Édition du 11 décembre 2018

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Économie

Déclaration d'Unifor sur la décision de GM d'abandonner l'usine d'Oshawa

TORONTO, le 29 nov. 2018 - Unifor émet aujourd’hui une déclaration détaillée énonçant la position du syndicat sur la décision de General Motors de mettre fin à la production à l’usine de montage d’Oshawa après 2019.

« Nous avons présenté notre position globale sur la raison pour laquelle l’annonce de GM n’a pas de sens pour l’entreprise, cette communauté ou les travailleuses et travailleurs qui font un travail de grande qualité depuis des décennies », a déclaré Jerry Dias, président national d’Unifor.

Déclaration d’Unifor sur la récente annonce de General Motors

Le 26 novembre 2018, General Motors (GM) a annoncé des plans de restructuration pour l’aider à « accélérer la transformation » de l’entreprise vers les futures technologies et à « rester à l’affût des conditions changeantes du marché et des préférences des consommateurs ». Le principal objectif des plans de restructuration est de faire en sorte que l’usine d’Oshawa, en plus de deux usines de montage américaines et de deux petites entreprises américaines de fabrication de transmissions, ne reçoit aucune allocation de produit après décembre 2019. L’usine d’Oshawa représente 45 % des travailleuses et travailleurs affectés par ces plans de restructuration.

Nous n’acceptons pas les plans de fermeture de l’usine d’Oshawa de GM

Unifor n’accepte pas les plans de restructuration qui entraîneront la fermeture de l’usine d’Oshawa. L’entreprise a établi ces plans en disant qu’elle adopterait de nouvelles technologies et se concentrait sur les véhicules électriques et autonomes. Bien qu’Unifor soutienne tous les constructeurs automobiles qui tentent d’adapter leur modèle opérationnel pour répondre aux besoins de l’avenir, il n’existe pas la moindre justification quant à la mise en œuvre de ces plans qui entraîneront la fermeture d’usines très productives et flexibles, comme celle d’Oshawa, pour atteindre ces objectifs.

Les plans de GM ont été dévoilés non pas dans un marché en déclin ou parce que l’entreprise éprouve des difficultés financières. Le marché américain de l’automobile continue d’atteindre des niveaux élevés, alors que les ventes attendues pourraient dépasser les 17 millions d’unités encore cette année et que les ventes canadiennes atteindront de nouveau cette année 2 millions d’unités. GM accuse une forte croissance, récoltant des bénéfices de 6 milliards de dollars américains au cours des 9 premiers mois de 2018 seulement.1 L’industrie est dans une bonne période, ce qui signifie que GM dispose de nombreuses options pour poursuivre sa transformation sans fermer les usines existantes.

Tout plan entraînant la non-allocation de produit à Oshawa l’an prochain est entièrement contraire aux engagements exécutoires pris par GM lors des négociations qui ont eu lieu en 2016 avec l’entreprise. Dans la convention collective, GM s’était engagée à ne pas fermer nos usines.

Moratoire sur la fermeture d’usines : En raison d’une profonde préoccupation quant à la sécurité d’emploi exprimée dans le cadre de nos négociations et des nombreuses discussions qui ont eu lieu, ce moratoire confirmera que pendant toute la durée du nouvel accord-cadre, soit jusqu’au 21 septembre 2020, l’entreprise, sauf entente contraire par les parties, ne fermera ou ne vendra aucune usine ou exploitation permanente, en tout ou en partie, couverte par cet accord. (Convention collective cadre entre General Motors du Canada et Unifor)

En vertu des conditions de l’entente, GM doit garder l’usine d’Oshawa ouverte jusqu’au 21 septembre 2020, au minimum, moment auquel nous aurons l’occasion de discuter des plans de restructuration pendant les négociations. Depuis l’annonce cette semaine, GM a clarifié que les usines « sans aucune allocation de produit » aux États-Unis ne seront pas fermées, mais plutôt « mises à l’arrêt », sous réserve des négociations avec le TUA l’automne prochain.2Comme première étape au Canada, nous nous attendons à ce que l’entreprise respecte ses obligations légales en vertu de la convention collective.

