Le 2 janvier dernier, le Tribunal canadien du commerce extérieur (TCCE) a statué que le dumping de fil d’acier en carbone et autres matériaux alliés en provenance de la Chine, de Taiwan, de l’Inde, de l’Italie, du Portugal, de l’Espagne, de Thaïlande, de la Malaisie, de la Turquie et du Vietnam causait un préjudice à l’industrie canadienne. Par conséquent, les importations en provenance de ces pays seront visées par des droits antidumping dans l’avenir.
« C’est une bonne nouvelle pour nos membres chez Sivaco à Marieville et chez ArcelorMittal à Montréal qui produisent de tels fils d’acier », explique le représentant syndical responsable du secteur de l’acier chez les Métallos, Yves Rolland.
Le président de la section locale 6818 chez Sivaco à Marieville (groupe Heico), Philippe Beaudoin, est allé témoigner en décembre dernier devant le Tribunal. « Je suis allé expliquer les dommages subis à nos conditions de travail et à nos emplois. Il y a eu des mises à pied, des départs anticipés à la retraite en raison de cette concurrence déloyale… Ça a été un coup dur, qui a affecté notre rapport de force à la veille des négociations, ça a nui à notre pouvoir de négociation », a témoigné Philippe Beaudoin.
Une forme d’action syndicale menacée
Le Syndicat des Métallos intervient dans plusieurs dossiers devant le Tribunal canadien du commerce extérieur, des présidents de syndicats y témoignent, épaulés par des avocats spécialisés. Mais voilà, il n’est pas clair que ce type d’activité pourrait être payé par la cotisation syndicale si le projet de loi 3 du gouvernement caquiste est adopté. « C’est en plein le genre de dossier qui entre dans une zone d’ombre de ce qui pourrait être interdit par le projet de loi 3. Le gouvernement caquiste viendrait restreindre avec ce projet de loi notre capacité comme syndicat de défendre les emplois et les conditions de travail de nos membres. C’est tout à fait injuste et inacceptable. On est en pleine guerre commerciale et non seulement le Québec dort au gaz pour aider nos industries, comme on l’a vu avec la fermeture de l’usine des Poudres métalliques de Rio Tinto Fer et Titane à Sorel, mais en plus il nuit aux syndicats qui veulent protéger notre économie », dénonce le directeur québécois des Métallos, Nicolas Lapierre.


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