Édition du 16 juin 2026

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La guerre en Ukraine - Les enjeux

Guerre en Ukraine : le business mortel des recrues africaines

De la Méditerranée au front ukrainien, des milliers de jeunes Africains défient la mort dans l’espoir de fuir la pauvreté sur le continent, en s’engageant dans une guerre qui les utilise le plus souvent comme de la chair à canon. Mor Amar a pu s’entretenir avec un jeune Sénégalais prisonnier en Ukraine.

Tiré de MondAfrique.

Donetsk, avril 2025 : le Sénégal découvre un homme noir capturé au front par l’armée ukrainienne. Il s’appelle Malick Diop ; il a 26 ans ; il est originaire de Keur Mandoumbé dans le département de Kounghueul (région de Kaffrine, centre du Sénégal). Visiblement éprouvé et à bout de forces, il vient, dans une vidéo rendue virale par ses geôliers, d’exposer les raisons de son engagement. Son objectif, dit-il, était de gagner de l’argent, afin de quitter la Russie pour l’Europe. Au moment de ce témoignage, Malick est obnubilé par sa libération.

Un an plus tard, le discours est tout autre. Le jeune Sénégalais, que nous avons rencontré le 15 mai 2026 à l’occasion d’une visite à Kyiv (Kiev), ne veut plus entendre parler d’un retour au Sénégal. Apparemment en forme, beaucoup plus serein qu’au moment de sa capture, il déclare sur un ton qui ne laisse place à aucune équivoque : “Je préfère mourir plutôt que de rentrer au Sénégal…”

Alors qu’on s’attendait à une déclaration de contrition ou un plaidoyer pour sa libération en vue de regagner sa famille, qui vit un calvaire depuis plusieurs mois, on a entendu un récit renversant, tranchant avec la représentation souvent faite du jeune Africain innocent enrôlé de force dans l’armée russe. Regard figé, déterminé, il persiste et signe : « Je suis un prisonnier de guerre russe, je demande juste à ce que mes droits en tant que prisonnier de guerre soient respectés. Il faut arrêter de nous traiter comme des mercenaires. Nous ne sommes pas des mercenaires.”

« J’ai choisi de m’engager dans l’armée russe »

Comme des milliers d’Africains, Asiatiques et Latino-Américains, Malick, présenté comme un étudiant brillant, avait rejoint la Russie pour y suivre des études de Droit. Il s’est retrouvé dans les geôles ukrainiennes suite à son enrôlement dans l’armée russe, suivi de son envoi au front. Pourquoi son refus catégorique de retourner au Sénégal ? Il s’explique : “Je ne peux rien demander au Sénégal, parce que j’ai choisi de m’engager dans l’armée russe. À la limite, j’ai trahi le Sénégal, qui m’avait donné une bourse d’étude pour la Russie. Et une fois en Russie, j’ai choisi de défendre un autre pays.”

Son cas est loin d’être isolé. Dans la salle, il y avait avec lui un Togolais et un Congolais (Congo Brazzaville) tout aussi déterminés à purger leur peine et à retourner dans leur pays d’adoption, la Russie. En apparence, ils semblent agir en parfaite conscience, sans aucune contrainte. À l’exception peut-être d’un Marocain qui, lui, a le regard noir, perdu dans le vide, comme s’il cherchait une aide qu’il a du mal à trouver dans cette audience et ne semble pas vouloir parler de sa situation. Il est resté muet tout au long de l’entretien réalisé par visioconférence avec la facilitation du Centre ukrainien de coordination pour le traitement des prisonniers de guerre.

