Édition du 18 décembre 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Au coude à coude pour l’environnement ?

Coup de théâtre médiatique, effet de toge, toujours est-il que le départ précipité de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique au sein du gouvernement Macron en a surpris plusieurs. L’ancienne recrue vedette en claquant la porte, s’est exprimé en ces termes : ‘’ Je me surprends toujours à m’accommoder des petits pas. Je suis fatigué de me mentir ‘’

photos : gracieuseté de Michel Pilon

Voilà le ton est clair, son diagnostic, sans appel ! L’ennemi est là au sein du système économique, ce qui vaut pour la France, vaut pour le Canada et même pour la Planète. Les appétits gargantuesques des entreprises capitalistes sont sans limites. Sans compter que les pétrolières, gazières sont à l’honneur dans les antichambres ministérielles, on n’arrête pas la croissance du Capital. Les plans mis en œuvre par les divers paliers de gouvernements afin de contrer les effets climatiques se réduisent en peau de chagrin, malgré la gravité du désastre annoncé.

Le Canada n’y fait pas exception, son rôle de premier de classe est plus que douteux, l’achat des infrastructures de Trans Mountains au coût de quatre milliards est un véritable pied de nez à tout ce qui est vert et progressiste.

La dernière campagne électorale québécoise en a surpris plusieurs et ce en raison de l’absence parmi les principaux partis politiques d’un véritable programme politique crédible face aux changements climatiques.

Avec la canicule du mois d’août, les incendies, les décès et face à la perspective électorale du mois d’octobre, les initiatives citoyennes se sont multipliées. Le mot d’ordre ‘’ Il faut que ça change ! ‘’ Bien sûr se libérer des libéraux, mais au-delà du slogan, un réel changement significatif s’imposait. Québec Solidaire fut le seul parti politique à mettre de l’avant une vision d’ensemble sur cette question. Le résultat fut significatif. La jeunesse montante a des ambitions, dont celle de lutter contre les changements climatiques. Elle n’est pas seule, et nous avons vu au cours de l’été des organisations citoyennes s’organiser et prendre la rue à maintes reprises dans diverses villes du Québec.

Le taux de participation variait selon le degré d’organisation, et de mobilisation. Montréal connut deux grandes mobilisations, la première près de 2, 000 personnes répondirent à l’appel de ‘’ La Planète s’invite au Parlement ‘’ la seconde plus de 7,000 personnes avaient répondu présents. Devant l’écho populaire des revendications climatiques et l’absence de solutions du gouvernement caquiste, plusieurs organisations unirent leurs efforts afin d’organiser ‘’ La grande Marche du 10 novembre ‘’ .

Le milieu artistique québécois mit l’épaule à la roue avec sa pétition ‘’ Le Pacte pour la transition ‘’ qui recueillit près de 150,000 signatures, un exploit, compte tenu du court délai de son lancement. En effet, ce plaidoyer ne passa pas inaperçu et l’appel lancé tant par Dominique Champagne, Vincent Gratton, Richard Séguin et quelques autres mobilisèrent quelques milliers de personnes préoccupées par l’urgence d’agir.

Sur la rue, près d’une trentaine d’organisations œuvrant sur la scène environnementale participèrent activement à faire de l’évènement un immense succès. Selon les organisateurs, plus de 50,000 personnes défilèrent du lieu de rendez-vous, soit le Quartier des Spectacles vers la Place du Canada, mais en cours de route, il devint évident que le point de chute de la Manifestation ne convenait plus, tant la foule était compacte, le Mont-Royal fut pris littéralement d’assaut. Rue Sherbrooke et Mansfield, la foule estimée représentait près de 21, 000 personnes, alors que la queue de manif piétinait encore au point de départ.

‘’ Idlle no More ‘’ ouvrait la marche, suivi par la ‘’ Planète s’invite au Parlement ‘’, ainsi que plusieurs centrales syndicales, le DUC, (Déclaration d’urgence climatique) Québec Solidaire et le NPD avaient également mobilisé leurs membres.

Que dire maintenant des revendications portées par les divers intervenants ? Si on observe les affiches, on pourrait dire, pour le moins, qu’elles étaient disparates ; bien sûr, la Terre mère, l’eau, les mines, la taxe sur le carbone, la sauvegarde des espèces animales, la cause végan, etc… Mais en bout de ligne, on fut en mesure de constater que la plupart des slogans reposaient avant tout sur les gestes individuels.
Nous sommes loin des revendications concrètes basées sur le plus grand nombre. Ici et là quelques affiches clairsemées ‘’ C’est le système qu’il faut changer ‘’ ? Bref, l’absence d’un plan de transition global est évidente et pourtant le seul qui est porteur d’un réel changement. Bien sûr, renoncer aux hydrocarbures, aux autoroutes, au troisième lien dans la région de Québec, sont des revendications nécessaires, mais est-ce là suffisant ?

Ce n’est sûrement pas la présence de quelques député(e)s, même ministériel(le)s, ni la rencontre du Premier ministre Legault en tête à tête avec Dominique Champagne qui modifieront l’état des choses.

Pourtant, il est évident que la Planète demeure en état de choc, sous perfusion, et que seul un profond changement de paradigme économique est à l’ordre du jour, sinon nous risquons à terme l’anéantissement planétaire. Il n’y a pas de Planète B scandaient les manifestantEs, en oubliant d’ajouter le seul slogan qui vaille ‘’ Socialisme ou Barbarie. ‘’ Pas d’échappatoire possible nous en sommes rendus là !

Michel Pilon

12-11-2018

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