Édition du 19 novembre 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Planète

C’est une invitation formelle : faites grève avec nous ! En grève pour le climat avec les jeunes

30 mai 2019 | Tiré d’Entre les lignes entre les mots

Ce vendredi, nous serons à nouveau dans les rues, en très grand nombre. Nous organiserons plus d’un millier d’événements dans plus 110 pays, pour exiger que les gouvernements s’engagent immédiatement sur une trajectoire nous permettant de maintenir le réchauffement climatique sous les 1,5°C. Nous préparons cette journée de mobilisation depuis des semaines, sinon des mois. Nous avons consacré des heures et des journées entières à nous mobiliser, plutôt que de passer du temps avec nos ami·e·s ou que d’étudier à l’école ou à l’université.

Nous, enfants et étudiant·e·s, n’avons en effet pas le choix. Nous avons passé de longues années à discuter, au cours d’innombrables négociations, pour conclure des accords inacceptables sur le changement climatique, tout en continuant à donner aux entreprises du secteur des combustibles fossiles le loisir de forer nos sols et de brûler notre avenir pour leur seul profit. Les dirigeant·e·s politiques ont conscience du problème depuis des années. Mais ils et elles ont confié la responsabilité de notre avenir à des personnes peu scrupuleuses, dont l’avidité menace notre existence même.

Nous avons donc appris que si nous ne commençons pas à agir de nous mêmes pour notre avenir, personne ne fera le premier pas à notre place. Nous sommes celles et ceux que nous attendions.

Une fois encore, nous ferons entendre nos voix dans les rues. Mais tout ne dépend pas que de nous.

Nous avons l’impression que de nombreux·ses adultes n’ont pas réellement compris que nous, les jeunes, ne parviendrons pas à faire face seul·e·s à cette crise majeure. Nous sommes désolé·e·s de vous le dire – peut-être que ça vous dérange. Mais cette tâche n’est pas celle d’une génération isolée. C’est la responsabilité de l’humanité entière. Nous, les jeunes, savons que nous devons contribuer à cette lutte plus large et que nous pouvons faire la différence.

Ce message est donc une invitation. Le 20 septembre prochain, nous débuterons une semaine d’action par une grève mondiale pour le climat. Nous vous demandons de nous rejoindre. De nombreuses actions et activités sont en cours de préparation partout dans le monde, pour permettre aux adultes de se réunir et de sortir de leur zone de confort pour agir avec nous. Rejoignez-nous : voisin·e·s, collègues, ami·e·s, proches, etc. sortez dans la rue pour faire entendre votre voix et faire de cette semaine un moment de basculement de l’histoire. 

Nous devons passer à une autre étape – l’enjeu est que nous nous rebellions, partout où l’on peut se rebeller. Il ne s’agit pas de nous dire « ce que font ces jeunes est fantastique, d’ailleurs si j’étais encore jeune, j’y aurais participé ». C’est inutile. Tout le monde peut aider – et chacun·e d’entre nous doit le faire.
Aujourd’hui, nous, les enfants, luttons pour nous-mêmes, tandis que beaucoup de nos parents sont occupé·e·s à discuter de nos notes, d’un nouveau régime alimentaire ou de ce qui s’est passé dans le dernier épisode de Game of Thrones. Au même moment, la planète brûle. Durant la révolution française, les mères ont envahi les rues pour leurs enfants.

Nous avons besoin d’un moment similaire. L’an passé, le rapport spécial du Groupe intergouvernemental des Nations Unies sur les changements climatiques alertait clairement sur les dangers inédits que représente un réchauffement supérieur à 1,5°C. Les émissions de gaz à effet de serre doivent chuter rapidement – pour que quand nous aurons atteint nos 20 et quelques années, nous vivions dans un monde complètement transformé.

Mais pour tout changer, nous avons besoin de tout le monde. Il est temps pour nous tou·te·s de déclencher une résistance de masse – nous avons montré que l’action collective fonctionnait. Nous devons intensifier la pression pour faire en sorte que le changement se produise, et nous devons le faire ensemble.