Ultérieurement, ces efforts pour mettre en œuvre ces plans trahissent les travailleuses et travailleurs qui offrent un travail de grande qualité depuis des décennies. Malgré les efforts pour présenter ces plans comme étant favorables à l’avenir, le résultat final serait de ralentir encore davantage la production au Canada et aux États-Unis tout en continuant de favoriser la production au Mexique. Malheureusement, les plans ne concernent pas le brillant avenir des travailleuses et travailleurs, mais plutôt la poursuite d’une vision dépassée qui se fonde sur la main-d’œuvre bon marché et les bénéfices à court terme.

L’usine GM d’Oshawa mérite un avenir prospère

À chaque virage, pendant des décennies, les membres de la section locale 222 d’Unifor de l’usine GM d’Oshawa ont livré la marchandise pour l’entreprise. L’usine d’Oshawa construit des automobiles depuis plus de 100 ans. Que ce soit lors de plusieurs périodes de restructuration et d’incertitude ou du lancement de nouveaux produits et de la réalisation d’investissements majeurs, les travailleuses et travailleurs de l’usine GM d’Oshawa ont également offert des niveaux très élevés de qualité et de production. Les membres de la section locale 222 d’Unifor ont raison d’être fiers de leur travail.

L’usine, ainsi que les produits qui y sont construits, a reçu d’innombrables prix pour la qualité, dont quatre prix or et quatre prix argent J.D. Power lors de la revue annuelle de la société des constructeurs d’automobiles et des usines de production du monde entier. L’usine d’Oshawa s’en est le mieux sortie pour tous les produits Chevrolet de GM dans Consumers Reports, grâce à l’Impala, et s’est classée au premier rang pour les produits Cadillac grâce à la XTS.

L’usine a souvent appliqué des mesures de productivité de la main-d’œuvre, notamment récemment dans le Harbour Report de 2015, occupant la première place dans trois des cinq segments de véhicules dans lesquels œuvre l’usine.

Voici ce que GM avait à dire au sujet de l’usine

L’usine de montage d’Oshawa est la plus reconnue, ayant reçu 29 prix J.D. Power, démontrant son expérience à l’égard de la qualité des produits et de la satisfaction des clients. En 2014, l’usine d’Oshawa a été reconnue comme l’installation la plus complexe en Amérique du Nord, construisant plusieurs modèles et options sur la chaîne de montage flexible tout en exploitant une chaîne de montage consolidée dans une autre usine.3

Seulement cette année, GM a décerné à l’usine d’Oshawa sa plus haute reconnaissance interne en matière de qualité (BIQ 4), la seule des quatre usines de montage nord-américaines sur l’ensemble des 18 usines, la seule usine canadienne à détenir ce prix présentement. L’usine GM d’Oshawa fait partie des usines de construction d’automobiles les plus flexibles au monde : elle est spécialement conçue pour produire différents modèles simultanément. Elle est la seule en Amérique du Nord capable de construire des automobiles et des camionnettes au même endroit. Lorsque la production des camions Silverado et Sierra a repris cette année, l’usine fonctionnait au plus haut niveau de qualité de toutes les usines de camions GM. Et l’usine d’Oshawa était l’une des plus sophistiquées et l’un des meilleurs ateliers de peinture du monde.

L’entreprise dit avoir besoin de transformer ses activités en adoptant des technologies plus avancées pour répondre aux besoins à venir. Si c’est le cas, il est logique de mettre ces investissements dans les mains des travailleuses et des travailleurs qui sont le plus aptes à livrer les meilleurs résultats : l’usine d’Oshawa.

Une question qui touche tout le monde

Les bons emplois dans le secteur automobile sont importants, et leur impact s’étend bien au-delà de la vie des 2 900 travailleuses et travailleurs salariés et de la production de l’usine GM d’Oshawa. Les retombées sont très vastes. Les retombées de l’industrie produites par l’achat de pièces d’automobiles, l’utilisation de matières premières, et les impacts des dépenses des travailleuses et travailleurs signifient que chaque emploi d’une chaîne de montage d’automobiles crée sept autres emplois dans l’ensemble de l’économie.

