Dossier noir des conservateurs
Bilan de ce qu’ont fait (ou n’ont pas fait) le gouvernement Harper et ses complices
mardi 9 septembre 2008, par Le MEPACQ
|
 |
Ce texte est tiré du Petit Guide pour se familiariser avec la politique fédérale et ses enjeux, produit par le MÉPACQ (www.mepacq.qc.ca). Il présente une description des orientations politiques des différents partis politiques fédéraux. Nous publions ici le bilan du Petit Guide qui fournit une synthèse saisissante des méfaits du gouvernement conservateur.
Le dossier noir DU TRAVAIL
Plus les conservateurs avancent...
... plus les droits des travailleurs et des travailleuses sont restreints !
Au Québec, il est interdit de recourir à des briseurs de grève lors d’un conflit de travail. Or, les entreprises dont les activités sont de juridiction fédérale (télécommunication, banques, ports, aéroports, etc.) ne sont pas soumises à une telle loi. Afin de pallier cette situation et permettre aux travailleurs et travailleuses de ces secteurs d’avoir un plus grand rapport de force avec leur employeur, un projet de loi a été déposé afin d’interdire également à ces entreprises d’avoir recours à des briseurs de grève.
Malheureusement, l’opposition du gouvernement Harper et du Parti libéral a fait mourir ce projet de loi, au grand plaisir du ministre fédéral du Travail, selon qui « une loi anti-briseur de grève au niveau fédéral entraînerait une catastrophe économique pour le Canada. »
Étonnant qu’une telle catastrophe ne soit pas survenue au Québec, qui possède une telle loi depuis 1978...
Plus les conservateurs avancent...
... plus les chômeurs et chômeuses sont laissés pour compte !
Jusqu’en 1990, près de 75 % des travailleurs et travailleuses se retrouvant sans emploi avaient accès au régime d’assurance-chômage (devenu maintenant assurance-emploi). En 1990, le gouvernement libéral de Jean Chrétien a modifié les règles et mit un terme à l’universalité du régime. Résultat : aujourd’hui, moins de 45 % des travailleurs et travailleuses perdant leur emploi auront droit à l’assurance-chômage, pour un maximum admissible de 55 % de leur salaire.
Par ailleurs, non seulement l’accès à l’assurance chômage a été considérablement réduit, mais, pour deux travailleurs au même salaire ayant travaillé le même nombre d’heures, le montant total des prestations pourra varier jusqu’à 160 %, soit plus du double, uniquement en fonction de leur lieu de résidence ! Afin de corriger ces disparités, le projet de loi C-269 a été déposé. Ce projet réduisait le nombre d’heures requises pour qu’un travailleur soit admissible, haussait la couverture de 55 % à 60 % du salaire et abolissait le délai de carence, qui est actuellement de 2 semaines. Malgré le fait que le Bloc, le Parti libéral et le NPD étaient en faveur du projet, le Parti conservateur a refusé d’y donner suite, témoignant ainsi de son indifférence face à la précarité de la situation des chômeurs et chômeuses, mais également de son mérpis de la démocratie !
Plus les conservateurs avancent... plus les travaillEUSES sont discriminées !
En 2001, le gouvernement libéral a créé un groupe de travail sur l’équité salariale. À la suite de consultations et de recherches, le groupe recommandait, en mai 2004, l’adoption d’une nouvelle loi proactive sur l’équité salariale qui s’appliquerait aux entreprises dont les activités sont sous la juridiction fédérale télécommunication, banques, ports, aéroports, etc.).
L’écart salarial canadien est l’un des plus importants des 29 pays les plus industrialisés au monde – seuls l’Espagne, le Portugal, le Japon et la Corée font pire. Quelques mois après son élection, malgré le fait que les diplômées universitaires ne gagnent que 72 % des salaires de leurs homologues masculins, Stephen Harper annonçait son intention de ne pas instaurer de nouvelle loi sur l’équité salariale.
ILS ONT DIT...