C’est là notre seule chance – rejoignez-nous pour les grèves du climat et les actions que nous organiserons en Septembre. Nous nous sommes levé·e·s pour exiger des mesures et provoquer le changement. Si nous le faisons en nombre, nous pouvons réussir. Si nous prenons la situation au sérieux, nous devons faire plus. Nous devons agir plus que parler.

Ce ne sera pas la dernière fois que nous devrons descendre dans les rues. Mais cette fois-ci marquera un nouveau départ. Nous comptons sur vous.

Signataires :
Maria Astefanoaei (Japon)
Kallan Benson (EU)
Martial Breton (France)
George Bond (Angleterre)
Lena Bühler (Suisse)
Radhika Castle (Inde)
Feliquan Charlemagne (EU)
Wu Chun-Hei (Tawain)
Balder Claassen (Pays-Bas)
Haven Coleman (EU)
Eslem Demirel (Suisse)
Nurul Fitrah Marican (Malaisie)
Maddy Fernands (EU)
Jessica Dewhurst (Afrique du Sud)
Linus Dolder (Suisse)
Vicente Gamboa Soto (Chili)
Kyra Gantois (Belgique)
Anisha George (Inde)
Kassel Hingee (Japon)
Isra Hirsi (EU)
Hiroto Inoue (Japan)
Beth Irving (UK)
Jonas Kampus (Suisse)
Asees Kandhari (Inde)
Salomée Levy (EU)
Noga Levy-Rapoport (Angleterre)
Marenthe Middelhoff (Pays-Bas)
Pavol Mulinka (Slovaquie) 
Luisa Neubauer (Allemagne)
Anjali Pant (Inde)
Parvez Patel (Inde)
Lilly Platt (Pays-Bas)
Claudio Ramirez Betancourt (Chili)
Luca Salis (Germany)
Anya Sastry (EU)
Karla Stephan (EU)
Greta Thunberg (Suède)
Zhang Tingwei (Taïwan)
Angela Valenzuela (Chili
Tristan Vanoni (France)
Brian Wallang (Inde)
Lubna Wasim (Inde)
Julia Weder (Canada)
Zel Whiting (Australie)
 
Pour s’informer sur FridaysforFuture, le mouvement lancé par Greta Thunberg, c’est ici.
Pour rejoindre la mobilisation de septembre prochain, c’est ici.

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/230519/cest-une-invitation-formelle-faites-greve-avec-nous

En grève pour le climat avec les jeunes

Le vendredi 20 septembre prochain, à la demande des jeunes qui ont organisé les grèves du climat dans des écoles, collèges, lycées et universités du monde entier, nous serons dans la rue. Nous quitterons nos lieux de travail et de nos maisons, et participerons à une mobilisation mondiale, pour exiger des mesures ambitieuses de lutte contre le dérèglement climatique, cette menace existentielle qui nous concerne tou·te·s. Cette grève du climat ne durera qu’une journée si vous le souhaitez – mais ce ne sera pas la dernière. Surtout, elle marquera le début d’une semaine mondiale d’actions, qui sera, nous l’espérons, un tournant dans notre histoire.

Nous espérons que nous serons nombreuses et nombreux à rejoindre ces actions et à quitter nos bureaux, nos champs, nos usines ; que les candidat·e·s à une élection stopperont leur campagne ; que les stars du football quitteront les pelouses ; que les stars de cinéma n’entreront pas dans le studio ; que les enseignant·e·s poseront leur craie ; que les cuisinier·e·s fermeront leurs restaurants et offriront leurs repas aux autres grévistes ; que les retraité·e·s renonceront à leurs activités habituelles – et que tou·te·s se joindront aux jeunes pour que nos dirigeant·e·s nous entendent. Chaque jour qui passe sans que rien ne change anéantit en effet un peu plus la possibilité d’un avenir sûr et sain sur notre planète.