Des recherches indépendantes menées en 2015 ont révélé que l’activité économique de l’usine GM d’Oshawa à ce moment représentait 30 000 emplois dans l’ensemble de l’économie et générait des recettes publiques de plus de 1 milliard de dollars par année.4 Une étude approfondie réalisée en 2016 sur l’impact économique des activités manufacturières canadiennes de GM, de Ford et de FCA, a révélé qu’elles ont engendré une contribution annuelle de 4,7 milliards de dollars au trésor public.5

Si vous vous souciez de la santé de l’économie ainsi que de la qualité des emplois, des soins, des occasions éducatives et des services publics, alors vous devez vous soucier de l’avenir de l’industrie de l’automobile au Canada.
En quoi le Mexique est-il concerné ?

GM a indiqué que les plans de restructuration entraîneront des réductions de coûts de 6 milliards de dollars américains, permettant ainsi à l’entreprise de se concentrer sur le développement de nouveaux produits. L’entreprise peut bien dire tout ce qu’elle veut sur un avenir axé sur les véhicules électriques et autonomes, mais la façon dont ces plans sont structurés ne peut amener qu’un seul résultat, c’est-à-dire une réduction accrue de la production au Canada et aux États-Unis alors que l’entreprise continue de transférer les investissements et les bons emplois vers le Mexique.

GM ne prévoit pas vendre nettement moins de véhicules en Amérique du Nord au cours des prochaines années, et les prévisions en matière de production montrent qu’elle entend construire encore plus de véhicules au cours des prochaines années au Mexique et moins au Canada et aux États-Unis.6

Il y a 5 ans, GM a construit essentiellement le même nombre de véhicules au Canada et au Mexique (627 000 et 646 000, respectivement). Depuis, l’entreprise a régulièrement alloué des produits et transféré des investissements vers le Mexique, y compris toute la production du GMC Terrain et un nombre croissant de Chevrolet Equinox, des véhicules qui étaient précédemment construits exclusivement au Canada. GM a annoncé en 2014 des plans pour doubler la capacité au Mexique, un développement qui, selon nous, annonçait de graves conséquences pour le Canada.7

En 2020, GM prévoit construire 938 000 véhicules au Mexique, une hausse de 45 % en 5 ans. Si GM devait fermer son usine d’Oshawa, la production au Canada dégringolerait à 194 000 véhicules en 2020, soit seulement un cinquième du nombre de véhicules que l’entreprise produira au Mexique.

Les travailleuses et travailleurs mexicains du secteur de l’automobile n’ont pas le droit d’adhérer à un véritable syndicat ou d’entreprendre des négociations collectives libres. Les droits des travailleuses et travailleurs ont été bafoués en raison de la collusion entre les « syndicats » alliés au gouvernement qui offrent des contrats de protection de complaisance aux entreprises, habituellement sans que les travailleurs y apposent leur signature ou encore lorsque des contrats sont signés en leur nom. En moyenne, GM paye ses travailleuses et travailleurs mexicains seulement 2 $ l’heure.8

L’accord de libre-échange nouvellement négocié entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (AEUMC) comprend certaines mesures pour améliorer les droits des travailleuses et travailleurs au Mexique ainsi que des dispositions visant à augmenter les salaires surtout dans le secteur mexicain de l’automobile. En campagne, le nouveau président Andrés Manuel López Obrador avait promis d’améliorer les conditions des travailleuses et travailleurs. Ces développements sont positifs, mais il faudra des années avant d’en voir les résultats. Dans l’intervalle, GM compte profiter des avantages offerts par les faibles salaires et les droits minimaux des travailleuses et travailleurs du Mexique.

Le Canada mérite mieux

GM se porte très bien au Canada. Non seulement les travailleuses et travailleurs des usines d’Oshawa, d’Ingersoll et de St. Catharines de GM produisent des véhicules, des moteurs et des transmissions rentables et de grande qualité, mais l’entreprise vend également beaucoup de véhicules au Canada. Elle en a vendu plus de 300 000 l’an dernier.

Pour GM, le Canada ne sera jamais un marché aussi important que celui de la Chine, son premier marché, ou des États-Unis, son deuxième marché. Cependant, après le Brésil, le Canada est le quatrième marché en importance pour GM : aux prix moyens, les ventes de GM au Canada valent bien plus que 10 milliards de dollars chaque année.9

GM parle régulièrement de « construire là où les produits se vendent » pour justifier son expansion à l’étranger ou au Mexique plutôt que d’envoyer des exportations du Canada ou des États-Unis. Mais ce n’est pas vraiment ce que fait l’entreprise en Amérique du Nord. Cette année, le Canada est en bonne voie de construire environ un véhicule GM pour chaque véhicule vendu ici. Au Mexique, ce ratio est presque entièrement déséquilibré et la situation ne fera qu’empirer : cette année, le Mexique devrait construire près de quatre véhicules GM pour chaque véhicule vendu dans ce pays.

