Édition du 11 décembre 2018

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Élections 2018

Le fait marquant de la campagne électorale : L’émergence de Québec solidaire comme un acteur de premier plan sur la scène politique québécoise

Le soir du 1er octobre, Québec solidaire sortira définitivement de la marginalité et sera reconnu comme un acteur de premier plan sur la scène politique québécoise grâce à la vigoureuse campagne électorale menée par ses militant.e.s, ses candidat.e.s , ses dirigeant.e.s et sa porte-parole, Manon Massé

Durant le mois de septembre j’ai partagé mon temps entre deux activités : intervenir sur les réseaux sociaux et faire du porte-à-porte au Village olympique où je demeure. Autant la première activité a été frustrante par moments à cause de la meute de trolls péquistes qui m’ont harcelé, autant la deuxième m’a revigoré psychologiquement grâce aux contacts que j’ai eus avec mes voisin.e.s où on compte surtout de personnes âgées. J’ai été alors particulièrement surpris par le grand nombre de femmes qui vont voter pour QS parce qu’elles s’identifient à Manon.

L’image de Manon rayonne maintenant dans la sphère publique. « La voie rassurante de la révolution solidaire » a écrit à son sujet ces derniers jours le chroniqueur politique du Soleil, Gilbert Lavoie. Lors du lancement de son livre Parler vrai, le printemps dernier, le chroniqueur littéraire du Devoir Louis Cornellier avait de son côté intitulée sa critique Manon du peuple.

La chroniqueuse du Devoir Josée Blanchette a renchéri le 28 septembre : « Manon Massé, issue des milieux communautaires, est devenue l’incarnation du ras-le-bol légitime qui gronde partout sur les réseaux sociaux. Pas étonnant qu’on tente par tous les moyens de la discréditer. Il est certain que nos politiciens à cravate ne vont pas dérouler le tapis rouge à une militante féministe à la pilosité affichée sans brandir l’épouvantail du marxisme » 

Lisée, émule de Duplessis

C’est d’ailleurs Manon qui a donné le ton à la campagne des solidaires. Le festival de ‘lançage de bouette’ de Jean-François Lisée n’a pas réussi à la déstabiliser. Ni les coups bas de ce dernier d’ailleurs pas plus que sa campagne de peur contre QS et la désinformation à laquelle il s’est livré sur la question du chef en présentant les dirigeant.e.s de Québec solidaire comme des conspirateur-trice-s. Plusieurs ont été choqué-e-s par cette croisade anti-communiste digne de l’ère duplessiste alors que le chef péquiste a avoué cyniquement avoir lui-même été militant marxiste dans les années 1970.

Il est clair que Lisée a lancé cette campagne de peur pour tenter de conserver son siège dans Rosemont. En changeant soudainement la stratégie de son parti sans consulter son entourage, il a laissé tomber ses candidat.e.s dont plusieurs subiront la défaite aux mains de la CAQ à cause de l’abandon de leur chef qui a cessé pendant plusieurs jours de faire la promotion du programme péquiste Toutes les attaques ont alors été permises. Pendant ces jours de folie, les angry péquistes sont entré-e-s dans la mêlée sur les réseaux sociaux avec leur propos haineux. Les préjugés, les demi-vérités, les théories fumeuses se sont mis à fuser sur Facebook.

Mais, devant ce déchainement de passions. Manon Massé est demeurées imperturbable. Elle a été la candidate qui a manifesté le plus de hauteur se concentrant sur ses propositions et évitant de s’engager dans des escalades verbales.

Au contraire, la stratégie à courte vue de Lisée a nui à la la campagne péquiste. Elle a révélé des dissensions internes. Des divergence entre le chef et sa vice-chef Véronique Hivon sont ainsi apparues publiquement cette dernière refusant même de l’accompagner pendant quelques jours. Le ton autoritaire de Lisée à son endroit a laissé un goût amer. L’approche de le ‘terre brulée’ du chef contre QS compromet d’ailleurs l’après-campagne des partis souverainistes qui devront s’asseoir pour préparer 2022. Mais sera-t-il de la partie ?

Ce que confirme la chroniqueuse Denise Bombardier dans le Journal de Montréal, celle-là même qui pourfend QS depuis sa fondation. « Jean-François Lisée, imprévisible et brillant chef, politiquement hyperactif dont le talon d’Achille est son manque de jugement, apparaît désormais incapable d’assurer la crédibilité du PQ. Il pétarade trop… », a-t-elle écrit le 29 septembre

Les deux dernières semaines particulièrement ont permis de marteler l’enjeu de l’environnement. Avec son plan de transition écono-énergétique, la lutte aux changements climatiques est au centre de la proposition solidaire qui promet de créer 300,000 emplois d’ici 2022-2023.Un QS discipliné qui a combiné la promotion du projet solidaire et le rejet des ‘vieux partis’.

Manon a joué sur la fierté en se revendiquant de l’héritage de René Lévesque, ce qui a fait sortir la vieille garde péquiste de ses gonds. Pathétique cette sortie de proches de René Lévesque qui ont reproché à Manon de s’être réclamé du fondateur du PQ parce qu’elle a rappelé à Lisée que ses attaques malhonnêtes contre QS ressemblaient aux attaques subies par René Lévesque dans les années 1970. La sortie vitriolique de la ‘belle-mère’ Gilles Duceppe qui, sur un ton méprisant, a reproché à Manon de ne pas bien parler son français, a nui au PQ également
Les angry péquistes

Lors de mes incursions sur Facebook, ce que j’ai trouvé insupportable c’est l ’attitude des angry péquiste qui, ne digérant toujours pas l’échec de la tentative d’alliance avec QS, tentent par tous les moyens de dénigrer ce dernier lui refusant même le droit d’exister.

Durant mon opération de porte-à-porte, j’ai ressenti de l’impuissance lorsqu’une électrice m’a lancé « Québec solidaire ce sont des communistes. Lisée l’a dit ». Ce qui est le plus vicieux dans les accusations du chef péquiste c’est qu’il utilise des cadres théoriques pour démoniser QS. Mon interlocutrice n’avait visiblement pas les notions théoriques de ce qu’est le marxisme et le communisme. Avant qu’elle me ferme la porte au nez, j’ai ai eu le temps de lancer : « C’est faux » » Mais j’ai alors senti de la rancœur envers ce saboteur de la démocratie qui avait instillé une telle peur dans la tête de mes concitoyen.e.s. Non seulement je me voyais durant mes études en sciences sociales à l’université alors que je combattais le régime duplessiste mais je me revoyais écolier à l’âge de 12 ans alors que les frères maristes nous distribuaient des tracts épeurants sur la menace communiste.

Paul Cliche,
membre de Québec solidaire
29 septembre 2018

Paul Cliche

Auteur du livre Pour réduire le déficit démocratique : le SCRUTIN PROPORTIONNEL et membre fondateur du Mouvement pour une démocratie nouvelle.

Il a été responsable du dossier de la réforme des institutions démocratiques à l’Union des forces progressistes (UFP).

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