). Au total, de 2008 à 2015, c’est 2372 nouvelles constructions résidentielles qui se sont ajoutées, dont 27 % sont sur installations septiques.

Les démarches vigoureuses, entreprises par le maire de Québec afin de stabiliser la situation, se sont soldées par un règlement de contrôle intérimaire à propos duquel Stoneham et Lac Beauport se retrouvent en cour pour l’invalider.

Quant à la ville de Québec, elle a interdit ou retardé le développement dans le secteur concerné. Des fonctionnaires voient à l’application du règlement lors des demandes de permis de construction, mais aucun inspecteur ne s’assure du respect du règlement en cours de travaux. Et les amendes sont faibles.

Selon l’APEL1, « Ici comme ailleurs, il est démontré que de laisser la gouvernance de l’eau potable aux municipalités est une mission impossible. »

Par ailleurs, bien que des projets puissent respecter des normes, l’effet cumulatif de ces projets peut quand même s’avérer nocif pour l’eau potable. Il est donc important d’avoir une vision globale et intégrée du développement dans le haut bassin versant de la rivière St-Charles.

Solution à promouvoir

Devant l’absence d’une protection significative en raison d’intérêts particuliers qui viennent étouffer la poursuite du bien commun, il est impératif que le gouvernement du Québec prenne une part active à une solution dans ce dossier.

Un médiateur devrait être nommé immédiatement afin de proposer une nouvelle structure de gouvernance après avoir assis autour d’une même table toutes les parties concernées par la qualité de l’eau de la prise d’eau potable de la rivière St-Charles. Cette structure aurait comme mandat d’adopter un plan d’action en vue de protéger la source d’eau potable, de réglementer, de sévir, de procéder à des études et de rendre compte au gouvernement de ses travaux. Le médiateur devrait faire rapport dans un délai maximum de 12 mois.

Brigitte Hannequin

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