Tiré d’À l’encontre.
Le président américain Donald Trump a déclaré le 2 janvier que les États-Unis étaient « prêts à intervenir » si l’Iran venait à massacrer les manifestant·e·s[1]. Reza Pahlavi, fils du shah renversé et figure de proue de l’opposition hors d’Iran, a déclaré : « Dans des conditions où le peuple iranien est fauché de la manière la plus brutale qui soit, je ne considère pas l’aide à la libération d’une nation comme une agression. »[2] Le 10 janvier, un groupe d’intellectuels et de figures de l’opposition iraniens de premier plan – dont la lauréate du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi et le cinéaste Mohsen Makhmalbaf – ont écrit directement à Trump, déclarant que « toutes les voies permettant de mettre un terme à la répression et de sauver la vie de nos compatriotes se sont retrouvées dans une impasse » et qu’« une issue à cette situation nécessite une aide internationale ».
Ces appels sont symptomatiques d’un changement plus large dans les perspectives politiques.Tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Iran, il existe une perception croissante selon laquelle les efforts de la société iranienne pour provoquer un changement politique ont tous échoué. La révolte a échoué. La réforme a échoué. L’activisme civique a échoué. Cette affirmation a largement circulé parmi les militant·e·s de l’opposition en faveur d’un changement de régime (barandazan : ceux qui cherchent le renversement) et a été considérablement amplifiée au sein de la diaspora par le biais de chaînes satellitaires telles que Iran International [d’orientation monarchiste] et Manoto [basée à Londres] ainsi que par des personnalités de premier plan comme Pahlavi, trouvant un écho à l’intérieur de l’Iran via les réseaux sociaux et les médias en ligne en langue persane. Dans ces derniers, ce sentiment s’est cristallisé dans un refrain commun : « Nous avons emprunté toutes les voies. »[2] Défendant la guerre américano-israélienne contre l’Iran, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a invoqué la même logique, affirmant que le monde avait été témoin de « vagues successives de manifestations » qui n’avaient rencontré que le carnage.
L’affirmation selon laquelle rien n’a fonctionné tire sa force d’une histoire de répression. La République islamique a réprimé à maintes reprises les manifestations de masse par des arrestations, des emprisonnements et une violence meurtrière. Les soulèvements de 2017–2018, 2019, 2022 et, plus récemment, janvier 2026 ont tous été violemment réprimés. Mais la conclusion souvent tirée de ces événements – à savoir que l’action collective en Iran a échoué – confond défaite à court terme et échec, et ignore les traces que ces défaites laissent derrière elles : des personnes radicalisées, des relations sociales altérées et les limites de ce que les États peuvent et ne peuvent pas faire. Les récents mouvements de protestation en Iran n’ont pas renversé la République islamique. Ils ont toutefois redéfini les normes sociales, modifié les calculs politiques et élargi le terrain sur lequel se dérouleront les luttes à venir.
Femme, Vie, Liberté
En 2022, le soulèvement connu mondialement sous le nom de mouvement « Femme, Vie, Liberté » a été déclenché par la mort de Mahsa Jina Amini, une jeune femme kurde sunnite dont le meurtre a eu un retentissement bien au-delà des circonstances immédiates de son arrestation pour ne pas avoir porté correctement le voile. Les manifestations se sont étendues à l’échelle nationale, durant plusieurs semaines, et ont fait face à une répression intense : des centaines de personnes ont été tuées pendant les manifestations, des milliers ont été arrêtées et les mois qui ont suivi ont vu une vague de condamnations à mort.[4]
Les manifestations de 2022 se sont distinguées des épisodes antérieurs non seulement par leur ampleur et leur durée, mais aussi par la convergence de différentes formes d’action collective. Le mouvement était à la fois une manifestation anti-régime, un mouvement de femmes et une mobilisation pour les droits ethniques et des minorités[5]. En tant que manifestation anti-régime, son caractère politique était indéniable. Les slogans dominants – « Mort au dictateur » et « Mort à Khamenei » – visaient l’ensemble du système et ses dirigeants, incarnés par la figure du Guide suprême Ali Khamenei, plutôt qu’une politique ou un grief spécifiques. En tant que mouvement de femmes, il a produit certaines de ses images les plus marquantes et les plus largement diffusées : des femmes se coupant les cheveux et brûlant leurs hijabs en public. Ces actes représentaient un rejet du contrôle de l’État sur leur corps et une affirmation de leur autonomie qui a trouvé un écho mondial. En tant que mobilisation pour les droits des minorités ethniques, l’identité d’Amini en tant que femme kurde sunnite a suscité une mobilisation particulièrement intense dans les régions kurdes et sunnites.[6]
Ces manifestations s’inscrivaient également dans le prolongement de ce que le sociologue Asef Bayat [université de l’Illinois aux Etats-Unis] a qualifié de « non-mouvements » : des formes d’action collective diffuses et non coordonnées[7]. Avant même 2022, les Iraniennes s’étaient engagées depuis des années dans une résistance quotidienne qui s’était accumulée en silence avant d’éclater dans les rues. Des millions d’entre elles ont résisté au port obligatoire du hijab par des pratiques quotidiennes, portant leur foulard de manière lâche, laissant apparaître les cheveux et le maquillage.