« Les femmes sont fortes et ont déjà atteint l’égalité et n’ont plus besoin de ces politiques et de ces soutiens juridiques. »
Bev Oda, ministre de la Condition féminine, 2006 suite à l’annonce de coupures à Condition féminine Canada.
dossier noir
Le dossier noir DES DROITS SOCIAUX
Plus les conservateurs avancent...
... plus les Autochtones voient leurs droits bafoués.
En 2005, le gouvernement fédéral signait l’Accord de Kelowna qui visait à réduire l’écart qui existe entre les Autochtones et le reste de la population canadienne dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’eau potable et des possibilités économiques. Malgré le fait que tous les premiers ministres provinciaux aient appuyé cet accord, Stephen Harper, lors de son arrivée au pouvoir, décida de ne pas le respecter.
Cette attitude méprisante, qu’a le gouvernement conservateur envers les Autochtones, s’est également manifestée par son refus de signer la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Il est déplorable que ces engagements, qui auraient eu un effet positif sur la vie de nombreux Autochtones, aient été relégués aux oubliettes..
Plus les conservateurs avancent...
... plus les aînéEs sont laissés pour compte.
Malgré la promesse électorale qu’il avait faite, le gouvernement conservateur refuse d’accorder la rétroactivité automatique aux aînéEs à faible revenu qui n’ont pas reçu le supplément de revenu garanti pendant des années, même s’ils y avaient droit. L’état de vulnérabilité et de solitude dans lequel se retrouvent souvent les aînéEs fait en sorte que plusieurs ne connaissent ni leurs droits ni leurs recours. Actuellement, il y a au moins 135 000 personnes âgées, dont plus de 40 000 Québécois et Québécoises qui auraient droit à cette aide, mais qui ne la reçoivent pas.
Exiger, comme c’est le cas actuellement, que ces personnes entreprennent des démarches complexes pour obtenir le supplément de revenu auquel elles ont droit est irréaliste. Par ailleurs, exploiter la vulnérabilité de ces aînéEs en refusant l’octroi automatique de ces sommes qui leur garantiraient un peu plus de dignité est simplement inadmissible !
Le dossier vert-noir DE L’ENVIRONNEMENT
Plus les conservateurs avancent...
... plus Kyoto (et la solidarité internationale) recule.
Il est maintenant de notoriété publique que le bilan des conservateurs en matière environnementale est catastrophique. En décembre 2002, le Canada devenait le 92e État à ratifier le protocole de Kyoto. À ce jour, pas moins de 141 États se sont engagés à respecter les cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES) fixé par ce traité, c’est-à-dire à ramener leurs émissions de GES à 6 % sous leur niveau d’émission de 1990. Malheureusement, malgré l’engagement du Canada de respecter le protocole de Kyoto, le gouvernement conservateur a décidé qu’il renierait cette promesse faite à la population canadienne et à la communauté internationale. Le grand responsable du dossier climatique à l’ONU a même laissé entendre que le Canada était hypocrite sur le plan environnemental. Les gouvernements du Québec et de l’Ontario ont d’ailleurs, tous deux, souligné que leurs provinces, qui représentent ensemble les 2/3 de la population canadienne, étaient en désaccord avec la position des conservateurs. Malgré l’opposition suscitée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, les conservateurs sont restés campés sur leur position, témoignant de leur indifférence face à la
détérioration de la planète et, une fois de plus, de leur mépris de la démocratie !
Plus les conservateurs avancent...
... plus le Canada AUGMENTE ses émissions de gaz à effet de serre !
Entre 1999 et 2001, les 15 pays de l’Union européenne ont réduit leurs émissions annuelles de gaz à effet de serre (GES) pour les ramener au niveau de 1990, alors que celles du Canada augmentaient de 20 %. Depuis, les émissions de GES du Canada augmentent chaque année. 80 % de cette augmentation provient des secteurs des industries énergétiques (gaz naturel et extraction des sables bitumineux) et des transports. En fait, les objectifs fédéraux en matière climatique sont si faibles qu’ils permettront aux émissions pétrolières de doubler d’ici 2020, réduisant à néant tous les progrès réalisés par les autres secteurs dans la lutte contre les changements climatiques.