Nous sommes bien conscient·e·s que cette grève et la semaine de l’action internationale pour le climat ne changeront pas le cours des choses à elles seules. La bonne nouvelle est que nous disposons des technologies dont nous avons besoin : le prix d’un panneau solaire a chuté de 90% au cours de la dernière décennie. Et nous connaissons les politiques pour les faire fonctionner : au quatre coins du monde, des propositions de New Deal vert sont formulées ; des lois visant à remplacer rapidement les combustibles fossiles par l’énergie éolienne ou solaire sont en discussion, qui permettront par ailleurs de créer des emplois de qualité, de renforcer la relocalisation de l’économie et de soutenir la qualité de vie de communautés trop souvent négligées. Nous sommes reconnaissant·e·s des efforts de tou·te·s celles et ceux – le plus souvent des jeunes – qui s’échinent à promouvoir ces alternatives et font face à l’opposition obstinée de l’industrie fossile.

Cette journée d’action et la semaine qui suivra, ont précisément pour objectif de soutenir ces personnes. Nous espérons que toutes les organisations de protection de l’environnement, de défense de la santé, de justice sociale et de solidarité internationale se joindront à nous. Mais notre plus grand espoir est de parvenir à montrer que celles et ceux qui sont d’ores et déjà mobilisé·e·s ainsi que tou·te·s celles et ceux qui subissent dès à présent les conséquences du dérèglement climatique sont soutenues par des millions de personnes à travers le monde – des personnes qui ressentent une crainte de plus en plus forte face à la situation dans laquelle se trouve notre planète, mais qui sont jusqu’alors restées spectatrices de ces mobilisations. Nous avons peut-être besoin de plusieurs mobilisations pour nous retrouver si nombreux·ses dans les rues, mais nous ne pouvons pas attendre longtemps : la fenêtre de temps pour engager des actions efficaces sur le climat se referme rapidement.

Nous savons que tout le monde ne peut se joindre à nous. Dans un monde marqué par des inégalités extrêmes, certaines personnes ne peuvent pas passer à côté d’une journée de salaire, ou risqueraient d’être renvoyées par leur patron si elles font grève. D’autres activités ne peuvent pas cesser – le personnel des urgences médicales ne peut pas cesser son travail comme cela. Mais beaucoup d’entre nous peuvent quand même changer de routine quotidienne pour au moins une journée. Nous avons donc bon espoir d’être nombreux·ses, pour protester contre les nouveaux projets d’oléoducs ou de gazoducs, contre le rôle des compagnies charbonnières, gazières et pétrolières et dénoncer le rôle des dirigeant·e·s politiques qui les aident à répandre leurs mensonges. D’autres passeront leur journée à isoler la maison de leurs voisins ou à aménager des pistes cyclables. Chacun·e pourra prendre au moins quelques minutes dans un parc, un champ ou sur la terrasse d’un bâtiment pour s’imprégner de la beauté de ce monde que nous avons l’honneur et le devoir de protéger.

Nous savons que c’est déjà beaucoup demander : une journée de nos vies, dans un monde tel que le nôtre et le poids des routines quotidiennes est déjà un défi. Mais nous ne pouvons nous résoudre à laisser des collégien·ne·s, des lycéen·ne·s et des étudiant·e·s porter seul·e·s cet immense responsabilité. Ils et elles ont besoin de notre soutien. Perturber notre quotidien est une clé, car c’est notre quotidien, le fait que nous nous levions chaque jour pour faire à peu de choses près ce que nous avons fait la veille bien que nous soyons confronté à une crise sans précédent, qui nous a mené là où nous en sommes.

Nous sommes celles et ceux qui vivent ce moment où nos choix détermineront l’avenir pour les dizaines de milliers d’années à venir : jusqu’à quelle hauteur s’élèveront les océans ? jusqu’où avanceront les désert ? à quel point les forêts brûleront-elles Une partie de notre travail doit être consacrée à protéger l’avenir.