Le Canada est un marché important pour GM, et la main-d’œuvre canadienne de l’entreprise offre des produits de grande qualité et une grande productivité. Nous méritons une juste part des emplois et un meilleur traitement.

Que devraient faire nos gouvernements ?

Les gouvernements du Canada et de l’Ontario doivent prendre le parti des travailleuses et travailleurs de l’usine d’Oshawa. Il n’est pas suffisant de simplement laisser aller et de parler de mettre de l’ordre après une fermeture en mettant l’accent sur le recyclage professionnel et l’adaptation. Nous avons plutôt besoin que nos gouvernements disent aux travailleuses et travailleurs du secteur de l’automobile, à leurs familles et à leurs communautés qu’il se joindra à eux pour défendre leurs emplois. Le premier ministre Justin Trudeau a montré certains signes encourageants, et nous espérons recevoir des signes semblables de la part du premier ministre de l’Ontario Doug Ford.

Nos gouvernements doivent faire équipe avec Unifor maintenant afin d’insister pour que GM respecte ses obligations en vertu de la convention collective, laquelle indique qu’il ne peut y avoir aucune fermeture avant le 21 septembre 2020. Tous les ordres de gouvernement doivent également prendre les devants et utiliser tous les leviers et options disponibles pour obtenir des investissements à long terme en vue de nouveaux produits à Oshawa. Nos membres, les gens d’Oshawa et la population canadienne ne doivent accepter rien de moins.
Que pouvez-vous faire ?

Joignez-vous à Unifor au cours des prochains jours et des prochaines semaines afin d’obtenir justice pour les travailleuses et travailleurs de l’usine GM d’Oshawa. Joignez-vous à nous alors que nous dirons à GM que nous n’accepterons pas que les travailleuses et travailleurs canadiens soient traités ainsi et que nous insisterons pour que l’entreprise respecte les engagements pris dans la convention collective. Joignez-vous à nous alors que nous dirons à nos députés et députés provinciaux que nous nous attendons à ce que tous les ordres de gouvernement défendent les bons emplois et se battent pour obtenir une juste part des emplois pour le Canada. Suivez-nous pour connaître les plus récents développements et actions à l’adresse https://www.unifor.org/fr.

Notes

1- https://investor.gm.com/news-releases/news-release-details/gm-reports-income-25-billion-and-ebit-adjusted-32-billion

2- Mike Colias, Wall Street Journal, GM to Close Plants, Cut Jobs, 27 November, 2018.

3- https://plants.gm.com/Facilities/public/ca/en/oshawa/news.html

4- http://www.c4se.com/documents/GMOshawaImpact.pdf

5- https://www.unifor.org/sites/default/files/attachments/econ_impact_qa_final.pdf et https://www.unifor.org/sites/default/files/attachments/detroit_3_economic_contribution_2016aug29_comp.pdf

6- Wards Intelligence, prévisions relatives à la production de véhicules légers en Amérique du Nord, 26 octobre 2018.

7- http://www.autonews.com/article/20141211/OEM01/141219966/gm-to-double-mexico-production-capacity-invest-$3.6-billion-in-plants et https://www.cbc.ca/amp/1.2859289

8- https://nationalpost.com/pmn/news-pmn/in-mexico-2-per-hour-workers-make-40000-suvs et http://library.fes.de/pdf-files/bueros/mexiko/10645.pdf

9- http://canada.autonews.com/article/20180208/CANADA/180209785/average-price-of-new-car-rose-again-last-year-but-at-slower-pace

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Depuis deux ans, le SCEP et les TCA ont entrepris le processus de création du nouveau syndicat Unifor. Plusieurs comités composés des membres des deux syndicats ont ainsi travaillé à élaborer les structures, les statuts, le nom et le logo, les politiques, l’intégration, etc. du syndicat Unifor. L’an dernier, les congrès nationaux des deux organisations ont approuvé le processus alors que cette fin de semaine (30 août-1er septembre 2013), se déroule le congrès de fondation à Toronto.

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