Sachant que la pollution ne connaît pas de frontière, le refus du gouvernement conservateur de participer à l’effort mondial pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et améliorer le sort de la planète et des générations à venir témoigne de sa vision à court terme. Par ailleurs, son enlignement sur les politiques américaines, modifie négativement l’image du Canada au sein de la communauté internationale.
Le dossier noir DE LA DÉMOCRATIE
Plus les conservateurs avancent... plus la démocratie s’affaiblit !
DÉMOCRATIE : la racine du terme démocratie signifie « pouvoir du peuple » et désigne un ensemble de principes philosophiques et politiques suivant lequel un groupe social donné organise son fonctionnement par des règles élaborées, décidées, mises en application et surveillées par l’ensemble des membres de ce groupe.
Suivant cette définition, et afin de maintenir une véritable démocratie au sein du pays, l’ensemble de la population est en droit de revendiquer, critiquer et contester des politiques et/ou des gestes commis par les représentants du peuple.
Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Harper, le manque de transparence est à l’honneur et les critiques sont de plus en plus bâillonnées. Ces méthodes sont des menaces directes pour notre démocratie. Voici 3 exemples de l’affaiblissement de la démocratie canadienne.
1. Le non-respect de la Loi électorale
Le parti conservateur est arrivé au pouvoir dans la foulée du scandale des commandites qui avait éclaboussé le Parti libéral. Se faisant le porte-étendard de la transparence, le Parti conservateur avait promis d’instaurer plus de transparence dans la gestion des deniers publics. Or, voilà qu’Élections Canada estime, au terme d’une enquête amorcée en avril 2007, que le Parti conservateur aurait mis au point, lors des élections fédérales de 2006, un système de transferts frauduleux à l’aide de fausses factures qui permettait à l’organisation nationale de bénéficier de fonds destinés à des candidats régionaux. Ce stratagème aurait permis aux conservateurs de dépasser de 1,2 million de dollars leur plafond de dépenses électorales permis par la loi.
Cette loi sur le financement des partis avait justement été adoptée pour assurer plus d’équité entre les partis et éviter qu’un parti plus riche n’utilise cet avantage au détriment des autres partis. En contournant ainsi la loi, le Parti conservateur a cherché à s’accorder un avantage indu sur les autres concurrents. En clair, il a triché en ne respectant pas les règles du jeu.
2. Manipuler l’information pour mieux régner !
Octobre 2007 : Dans la foulée de la guerre en Afghanistan, des allégations sérieuses de torture sur des prisonniers afghans ont été mises au jour. On accusait les forces armées canadiennes de transférer leurs prisonniers aux autorités afghanes qui les soumettaient par la suite à la torture. Les actes reprochés : coups avec des briques, privation de sommeil, ongles arrachés, chocs électriques... Le gouvernement Harper a toujours nié ces allégations, prétendant que les prisonniers étaient bien traités, pour ensuite s’enfermer dans un mutisme sur cette question.
Janvier 2008 : Coup de théâtre ! On apprend que, depuis le début du mois de novembre 2007, le transfert de prisonniers avait cessé suite à des allégations vérifi ées de tortures. Pourtant, Harper n’a pas cru bon d’en informer le parlement ni la population.
Ce manque de transparence de la part du gouvernement est évidemment stratégique :
1. Il ne veut pas avouer que des erreurs ont été commises.
2. Il ne veut pas que la population sache que des cas documentés de torture existent.
3. Il ne veut pas alimenter le sentiment antiguerre de la population.
4. Il ne veut pas que l’implication canadienne dans cette guerre soit critiquée sur la place publique.
Les conséquences pour la démocratie
Puisque la population n’est pas informée, elle ne peut pas :
1. Critiquer les décisions du gouvernement Harper.
2. Se faire une opinion éclairée sur la guerre en Afghanistan et ses nombreuses implications.
3. Participer et exprimer son opinion face aux prises de décisions gouvernementales relativement à la présence canadienne en Afghanistan.
...
[Accueil] br>
|