Édition du 11 mai 2021

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Syndicalisme

Madame Lebel, la négociation est loin d’être terminée !

Le blogue du comité de négociation de la FIQ

Voilà déjà plusieurs semaines qu’une entente de principe sur les conditions de travail a été adoptée par les déléguées de la FIQ et de la FIQP. Pourtant, un an et demi après le dépôt des demandes syndicales, la négociation n’est toujours pas terminée. Le 31 mars dernier, la négociation des matières intersectorielles a enfin débuté.

Habituellement, après avoir négocié les conditions de travail pour chacun des secteurs (santé, éducation, fonction publique) avec leurs organisations syndicales respectives, le gouvernement négocie ensuite les mêmes matières avec toutes les organisations syndicales de tout le secteur public, en parallèle. C’est ce qu’on appelle les matières intersectorielles : le salaire, la retraite, les droits parentaux et les disparités régionales.

Ce n’est pas parce qu’elles arrivent en fin de négociation que les matières intersectorielles ne sont pas importantes, bien au contraire. Mettre fin à la discrimination salariale grâce à un rattrapage salarial, maintenir le pouvoir d’achat des membres, s’assurer que personne ne tombe dans la précarité à la retraite, que les parents puissent concilier travail et famille et que les Québécois-e-s et les membres des Premières Nations qui vivent en régions éloignées puissent compter sur le personnel nécessaire pour avoir droit aux mêmes services que les autres, c’est ESSENTIEL. Une convention collective qui met en marche les solutions des professionnelles en soins ne peut pas être satisfaisante sans des gains importants sur ces questions.

Or, c’est la première fois qu’il y a un délai aussi long entre l’entente de principe qui porte sur les conditions de travail et le début de la négociation des matières intersectorielles. En général, ça ne dure que quelques jours, voire quelques semaines. Mais des mois, c’est du jamais vu ! Il y a le contexte très particulier de la pandémie qui peut en partie expliquer cela, bien sûr, mais aussi le fait que la FIQ, à cause de sa position de leader en santé, était jusqu’à tout récemment une des seules organisations à avoir conclu une entente sectorielle sur les conditions de travail avec le gouvernement.

Enfin à la table !

Le 31 mars dernier, un an jour pour jour après la fin de la convention collective, le gouvernement a enfin convié l’alliance APTS-FIQ à reprendre les discussions sur les matières intersectorielles. La FIQ était prête depuis longtemps à s’asseoir à la table.

Pourtant, ce nouveau dépôt est la preuve que le gouvernement s’entête à ne pas reconnaître les problèmes qui subsistent dans le réseau de la santé et des services sociaux. Les dernières offres patronales de 5 % d’augmentation sur trois ans sont nettement insuffisantes pour avoir des effets sur l’attraction et la rétention. D’ailleurs, ce qui a été décrit par le gouvernement comme une offre généreuse est, dans les faits, un copié-collé du dépôt de mai 2020. C’est frustrant !

Les déléguées de l’APTS et de la FIQ ont déjà rejeté ces offres l’an dernier, il n’y a donc pas de surprise au fait qu’elles les ont une fois de plus rejetées en bloc, le 6 avril dernier.

Après une année d’enfer dans le réseau, les professionnelles en soins n’acceptent pas de se faire répondre encore une fois qu’elles doivent se montrer raisonnables en raison de la situation économique. N’oublions pas que ce n’est pas d’hier que le réseau se vide de ses professionnelles en soins ; la pandémie et les arrêtés ministériels n’ont fait qu’exacerber le problème. De plus, ce qui manque aux soins intensifs, aux urgences, aux blocs opératoires et dans les CHSLD, ce n’est pas des médecins, ce sont des infirmières, des infirmières auxiliaires, des inhalothérapeutes et des perfusionnistes cliniques.

Avec son annonce à grand déploiement, au moment où toutes les organisations du secteur public s’unissaient pour sonner l’alarme pour les services publics, le gouvernement a usé d’une pure stratégie de relations publiques. Madame Lebel, il est temps de passer de la parole aux actes !

Se faire entendre

Pour la dernière étape de cette négociation, nous pouvons compter sur un atout de taille : la force du nombre. Car avec les professionnelles et les techniciennes du réseau de la santé et des services sociaux, membres de l’APTS, nous représentons 131 000 membres du réseau, dont 88 % de femmes. Pour que le gouvernement se range à nos demandes, notamment salariales, c’est à nous de nous faire entendre. Nous devons occuper la place publique !

C’est d’ailleurs pour cela que des membres de l’alliance APTS-FIQ se sont réunies devant le Conseil du trésor le 12 avril pour interpeller Sonia Lebel : comment le gouvernement espère-t-il attirer la relève dont nous avons cruellement besoin si le salaire offert ne reconnaît pas la compétence et l’imputabilité des femmes qui tiennent à bout de bras le réseau de la santé et des services sociaux ? L’expertise, ça se paye !

Les négociateurs du gouvernement ont aussi eu une surprise en se présentant à la table de négociation : des militantes les attendaient de pied ferme en scandant « Payée au féminin, c’est terminé ! » À la table de négociation, ils ont mentionné aux représentantes de l’Alliance APTS-FIQ que ce fut tout un accueil ! Preuve que nos actions résonnent et qu’elles sont bien entendues par les représentants du gouvernement.

La table est maintenant mise pour le sprint final de la négociation. Le contexte pandémique sans précédent n’a fait que mettre en évidence les problèmes de ce réseau que nous tenons depuis des années à bout de bras. La vérité, c’est que le système de santé était déjà gravement malade bien avant et que le gouvernement essaie de le guérir avec de petits pansements… Nous devons porter la voix des femmes du réseau et rappeler au gouvernement ses responsabilités envers celles qui prennent soin de la population du Québec !

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