Édition du 14 août 2018

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Luttes syndicales

Un deuxième souffle pour la Davie

La lutte ne fait vraiment que commencer pour ce chantier maritime au Québec.

La récente annonce de l’attribution de contrats à la Davie pour l’adaptation et l’acquisition de brise-glaces par le fédéral est une bonne nouvelle, mais elle ne règle rien de la précarité du travail aux Chantiers et surtout de la profonde injustice engendrée par l’interdiction, depuis le règne des Conservateurs des Blaney et Harper, de soumissions sur les contrats fédéraux qui restent à octroyer par la Compagnie installée au Québec.

« Avoir notre juste part » signifie un retour significatif et proportionnel en travail des taxes que nous envoyons chaque année à Ottawa. En effet comme spécifié depuis le début par la Compagnie, le syndicat et le mouvement indépendantiste québécois, nous envoyons à Ottawa 50 milliards de dollars de taxes de toutes sortes. La simple justice exigerait que nous revienne en contrats 23 % de cette somme, soit la proportion de la population québécoise au Canada. Sans cela, toutes les raisons pour réparer cette injustice en créant notre propre pays peuvent être évoquées afin de régler notre dépendance aux contrats fédéraux pour procurer du travail aux gars des Chantiers.

C’est aussi simple que ça. La logique anti-coloniale et celle de la plus grande marge de manoeuvre pour assurer du travail équitable aux ouvriers des Chantiers, contre ceux des chantiers de l’Ouest et des Maritimes qui sont toujours gavés, selon l’expression du sinistre Harper, exigent de la part des Libéraux fédéraux que la Compagnie retrouve son droit élémentaire de soumissionner sur ce qui reste de contrats à octroyer.

Le mouvement national québécois, le syndicat et la Compagnie elle-même ne devraient pas baisser les bras à moins de ce minimum cédé et qui équilibrera de façon équitable au Canada l’attribution de contrats de construction navale pour l’industrie québécoise. Le risque de voir les Libéraux fédéraux perdre des comtés au Québec, la mobilisation sans précédent de la région, des maires et des politiques du Québec, la grande sympathie du public lévisien qui n’a pas démenti en plus de l’intervention massive des sous-traitants, tout ça a fini par faire plier Trudeau qui n’a cessé d’étirer la sauce au prix d’une montée de la colère et de l’incompréhension de la population québécoise.

Rien n’est fini dans ce dossier et nous du PCQ avons l’intention de rappeler à quiconque a été impliqué dans la lutte des ouvriers de la Davie que celle-ci mérite toujours toute l’attention du mouvement indépendantiste, de la CSN et des autres acteurs pour la portée que cette lutte, contre la précarité des emplois et contre le chômage endémique aux Chantiers, a pour tout le Québec et son industrie navale. Nul qui se dit préoccupé du sort du Québec et de ses ouvriers ne devrait détourner la tête en ces moments où la solidarité nationale et de classe n’a jamais été aussi importante pour notre avenir à tous. Unanimement, le mouvement ouvrier dans son ensemble et la part du mouvement national qui se préoccupe du sort des ouvriers devraient se lever pour que soit réparée la profonde injustice subie par Lévis et son industrie majeure.

Guy Roy

Guy Roy

l’auteur est membre du collectif PCQ de Québec solidaire à Lévis.

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