Ce qui fait courir les jeunes

Pour en savoir davantage, nous avons rencontré à Kyiv des organisations de défense des droits de l’homme qui travaillent sur le sujet. Pour elles, la question est bien plus complexe. En vérité, confient plusieurs sources ukrainiennes, dont l’organisation Truth Hounds qui a enquêté sur le sujet avec la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ces jeunes seraient victimes de “faux espoirs” qu’on leur fait miroiter. Ils pensent, à leur retour en Russie, retrouver leurs avantages : salaires bloqués, indemnités juteuses, nationalités promises, bref, la belle vie à Moscou après de bons et loyaux services… “En sus de leurs salaires qui seraient bloqués dans des comptes, on leur a promis des passeports russes pour eux et pour des membres de leurs familles. Ce qui fait qu’ils ne veulent pas rentrer dans leurs pays d’origine au risque de perdre tous ces avantages”, confirme un représentant du Centre de coordination pour les prisonniers, convaincu qu’une fois en Russie, ces jeunes sont renvoyés au front.

Interpellé sur ce risque, le père de Malick, Sette Diop, dit espérer que ce ne sera pas le cas pour son fils, mais il nourrit de sérieuses inquiétudes. En effet, il a été informé du cas d’un ressortissant de Kaffrine (même région que Malick), engagé avant son fils et qui aurait subi ce triste sort. “Après sa guérison, il [le natif de Kaffrine] est retourné en Russie et a été immédiatement renvoyé au front où il a été tué, moins d’une semaine après son retour”, témoigne Sette Diop, confortant ainsi la version livrée par plusieurs sources. Nous avons essayé d’entrer en contact avec cette famille mais n’avons pas réussi à obtenir ses coordonnées.

La grosse arnaque

Dans cette affaire, tout semble être un mirage : le salaire, la nationalité, les avantages, entre autres promesses. En ce qui concerne l’octroi de la nationalité, il est généralement assorti d’un délai d’un an. Pour le salaire, les jeunes envoyés au front ne peuvent pas immédiatement en profiter. Et ils ont peu de chance d’en voir la couleur puisque beaucoup d’entre eux n’en sortent pas vivants. “Sur le papier, ils ont effectivement signé pour un bon salaire. Mais une fois au front, ils n’ont pas accès à leurs comptes pour vérifier. Du coup, beaucoup ne savent pas s’ils ont reçu des virements ou pas. Et ils ont de grande chance de mourir au front parce que c’est eux qu’on envoie en première ligne alors qu’ils ne sont pas des militaires”, expliquent les experts de Truth Hounds.

Pour ce qui est de Malick, il a signé un contrat de 6 mois renouvelable. Cela fait plus d’un an qu’il croupit en prison dans une ville ukrainienne, loin du front. Son père précise : “On lui a dit que pour les 6 premiers mois, il ne pourrait pas avoir la nationalité. Mais après renouvellement, il obtiendrait la nationalité, des papiers pour son père et sa mère ainsi que pour trois autres personnes de la famille de son choix.” Pour la rémunération, Malick s’attendait à 5 millions FCFA (7600 euros) par mois, assortis d’un montant de 5 millions payés dès la signature.

Dix pour cent d’Africains

Globalement, la Russie recrute chez les étudiants, les migrants étrangers sur place et à travers des campagnes sur les réseaux sociaux. Loin de certaines représentations, l’Afrique n’est pas le seul continent concerné. Sur un total de 28 394 étrangers recensés, 2 982 sont des Africains. Plus de 5 100 de ces combattants ont été tués, dont 486 Africains. Ces chiffres n’embrassent que les personnes formellement identifiées. Les chiffres réels pourraient donc être bien plus élevés.

On recense 19 Sénégalais enrôlés dans l’armée russe formellement identifiés. Six d’entre eux auraient déjà été tués et un, Malick Diop, emprisonné. Selon des sources contactées par Mondafrique, ils seraient beaucoup plus nombreux et les autorités sénégalaises auraient été saisies du problème, sans réaction jusqu’ici. “On sait qu’il y en a beaucoup, mais il est difficile de donner des chiffres exacts. Ceux qui s’engagent le font volontairement. Le ministère des armées n’a jamais contacté les autorités sénégalaises pour les informer”, confie une source basée en Russie. Concernant le mode de recrutement, il indique que des affiches sont apposées sur les murs et un peu partout. “Les jeunes Africains intéressés s’engagent librement. On les considère ici comme des mercenaires”, poursuit notre interlocuteur.