Signataires :  

Margaret Atwood, autrice, Canada ;
Geneviève Azam, économiste, Attac France ;
Tom Ballard, comédien, Australia ;
Fadel Barro, Y’En A Marre, Sénégal ;
Nnimmo Bassey, HOMEF, Nigeria ;
May Boeve, directrice exécutive de 350.org, USA ;
Patrick Bond, professeur honoraire d’économie politique, University of the Witwatersrand, Johannesburg, Afrique du Sud ;
Mike Brune, directeur exécutif, Sierra Club, USA ;
Nicola Bullard, militante de la justice climatique, France/Australia ;
Sharan Burrow, secrétaire générale de la Confédération Syndicale Internationale (CSI), Australie ;
Valérie Cabanes, écrivaine et juriste, France ;
Rachel Carmona, Women’s March, USA ;
Dr Craig Challen, ancien Australien de l’année, spéléologue, Australie ;
Noam Chomsky, linguiste, philosophe, historien, critique sociale, USA ;
Maxime Combes, économiste, Attac France ;
Thomas Coutrot, économiste, Attac France ;
Cyril Dion, écrivain, réalisateur, France ;
Tasneem Essop, directrice exécutive de CAN-international, Afrique du Sud ;
Christiana Figueres, ancienne directrice de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatique, Costa Rica ;
Professor Tim Flannery, climatologue, USA ;
Nancy Fraser, professeure de sciences sociale et philosophie, USA ;
KC Golden, président du conseil d’administration de 350.org, USA ;
Tom BK Goldtooth, directeur exécutif, Indigenous Environmental Network, USA ;
Maggie Gyllenhaal, actrice, USA ;
Katharine Hayhoe, climatologue Texas Tech, USA ;
Dr John Hewson, ancien dirigeant du Liberal Party leader & Professeur Crawford School ANU, Australia ;
John Holloway, sociologue et philosophe, Irlande ;
Professor Lesley Hughes, climatologue, directeur du WWF Australie, Australie ;
Tomás Insua, directeur exécutif du Mouvement Catholique Mondial, Argentine ;
Satvir Kaur , EcoSikh, India ;
Barbara Kingsolver, autrice, USA ;
Naomi Klein, journaliste, Canada ;
Massa Koné, juriste porte parole de la convergence globale du lutte pour la terre et Eau Ouest
afrique (CGLTE -OA), Mali ;
Winona LaDuke, directrice exécutive, Honor the Earth, USA ;
Jenni Laiti, artiviste, Sápmi ;
Bruno Latour, sociologue, anthropologue, philosophe, France ;
Annie Leonard, directrice exécutive, Greenpeace USA ;
Michael Mann, climatologue et géophysicien, USA ;
Gina McCarthy, experte en santé environnementale et qualité de l’air, précédent administratrice de l’Agence de Protection de l’Environnement, USA ;
Heather McGhee, ancienne présidente de Demos, USA ;
Bill McKibben, auteur, enseignant, fondateur de 350.org, USA ;
Luca Mercalli, président de la société italienne de météorologie, journaliste scientifique, Italie ;
Moema Miranda, militante environnementale, Brésil ;
Jennifer Morgan, directrice exécutive de Greenpeace International ;
Tadzio Müller, militant de la justice climatique, Allemagne ;
Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnesty International, Afrique du Sud ;
Mohamed Nasheed, ancien Président de la République des Maldives 
Ricken Patel, founder and CEO Avaaz, Canada ;
Carlo Petrini, président de Slow Food, Italie ;
Dr Anne Poelina, Traditional Custodian from the Mardoowarra, Fitzroy River, Australie ;
Raphaël Pradeau, porte-parole Attac France ;
Manuel Pulgar-Vidal, WWF Global Climate and Energy Practice Leader ;
Mark Ruffalo, acteur, USA ;
Peter Sarsgaard, actrice, USA ;
Rebecca Solnit, autrice, USA ;
Gus Speth, ancien directeur du Programme des Nations unies pour le développement, co-fondateur du Natural Resources Defense Council, USA :
Professor Will Steffen, climatologue, Australie ;
Chris Taylor, comédien, Australie ;
Terry Tempest-Williams, auteur, Harvard Divinity School, USA ;
Aurélie Trouvé, économiste, France ;
Dr. Vandana Shiva, universitaire, militante écologiste, Inde ;
Tom Steyer, créateur de NextGen Climate, USA ;
Farhana Yamin, juriste spécialisée en droit international, coordinatrice de l’équipe internationale en charge de la stratégie d’Extinction Rebellion, Royaume-Uni ;
Rev. Lennox Yearwood, président du Hip Hop Caucus, USA.

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/240519/en-greve-pour-le-climat-avec-les-jeunes

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