Édition du 25 février 2020

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Éducation

Étude sur la précarité financière des étudiants

L'Alliance sociale demande un vrai débat sur le financement des universités

Cette étude, la plus vaste jamais réalisée, montre que 70 % des étudiants à temps plein s’endettent. Près de 25 % d’entre eux estiment que leur dette d’étude atteindra 20 000 $. La précarité financière demeure le principal motif d’abandon.

L’étude dévoilée aujourd’hui par la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) sur les conditions de vie et d’études des étudiants de 1er cycle au Québec est claire : l’étudiant type est dans une situation financière précaire. La moitié des étudiantes et des étudiants gagne moins de 12 000 $ par année. Même s’ils travaillent plus de 15 heures par semaine, ce qui met la réussite de plusieurs en péril, les étudiants sont aux prises avec un manque à gagner de près de 3000 $ par année.

Cette étude, la plus vaste jamais réalisée, montre que 70 % des étudiants à temps plein s’endettent. Près de 25 % d’entre eux estiment que leur dette d’étude atteindra 20 000 $. La précarité financière demeure le principal motif d’abandon.

C’est pourquoi l’Alliance sociale appuie les fédérations étudiantes pour que le gouvernement du Québec fasse de l’accessibilité aux études une priorité nationale. Pour l’Alliance sociale, et selon toutes les études sérieuses à ce sujet[1], toute nouvelle hausse des frais de scolarité ne peut qu’engendrer une baisse du taux de diplomation privant le Québec d’une main-d’œuvre essentielle.

Lorsqu’on sait que 70 % des nouveaux emplois créés d’ici 2015 nécessiteront un diplôme d’études postsecondaires, et que pour chaque dollar investi en éducation, cinq reviendront dans les coffres de l’État, l’accessibilité aux études supérieures est incontournable.

Lors de la rencontre économique de Lévis en janvier dernier, un large consensus avait émergé sur le fait que l’éducation devait être LA grande priorité. Or, dans le budget qui a suivi, le ministre des Finances, Raymond Bachand, s’est hâté d’annoncer l’intention du gouvernement de poursuivre la hausse des frais de scolarité à compter de 2012.

Rappelons qu’en avril dernier, le conseil général du PLQ a adopté une résolution qui vise à ce que les droits de scolarité universitaire au Québec rejoignent la moyenne canadienne (qui est d’environ 5000 $ par an) et varient selon les programmes.

Des conclusions connues d’avance

Avec l’augmentation des droits de scolarité, le gouvernement place ses partenaires devant un fait accompli.

La rencontre des partenaires de l’éducation convoquée par la ministre de l’Éducation Line Beauchamp, le 6 décembre prochain et qui a pour thème : L’avenir des universités et leur contribution au développement du Québec, confine les participants à un cul-de-sac. Le questionnaire soumis par la ministre l’illustre parfaitement : on demande aux partenaires comment diversifier le financement des universités sans hausser les impôts et d’identifier les principes devant guider la hausse des frais de scolarité. Les conclusions sont connues d’avance.

L’Alliance sociale réclame un véritable débat public où toutes les solutions seront abordées.

[1] 2] CMEC (2007) Recension de la littérature sur l’abordabilité des études postsecondaires au Canada. Toronto : Conseil des ministres de l’Éducation du Canada.

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