Le silence coupable des autorités

Interpellé, l’ambassadeur du Sénégal en Russie, Sylvain Sambou, a refusé tout commentaire. “Nous ne pouvons communiquer sur ce dossier. Vous pouvez introduire une demande officielle au niveau du ministère des Affaires étrangères ou du secrétariat d’État aux Sénégalais de l’extérieur [l’entretien a eu lieu avant le remaniement gouvernemental qui a supprimé ce poste], pour qu’on puisse parler de manière officielle”, s’est-il excusé. Concernant Malick Diop, il a affirmé que son cas était suivi par la représentation du Sénégal à Varsovie.

Selon plusieurs sources, les jeunes Africains qui s’engagent ne savent pas toujours qu’ils vont être envoyés au front. On leur dit qu’il s’agit de travaux civils et une fois sur le terrain, on les jette au front en première ligne. D’autres, en revanche, se retrouvent du jour au lendemain dans la gueule du loup. L’ONG Truth Hounds et la FIDH donnent en exemple un étudiant marocain parti pour des études de médecine. Arrêté pour des motifs purement administratifs, il a été contraint de choisir entre la prison et un engagement rémunéré dans l’armée. Son seul tort était d’avoir changé d’appartement sans aviser les services compétents, comme le prévoit la loi. “Une fois arrêté pour ce motif purement administratif, on lui a proposé soit de signer un contrat d’engagement dans l’armée soit de rester en prison”, expliquent les experts qui l’ont interviewé en détention.

En ce qui le concerne, Malick Diop dit n’avoir pas été contraint. Il a signé un contrat en bonne et due forme qui prévoyait son envoi en Ukraine. Son père a toutefois apporté quelques précisions. Malick, a-t-il dit, était un peu perturbé et envisageait même de quitter la Russie pour l’Europe : “Il avait obtenu une bourse pour l’Italie. Il lui fallait revenir au Sénégal pour les formalités du visa, mais il n’avait pas l’argent pour financer le voyage. Il en a parlé à une connaissance russe qui lui a conseillé l’opportunité offerte par l’armée. C’est comme ça qu’il a accepté de signer le contrat”. Sette Diop a ajouté que l’ami russe de son fils avait promis de l’appuyer pour qu’il soit affecté au service de santé ou en tant que cuisinier.

L’éloignement et la vulnérabilité

Le point commun de tout ces jeunes, c’est leur situation de vulnérabilité, aggravée par la distance avec leurs proches. Pour les inciter à s’engager, la Russie ne lésine pas sur les moyens. Elle leur promet parfois des bonus pouvant aller jusqu’à 3 millions de roubles, selon leurs régions d’origine et leurs profils, soit 35 000 euros (plus de 22 millions FCFA), affirment plusieurs sources.

Interpellé sur ses motivations, le Congolais détenu avec Malick impute toute la responsabilité aux dirigeants africains et à leurs “complices” occidentaux. “Si nous en sommes là, c’est à cause des Européens qui pillent le continent. Des jeunes Africains meurent tous les jours en mer pour fuir la misère. Nous ne comptons pas retourner dans nos pays pour être confrontés à cette même situation”, fulmine t-il, précisant qu’il a une femme et une famille russe et qu’il a choisi la Russie en toute connaissance de cause. “Dites plutôt aux gouvernants et à leurs complices occidentaux de changer de politique parce que personne ne veut mourir dans la misère”, renchérit-il sur un ton plus politique.

Les subtilités du droit humanitaire international

Alors que les jeunes prisonniers semblent avoir hâte de retourner dans leur pays adoptif, la Russie, elle, ne paraît pas pressée de les récupérer. Depuis le début de la guerre, on dénombre au moins 75 échanges de prisonniers pour un nombre total de prisonniers échangés avoisinant les 19 000. Jusque-là, aucun prisonnier africain n’en a fait partie. Comme s’ils n’intéressaient que leurs familles. Même leurs États d’origine, pour ceux qui sont en prison en Ukraine, ne font absolument rien pour leur libération, ont confié plusieurs sources en Ukraine.

