Josyanne Proteau, Coordonnatrice de la Ligue des droits et libertés - Section de Québec
Mélina Chasles, Présidente de la Ligue des droits et libertés - Section de Québec
La laïcité, en effet, ne consiste pas à limiter la liberté de religion. Il s’agit, au contraire, d’un cadre adopté par les sociétés pluralistes qui permet la cohabitation des différentes convictions religieuses et protège leur libre pratique afin de garantir les droits et libertés de toutes les personnes. La séparation des pouvoirs religieux et politiques ainsi que la neutralité religieuse de l’État en constituent les deux principes fondamentaux. Le premier renvoie à l’absence d’ingérence de l’Église dans les affaires de l’État, et vice versa ; le second, au fait que l’État ne favorise (ni ne défavorise) aucune religion et qu’il traite les citoyen•nes de façon égale, sans égard à leurs croyances religieuses.
Ainsi, la laïcité n’implique pas l’effacement de la religion de la sphère publique. Au cours des dernières décennies de débats houleux sur la laïcité au Québec, la Ligue des droits et libertés (LDL) a tenu à distinguer la laïcité de l’État, protectrice des droits de la personne, du laïcisme, un courant qui s’inscrit plutôt en porte-à-faux avec les droits humains. Cette idéologie va directement à l’encontre de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne, joyau national issu d’un fort consensus politique et social qui est au fondement de notre univers juridique et politique. Elle attaque de front la liberté de conscience, la liberté de religion et le droit à l’égalité.
Choisir la voie du laïcisme, c’est donc accepter un recul historique en matière de droits humains.
C’est à ce recul que s’oppose la Coalition contre l’instrumentalisation de la laïcité, dont la LDL fait partie. Réitérant leur attachement à la laitité de l’État, les quelque 150 organisations et 1900 individus participants dénoncent le détoumement et l’instrumentalisation de cette notion pour légitimer l’exdusion de certains groupes de Québécois et Québécoises (en particulier les femmes musulmanes) de la vie publique.
Lorsque des mesures attentatoires aux droits et libertés de la personne sont valorisées au nom de la laïcité, c’est la nature même de la laïcité de l’État qui est trahie. La laïcité qui nous protège toutes et tous est celle qui assure que toute personne soit traitée également devant la loi, indépendamment de ses croyances et de ses pratiques religieuses.
******
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d’avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d’avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :











Un message, un commentaire ?