Édition du 21 juin 2022

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États-Unis

9ème Sommet des Amériques : restauration de l’hégémonie américaine ou fiasco pour Biden ?

À partir d’aujourd’hui et jusqu’au 10 juin, se tiendra à Los Angeles le 9ème Sommet des Amériques, dont la présence des dirigeants de nombreux pays est encore incertaine. Si l’enjeu pour les États-Unis est de retrouver une hégémonie sur le continent, ils se retrouvent finalement à essayer d’éviter un énorme fiasco.

6 juin 2022 | tiré de Révolution permanente |Crédits photo : Frederic J. Brown/AFP

Le Sommet des Amériques, rencontre qui réunit tous les trois ans les chefs d’États de la quasi-totalité du continent américain, aura lieu du 6 au 10 juin à Los Angeles, aux États-Unis. Une occasion très attendue pour le pays hôte, mais qui révèle en même temps ses fragilités.

Après la crise du Covid-19, et dans un contexte international secoué par la guerre en Ukraine et les différents problèmes plus ou moins immédiats qu’elle entraîne, les États-Unis cherchent à profiter de cet évènement pour essayer de consolider leur hégémonie déclinante sur le continent et à contenir leur perte d’influence internationale après le retrait en Afghanistan en 2021. Tout cela dans une Amérique marquée par une nouvelle vague de gouvernements « progressistes » ou « populistes » tels que Boric au Chili, Pedro Castillo au Pérou, et Lopez Obrador au Mexique qui, même sans aucun projet de rupture des liens avec les États-Unis, ne facilitent pas les choses pour le gouvernement Biden.

C’est sous le slogan « Construire un avenir durable, résilient et équitable » que les États-Unis cherchent à débattre des questions liées à l’impact de la crise sanitaire, de la crise climatique, de la reprise économique, de la migration et de ce qu’ils qualifient hypocritement de « problèmes démocratiques », bien qu’ils aient soutenu et même orchestré plusieurs coups d’État et gouvernements frauduleux au cours de l’histoire.

Mais en définitive, pour la Maison-Blanche, il s’agit de profiter de ce sommet pour tenter de changer la position de plusieurs pays latino-américains sur la guerre en Ukraine, qui se sont montrés prudents quant à la condamnation de la Russie, et en même temps de limiter l’influence croissante de la Chine dans la région, et de retrouver ainsi son hégémonie perdue sur le continent.

Cependant, malgré l’importance de cet événement pour les États-Unis, le sommet est sur le point de devenir un énorme fiasco. A quelques heures seulement de l’atterrissage des principaux chefs d’État dans la ville, la liste officielle des invités n’est toujours pas connue. En effet, on sait que Biden a envoyé l’invitation aux dirigeants « démocratiquement élus » pour exclure Cuba, le Nicaragua et le Venezuela. En réponse, certains pays ont menacé de boycotter le sommet si tous les dirigeants de l’Amérique latine n’étaient pas invités.

Ainsi, la présence de certains pays comme El Salvador, Guatemala et la communauté caribéenne au sommet est encore incertaine, tandis que le président mexicain Andrés Manuel López Obrador a confirmé lors d’une conférence de presse aujourd’hui qu’il ne participera pas au sommet. Pourtant, la participation du Mexique était d’une importance fondamentale, étant donné qu’il sert de zone-tampon pour les migrants depuis les accords signés avec Trump, tels que le protocole de protection des migrants, connu sous le nom de décret « Restez au Mexique » (Remain in Mexico).

Ce n’est pas une surprise pour Biden qui, depuis plusieurs semaines, tente d’éviter le boycott de différents pays en assouplissant les sanctions à l’encontre du Venezuela et les restrictions en matière de visas pour Cuba. Dans le même temps, il a désigné l’ancien sénateur démocrate Christofer Dodd comme conseiller spécial du gouvernement américain pour le 9ème Sommet des Amériques, dont la tâche principale était de se rendre en Argentine, au Chili et au Brésil pour convaincre les dirigeants de ces pays de participer au sommet, en promettant en échange des rencontres bilatérales ultérieures et de prendre en compte les propositions de ces pays lors du sommet.

Toutefois, loin d’établir une politique anti-impérialiste des gouvernements latino-américains, il s’agit d’un tiraillement qui cherche à négocier certains degrés d’autonomie avec les États-Unis, dans un contexte de dépendances croisées avec d’autres puissances mondiales.

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