Édition du 13 août 2019

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Afrique

Centrafrique : inquétante conclusion des pourparlers de Khartoum

Les pourparler de Khartoum(Soudan) ressemble à une mascarade ourdie par l’Union Africaine, l’ONU la France et la Russie.Pressés de s’extirper du bourbier centrafricain.Les nombreuses victimes des bandes armées ont été ignorées...

Tiré du blogue de l’auteur.

Nous aimerions fortement croire aux tam-tams d’enthousiasme qui ont salué les accords de paix de Khartoum. Nous aimerions ne pas nous réveiller demain avec une langue de baobab. Car rien dans cet accord provisoire n’est porteur du manguier de la paix. Le gouvernement centrafricain et les institutions internationales ont donné l’impression de vouloir en finir au plus vite avec le boulet centrafricain, quitte à satisfaire les exigences inacceptables des rebelles et à sacrifier les nombreuses victimes sur l’autel d’un accord de paix tarabiscotée.

Par ailleurs, le peuple centrafricain a été, ostensiblement, écarté des débats. Pourtant, les citoyens avaient été consultés lors du FORUM DE BANGUI. Ils avaient émis des souhaits clairs pour encadrer l’avenir de leur pays.

Mais à Khartoum, ces souhaits semblent avoir été superbement ignorés.

Quel consensus ?

Le dialogue était prévu pour durer cinq jours. On aurait dit qu’il s’éternisait, à cause de plusieurs suspensions des débats, à cause des intimidations des groupes armés qui voulaient imposer leurs inacceptables revendications, à savoir l’amnistie générale et le partage du pouvoir. A cause, aussi, des Russes, des Français et des institutions internationales, qui manœuvraient dans l’ombre pour assurer la pérennité de leurs intérêts. A cause, enfin, de l’impéritie de la délégation gouvernementale, dirigée par le ministre d’État Firmin Ngrébada, qui perdait trop facilement ses nerfs devant les rebelles et tenait des propos outranciers à leur endroit.

Selon nos sources à Khartoum, si un consensus a pu se dégager, c’est en raison de la bonne foi affichée par les leaders des groupes armés, qui ont réussi à obtenir une amnistie totale et le partage du pouvoir.

Le gouvernement centrafricain aura donc cédé : c’est inacceptable ! C’est une victoire totale pour les bourreaux des Centrafricains. C’est un consensus qui ressemble à une trahison, ourdie par les puissances exogènes. Contre quoi les chefs de guerre, si arrogants d’habitude, ont-ils échangé leur accord ? Il semblerait qu’ils aient obtenu la démission du premier ministre Sarandji. A sa place, un chef de guerre serait peut-être nommé. Ainsi, le partage du pouvoir deviendrait effectif.

Tous les ministres qui composaient la délégation gouvernementale, sachant leur sort scellé, sont sortis de la salle avant même la lecture du communiqué final !

Les conversations de paix de Khartoum ont donc été un bal de dupes. Elles risquent, malheureusement, d’aboutir à un échec cuisant et de prolonger le calvaire des Centrafricains.

L’oubli du peuple et des victimes

A voir les chefs rebelles, convaincus de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, se livrer à d’indécentes bacchanales pour fêter leur victoire insupportable à Khartoum, on demeure effondré de tristesse pour la République Centrafricaine.

Les rebelles semblent avoir gagné sur presque tous les tableaux : c’est ainsi qu’on a remplacé dans le texte final « amnistie » par « toutes actions judiciaires ». C’est moins choquant pour les victimes.

En outre, il semblerait que le chef de l’ Etat ait promis aux rebelles un gouvernement « inclusif ». En clair, cette sémantique signifie « partage du pouvoir ». Les Centrafricains vont donc être gouvernés par leurs propres bourreaux !

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