Dans le cadre de cette enquête, nous avons enregistré au moins 29 Africains dans les prisons ukrainiennes. Selon le Centre de coordination pour le traitement des prisonniers, ils ne sont pas traités comme des mercenaires mais comme des prisonniers de guerre. En tant que tels, les seules voies pour les libérer sont soit une demande du pays pour lequel ils combattaient, soit la fin de la guerre.

L’autre option que n’écartent pas les défenseurs des droits humains, c’est la voie diplomatique, dans le cas où les pays d’origine en feraient la demande. La difficulté, pour Malick, c’est que lui-même ne veut pas que le Sénégal s’implique. “Si la personne concernée dit ne pas vouloir que son pays d’origine intervienne, ce dernier n’a pas d’instrument pour agir, d’après le droit humanitaire international. Mais ici, on sait que la plupart des prisonniers se sont engagés sous la contrainte et ils courent des risques en cas de retour en Russie. Il faut donc des solutions au cas par cas”, a expliqué un expert de Truth Hounds.

Des familles en rade

Par ailleurs, il est reproché à la Russie de ne pas assister les familles. Le père de Malick Diop le confirme tout en précisant qu’il ne s’est jamais rapproché de la Russie pour demander quoi que ce soit : “J’ai jusque-là tout confié à l’État du Sénégal. Je crois que c’est l’État qui doit parler à la Russie et à l’Ukraine s’il le faut, pour que Malick soit libéré. Nous leur avons confié le dossier depuis le début, mais je dois dire que ça n’a pas beaucoup évolué. Nous sommes juste rassurés que Malick se porte bien en prison”.

Il n’y a pas longtemps, les services du ministère sénégalais des Affaires étrangères ont, toutefois, contacté le père de Malick et lui ont conseillé d’introduire une demande de soutien, pour bénéficier de l’appui de la Russie en tant qu’ayant droit. Cela fait cinq mois que Sette Diop a déposé son dossier, mais aucune avancée notoire n’a été enregistrée. “Il y a un mois, l’ambassade du Sénégal à Moscou m’a contacté pour me dire que le dossier était complet mais qu’il y avait un souci avec la banque à cause des sanctions contre la Russie. Ils m’ont suggéré de trouver une personne de confiance basée en Russie, qui pourrait aider à recevoir l’appui financier”, rapporte t-il, espérant que les choses vont se décanter.

Selon les derniers chiffres du Centre de coordination pour le traitement des prisonniers, le Kenya, l’Égypte, le Cameroun et le Ghana figurent parmi les pays les plus représentés dans l’armée russe, avec respectivement 772, 420, 387 et 337 combattants.

Parmi tous ces pays, le Kenya est l’un des rares à prendre la question très au sérieux. Le pays a entrepris des démarches pour sommer la Russie d’arrêter de recruter ses ressortissants pour aller se battre sur le front. Nairobi a aussi livré des chiffres sur le nombre de Kényans engagés dans ce conflit. Ils seraient au moins un millier. En ce qui concerne l’Afrique de l’Ouest, outre le Ghana, on recense 215 combattants nigérians, environ 73 Maliens, 60 Gambiens et 27 Nigériens.

Mystère sur des recrutements ukrainiens

Si l’engagement des Africains aux côtés de l’armée russe est assez bien documenté, il y a peu d’éléments probants sur leur enrôlement dans l’armée ukrainienne. Mondafrique a essayé de vérifier l’existence de prisonniers de guerre ukrainiens d’origine africaine dans les prisons russes. Les questions envoyées à l’ambassade de la Russie au Sénégal sont restées sans réponses.

Pour le Président du Mouvement international russophile Souleye Anta Ndiaye, il n’y a aucun doute que l’Ukraine recourt également aux mercenaires : “Aussi bien la Russie que l’Ukraine recrutent des mercenaires. Personnellement, j’ai rencontré à Moscou un jeune Nigérian qui voulait rejoindre l’Ukraine parce que, paraît-il, ils paient mieux.”

