Édition du 12 décembre 2017

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Québec solidaire

Une stratégie indépendantiste cohérente depuis 2006

Jean-Claude Balu est tesponsable aux orientations de Québec solidaire

On pense parfois que notre programme comporte des ambiguïtés, voire des contradictions, en ce qui concerne le mandat de l’Assemblée constituante (AC). En fait, notre programme mérite d’être mieux expliqué, car au contraire il est d’une grande cohérence avec nos principes, adoptés lors de la fondation du parti en 2006.

En effet, nos principes fondateurs énoncent que la question nationale doit appartenir à la population du Québec dans son ensemble, incluant les autochtones et les personnes de toute origine, et non aux partis politiques.

De plus, si nous souhaitons réellement avoir des relations d’égal à égal, de nation à nation, avec les peuples autochtones durant tout le processus constituant, il faudra les inviter à y participer sans leur imposer quoi que ce soit.

Ainsi, au contraire, selon moi, nous serions en contradiction avec nos principes fondateurs si nous définissions le mandat de l’Assemblée Constituante (AC) dans le programme ou tout autre prérequis.

QS et ON sont des partis indépendantistes, peut-être aussi le PQ. Ceux qui en doutent concernant QS feraient mieux de bien lire et comprendre notre programme. Par contre, l’AC doit être un rassemblement citoyen entièrement souverain et ouvert à toutes et tous.

Un programme sans ambiguïté ni contradictions

Notre programme affirme clairement que QS s’est positionné majoritairement pour l’indépendance au congrès de 2009 (enjeu 1), que nous voulons faire du Québec un pays, que le fédéralisme canadien est irréformable et que notre projet de société ne pourra pas se réaliser pleinement dans le cadre d’une province canadienne.
Mais, il respecte aussi le principe d’une AC souveraine, rassembleuse et inclusive. Loin donc d’être ambigu ou contradictoire si l’on distingue bien le moment démocratique par excellence que représente l’AC et la volonté des membres du parti.

De plus, sous le titre Un pays de projet, nous énumérons clairement les avantages d’accéder à l’indépendance. Ce sont des éléments qu’il faudra mettre de l’avant lors de l’AC et qui détermineront bien plus le résultat que de l’établir d’avance.

Puis, conformément à nos principes fondateurs, notre programme affirme que QS enclenchera une démarche d’AC dès son arrivée au pouvoir afin de permettre à la population du Québec d’exercer sa souveraineté et de déterminer librement son statut politique. Tout en réaffirmant également la souveraineté propre aux nations autochtones.

Et, c’est tout au long de la démarche que QS défendra son option sur la question nationale et fera la promotion de ses valeurs, sans toutefois présumer de l’issue des débats.

Nous avons fait plusieurs campagnes politiques pour l’indépendance, nous avons mené aussi plusieurs campagnes électorales en mettant de l’avant l’indépendance du Québec. Qui peut donc sérieusement croire que nous souhaitons pour le Québec une constitution provinciale qui l’enfermerait dans le fédéralisme canadien ?

Cheminer ensemble vers l’indépendance

Plus loin, notre programme aborde la stratégie de Québec solidaire en vue de la constituante. C’est un élément important qui éclaire le reste.

En effet, il est dit que la démarche de l’AC permettra aux citoyennes et aux citoyens de s’exprimer et de discuter ensemble de notre avenir politique, de manière à ce que se constitue peu à peu un large appui au sein de la population.

L’AC sans présumer de l’issue représente donc pour QS le plus sûr moyen d’accession à l’indépendance et de la transformation de la société. Si un large appui pour l’indépendance existait actuellement au sein de la population, la stratégie d’accession a l’indépendance serait probablement restée celle du PQ : référendum, proclamation de l’indépendance et processus constituant.

La dégringolade du PQ s’explique en partie par ses erreurs (charte des valeurs/) et par son virage néolibéral, mais aussi par la baisse d’intérêt pour l’indépendance depuis 1995 dans la population en général et particulièrement auprès des jeunes.

La tentative d’ON d’être avant tout indépendantiste est un échec manifeste, suivi d’une dégringolade d’élection en élection. Il ne suffit pas de décréter quelque chose pour l’obtenir. Il faut aussi savoir dialoguer et associer.

Pour rallier une majorité populaire, Québec solidaire mise depuis sa fondation sur son projet de société et, pour contrer le recul de l’appui à l’indépendance, sur une stratégie liant son projet de transformation sociale à l’accession à l’indépendance par une AC populaire et souveraine.

Le programme résulte donc de l’expression de principes fondateurs qui se sont élaborés depuis au cours d’un processus des plus démocratiques possible. Ce qui a été réaffirmé au congrès de 2016.

Fusion avec ON et modification du programme

Si au congrès de mai 2017, on a bien adopté que QS entame des discussions avec ON, tant au niveau local et régional que national, en vue d’une fusion, cela ne devait pas servir de prétexte pour imposer une révision de nos principes fondateurs, des modifications du programme et de notre stratégie de lier une constituante ouverte et rassembleuse à un projet de société emballant.

Les membres trancheront, mais le comité de négos de QS aurait dû mieux défendre nos positions. Pour ce faire, il aurait fallu d’abord mieux les comprendre.

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