Lors de son témoignage, Daniel Cloutier a rappelé que la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis met en lumière la vulnérabilité de l’économie canadienne et l’importance de reconstruire la capacité industrielle du pays.
« Acheter canadien, ce n’est pas une dépense. C’est un investissement dans notre résilience. Les membres d’Unifor ne demandent pas la charité. Ils demandent une chance de fabriquer ici ce que nous achetons ici », a déclaré Daniel Cloutier.
« Les investissements publics représentent une occasion unique de soutenir les emplois de qualité et l’expertise manufacturière canadienne. En favorisant davantage le contenu canadien dans les marchés publics, nous pouvons contribuer à bâtir une économie plus forte pour l’avenir », a affirmé Lana Payne, présidente nationale d’Unifor.
Le directeur québécois d’Unifor a notamment souligné la situation préoccupante de l’usine PACCAR de Sainte-Thérèse, la dernière usine d’assemblage de camions au Canada. Depuis le début de la guerre commerciale, l’établissement a subi plusieurs vagues de mises à pied et perdu près de 800 emplois, alors que la production quotidienne est passée de 92 à 25 camions.
Selon Unifor, les gouvernements disposent pourtant d’un levier important pour soutenir l’industrie manufacturière canadienne grâce à leurs politiques d’approvisionnement.
Devant les membres du comité, Daniel Cloutier a formulé trois recommandations principales :
– appliquer les exigences « Achetez canadien » aux grands contrats stratégiques financés par les fonds publics qui n’ont pas encore été attribués, notamment le contrat de trois milliards de dollars de VIA Rail pour l’acquisition de nouveaux wagons et locomotives ;
– exclure les fournisseurs américains de tout traitement préférentiel dans les futures politiques d’approvisionnement réciproque ;
– utiliser les outils législatifs disponibles afin de décourager les entreprises qui déplacent leur production aux États-Unis en réponse à des mesures commerciales injustifiées.
Le directeur québécois d’Unifor a également invité le gouvernement à revoir le principe du plus bas soumissionnaire au lieu de tenir compte de critères tels que le contenu local, l’empreinte industrielle et la souveraineté manufacturière.
« Quand notre empreinte industrielle s’effrite, ce sont des emplois, des impôts et des communautés qui disparaissent. Le véritable coût d’un achat ne se limite pas au montant inscrit sur la facture », a ajouté Daniel Cloutier.
Unifor estime que les politiques d’achat local doivent devenir un pilier de la stratégie économique canadienne afin de protéger les emplois, soutenir les communautés et renforcer la résilience de l’économie face aux turbulences commerciales internationales.
Unifor a réclamé des mesures pour protéger les emplois, bâtir une économie plus résiliente et défendre la souveraineté du Canada. Consultez en ligne les revendications du syndicat à ce sujet.


Un message, un commentaire ?