Selon le Russophile, ces jeunes ne sont motivés que par l’argent et ils ne connaissent rien des enjeux de cette guerre qui se déroule à des milliers de kilomètres du continent.“Ce sont des jeunes en quête d’une vie meilleure. Alors, dès qu’une porte s’ouvre, les plus audacieux s’engouffrent dedans”, analyse le spécialiste de la Russie, qui invite les États à prendre leurs responsabilités. “S’il le faut, les États doivent utiliser la force pour empêcher les jeunes d’aller s’employer comme mercenaires dans ces conflits, parce que ça ne produit rien de bon. Ces jeunes vont soit être tués soit être conditionnés en sortant de la guerre. De part et d’autre ils servent de chair à canon, c’est ça la vérité”, soutient Souleye Anta Ndiaye.

Du côté de l’Ukraine, on ne nie pas le recrutement d’étrangers dans l’armée, mais on affirme agir en toute transparence, à travers une plateforme ouverte à cet effet dénommée la légion internationale pour la défense de l’Ukraine. Selon les sources diplomatiques contactées, ceux qui s’engagent dans cette légion le font de manière volontaire et dans le respect des conditions strictes exigées.“Voilà ce qui nous différencie de la Russie : tout est fait de manière transparente, dans des langues que comprennent ceux qui s’engagent. Et tout ce qui arrive à ces volontaires, nous le communiquons à leurs États”, se défend la source diplomatique, qui insiste : “Ce n’est pas comparable avec la Russie qui trompe des innocents en leur faisant croire que c’est pour des activités civiles et qui leur fait signer des contrats qu’ils ne comprennent pas.”

Mondafrique a essayé de recueillir la version de la Russie, à travers sa représentation diplomatique à Dakar, mais sans succès. “Je ferai de mon mieux pour vous recontacter très prochainement”, a dit Maria Pomerantseva le 08 juin 2026. Il nous a finalement été recommandé d’écrire via une adresse disponible sur le site de l’ambassade. Nous avons alors reçu la réponse suivante : “L’ambassade souhaite vous informer qu’elle ne se charge pas du recrutement. De plus, aucun visa n’est délivré aux citoyens sénégalais se rendant pour participer à l’opération militaire spéciale. Pour toutes les questions mentionnées dans votre lettre, nous vous prions de bien vouloir vous adresser au ministère de la Défense de la Fédération de Russie.”

Malick Diop : de Kounghueul à Donetsk

Né en 2000 à Keur Mandoumbé, dans le département de Kounghueul (région de Kaffrine, centre du Sénégal), Malick Diop a fait toute sa scolarité à Kounghueul. Après le baccalauréat, il est orienté vers l’université de Bambeye, au département de Droit. En 2023, il réussit à décrocher une bourse grâce à la coopération russe. Destination : la Russie, pour un projet d’études en Relations internationales. En première année et au 1er semestre de la 2e année, ses notes sont bonnes.

Si l’on en croit son père, Malick connaît par la suite quelques difficultés et envisage même de quitter la Russie pour l’Europe. Il réussit à décrocher une bourse pour l’Italie et doit revenir au Sénégal pour les formalités du visa. “N’ayant pas l’argent pour financer son voyage, il en a parlé à une connaissance russe, qui lui a fait part de cette opportunité avec l’armée”, rapporte Monsieur Diop, qui se rappelle une conversation avec son fils : “Un jour, il m’a appelé pour me dire qu’il s’était engagé dans l’armée. J’étais surpris, mais il m’a dit que c’était déjà fait et qu’il ne pouvait plus revenir en arrière. Plus tard, environ 20 jours après, il m’a dit que sa formation était terminée et qu’il devait aller en Ukraine, mais pour servir dans les hôpitaux ou comme cuisinier.”

En mars 2025, en plein ramadan, Malick a rappelé son père pour lui signaler qu’il ne serait plus joignable à partir de cet instant. “Vous ne pourrez pas me joindre, parce que les chefs récupèrent nos téléphones. Mais je pourrais vous joindre à chaque fois que de besoin. Ne vous inquiétez surtout pas et priez pour moi”, a-t-il dit. Tout porte à croire qu’il était déjà capturé par l’armée ukrainienne, après quelques jours seulement sur le front.

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