New Richmond, le 18 avril 2008. – En matière d’enjeux éducatifs, la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine aura des défis importants à relever dans les prochaines années. La décroissance constante de l’effectif scolaire et du financement s’y rattachant, les besoins de formation à combler, la limitation d’un nombre de programmes offerts au collégial ainsi que l’étendue du territoire à desservir, représentent des obstacles majeurs pour la région.
Le vice-président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Daniel B. Lafrenière, était de passage aujourd’hui à New Richmond pour participer à la tenue du volet régional des Rendez-vous CSQ de l’éducation 2008. Entouré du président de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), M. Mario Beauchemin et du porte-parole des Rendez-vous CSQ de l’éducation 2008 pour la région, M. Gilbert Boudreau, président du Syndicat des travailleurs de l’enseignement de l’Est du Québec (STEEQ-CSQ), M. Daniel B. Lafrenière a fait le point sur la situation de l’éducation dans la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.
Il faut rappeler que la CSQ a entrepris, au cours des dernières semaines, une importante tournée nationale et visitera l’ensemble des régions du Québec. Les Rendez-vous CSQ de l’éducation 2008 dans la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine vise à entendre les résultats d’une consultation effectuée auprès des membres de la Centrale dans la région (tant du domaine de l’éducation que de la santé), pour faire le point sur l’état de santé de notre système d’éducation et proposer des mesures concrètes pour améliorer la situation.
Une forte baisse de l’effectif scolaire qui frappera de plein fouet
Le vice-président de la CSQ indique qu’il faut prendre de manière urgente la mesure de l’enjeu que constitue le déclin du nombre de jeunes dans la région.
Cependant, il est évident que la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine sera frappée de plein fouet au cours des prochaines années par une baisse de l’effectif scolaire, baisse parmi les plus prononcées au Québec. Au cours des dernières années, on a noté une diminution de 27,9 % du nombre de jeunes dans les établissements scolaires de la région comparativement à une baisse provinciale de 11 %.
Et c’est loin d’être terminé puisque le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) prévoit que les jeunes dans les établissements d’enseignement se feront de plus en plus rare alors que l’effectif scolaire passera de 12 239 à 7 222 jeunes entre 2002-2003 et 2014-2015. C’est donc une chute de l’effectif scolaire de 41 %.
« Malgré les mesures et projets d’aide déjà prévus pour les petites écoles de village (mesure financière spéciale, projet de réseautage des écoles), le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport devra faire beaucoup plus pour s’assurer que les services éducatifs soient disponibles sur tout le territoire de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine », soutient M. Daniel B. Lafrenière.
Des répercussions au niveau collégial
Cette baisse de l’effectif étudiant se répercutera au niveau collégial à partir de l’année 2009, alors que le nombre d’étudiants passera de 1 311 à 926 en 2015. La baisse du nombre d’étudiantes et d’étudiants affectera de manière inégale les centres de formation collégiale de la région et devrait s’exprimer ainsi : diminution de 46 % au Centre spécialisé des pêches, diminution de 33 % au Centre d’études collégiales des Îles, diminution de 20 % au Cégep de la Gaspésie et des Îles et une diminution de 19 % au Centre d’études collégiales de Carleton.
« Cette décroissance de l’effectif collégial pourrait mettre en péril le Cégep de la Gaspésie et des Îles. Le mode de financement des cégeps ne permet pas de tenir compte adéquatement de la réalité des petits groupes d’étudiantes et d’étudiants dans les programmes. Lorsque plus de la moitié des programmes d’un cégep est en déficit d’effectif, c’est la survie même de l’institution qui est en cause. Pour le Cégep de la Gaspésie et des Îles, la presque totalité des programmes est sous respirateur artificiel », souligne M. Mario Beauchemin
Des défis pour hausser le niveau de formation de la population
Sur la base des données du recensement de 2001, on constate que sur les 79 600 personnes de 15 ans et plus dans la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, 48 % ne possèdent pas de diplôme d’études secondaires, soit 38 145 personnes et, sur ce nombre, 54 %, soit 20 830 personnes, ont moins de 9 années d’études à leur actif. C’est beaucoup plus élevé que la moyenne provinciale qui se situe à 31,7 %.
« Les besoins en services d’enseignement pour les adultes sont donc très importants en Gaspésie. Toutefois, certains de ces services ont connu une baisse d’achalandage entre 2000 et 2005, notamment le service d’alphabétisation (-35 %) et le service de préparation aux études supérieures (-25 %). Bonne nouvelle cependant, le service de préparation à la formation professionnelle a connu une hausse de l’ordre 36 % », indique M. Daniel B. Lafrenière.
Quelques bonnes nouvelles
Cependant, tout n’est pas sombre dans le secteur de l’éducation en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, comme le précise le porte-parole de la CSQ.
« En effet, cette région a enregistré la meilleure performance au Québec pour la diminution du taux de décrochage entre 2001 et 2006. Alors qu’au Québec, le taux de décrochage connaissait une faible diminution de 0,8 %, passant de 25 à 24,2 %, il baissait de 4,1 % en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, passant de 27 à 22,9 %. Cette excellente performance est particulièrement due aux filles qui affichent un recul de 4,5 %, le meilleur au Québec, comparativement à un recul de 2,5 % pour les garçons », précise M. Daniel B. Lafrenière.
Un autre élément positif est le fait qu’avec le Saguenay–Lac-Saint-Jean et la Capitale-Nationale, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine affiche un taux de passage direct du secondaire vers le cégep parmi les plus élevés au Québec. En effet, à l’automne 2005, 59,8 % des diplômés du secondaire poursuivaient leurs études au cégep, comparativement à 61,4 % au Saguenay–Lac-Saint-Jean et 59,5 % pour la Capitale-Nationale.
Le point pour la formation professionnelle et technique
Au chapitre de la formation professionnelle, la région de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine a connu, depuis le début des années 2000, une hausse du nombre d’inscriptions de 832 élèves et une stabilisation, depuis 2003, autour de 1 125 jeunes et adultes en formation. « C’est une excellente nouvelle pour cette région puisqu’elle pourrait connaître une pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans ce secteur », fait valoir le vice-président de la CSQ, M. Daniel B. Lafrenière.
« De son côté, l’effectif scolaire de la formation technique a connu une forte baisse, passant de 1 306 inscriptions en 1998-1999 à 745 en 2005-2006. Cette situation pourrait représenter un problème à moyen terme pour la région, puisque la croissance de l’emploi prévue est plus élevée pour les personnes ayant une formation technique (DEC) qu’une formation professionnelle (DEP). Il est donc évident que des efforts particuliers devront être faits pour intéresser davantage de jeunes à s’inscrire en formation technique », indique M. Boudreau.