Au fil du temps, ces actes de désobéissance de plus en plus nombreus ont été ponctués par des formes d’activisme plus organisées. Par exemple, la campagne « Un million de signatures » lancée par des militantes féministes en 2006 pour réformer les lois familiales discriminatoires à l’égard des femmes a impliqué la formation d’une coalition entre des femmes laïques et religieuses et a réussi à bloquer une législation rétrograde. Dans un autre cas, le fait que Vida Movahed se soit dévoilée en public sur l’avenue de la Révolution à Téhéran en 2017 a inspiré une vague d’actes similaires à travers le pays. Le soulèvement de 2022 s’est inscrit dans le contexte de ces décennies de lutte et a entraîné un passage d’une désobéissance partielle à l’abandon généralisé du hijab dans de nombreux espaces urbains.
L’ampleur de cette transformation a été documentée de manière empirique. Une étude portant sur la présence des femmes sur les réseaux sociaux a révélé que, immédiatement après les manifestations du mouvement « Femme, Vie, Liberté », le nombre de femmes apparaissant sans voile avait augmenté de 24%[8]. Malgré le caractère intransigeant de la loi, ce changement populaire a persisté au cours des années suivantes. La même étude a également révélé que la couverture médiatique des manifestations avait modifié la dynamique au sein des familles : dans les zones où l’activité de protestation était plus intense, les dépenses des ménages se sont déplacées des hommes vers les femmes et les enfants – ce qui témoigne d’un changement du rapport de force au sein de la famille –, suggérant que les conséquences du mouvement se sont étendues non seulement à l’espace public, mais aussi aux dispositions domestiques qui régissent la vie quotidienne.
Les manifestations ont également façonné la dynamique au sein de l’élite politique, bien que le cheminement ne se soit pas fait de manière linéaire, de la protestation à la concession. En mai 2024, la mort inattendue du président iranien Ebrahim Raisi dans un accident d’hélicoptère a provoqué des élections anticipées, créant une opportunité que les manifestations seules n’auraient pas pu offrir. Masoud Pezeshkian – ancien ministre de la Santé sous la présidence de Mohammad Khatami [d’août 1997 à août 2005] et représentant de longue date de Tabriz, lui-même d’origine azérie et kurde – avait été disqualifié par le Conseil des gardiens pour se présenter aux élections législatives de mars 2024, avant d’être autorisé à se présenter à la présidence quelques mois plus tard. Ce revirement était en soi significatif. L’organe de contrôle a revu sa position à la suite des manifestations et du décès d’Ebrahim Raisi, autorisant le seul candidat réformiste en lice à se présenter.
Si l’élection a mis en évidence la désillusion de la population – le premier tour a enregistré le taux de participation le plus bas de l’histoire de la République islamique, alors que des personnalités de tous horizons politiques, dont la lauréate du prix Nobel de la paix Narges Mohammadi, avaient appelé au boycott –, Pezeshkian s’est qualifié pour un second tour face au candidat de la ligne dure Saeed Jalili. Le taux de participation a légèrement augmenté au second tour pour atteindre un peu moins de 50%, certains de ceux qui avaient boycotté le premier tour s’étant rendus aux urnes afin d’éviter une présidence de Jalili[9]. Pezeshkian a remporté le scrutin avec 54% des voix[10]. Sa campagne avait directement exprimé son soutien aux manifestations « Femme, Vie, Liberté » et s’était engagée à s’opposer aux patrouilles chargées de faire respecter le port obligatoire du hijab, forces responsables de l’arrestation et de la mort de Masha Jina Amini. Le mouvement de protestation a façonné le terrain politique sur lequel s’est déroulée l’élection, même s’il n’a pas pu en déterminer entièrement le résultat.
Pezeshkian a nommé un homme politique kurde sunnite au poste de gouverneur de la province du Kurdistan – le premier gouverneur sunnite depuis les tout débuts de la République islamique – et a désigné Abdolkarim Hosseinzadeh au poste de vice-président chargé du développement rural, le premier sunnite jamais nommé à un tel poste dans l’histoire de la République islamique. Dans une démarche sans précédent qui n’avait jamais été utilisée auparavant contre un député démissionnaire, le parlement, dominé par les partisans de la ligne dure, a voté le rejet de la démission d’Hosseinzadeh de son siège parlementaire, une exigence procédurale lui permettant d’accéder au poste exécutif. Mais Pezeshkian a persisté, et en octobre, le parlement a cédé. Il ne s’agissait pas de concessions faciles, imposées d’en haut. Il s’agissait de gains progressifs obtenus grâce à la pression politique et disputés à chaque étape. Bien qu’elles n’aient pas démantelé le système d’exclusion, elles en ont modifié les limites, établissant de nouveaux précédents que les futurs gouvernements ne pourraient pas facilement ignorer.
En 2023–2024, le parlement conservateur a adopté une nouvelle législation visant à alourdir les sanctions en cas de violation du port obligatoire du hijab – une tentative de réaffirmer son contrôle face au non-respect généralisé de cette obligation par les femmes. Pourtant, lors d’un moment révélateur de réajustement interne, Pezeshkian a refusé de signer le projet de loi, avertissant que son application générerait des tensions sociales susceptibles de mettre en péril la stabilité nationale. Dans la pratique, le régime a fait marche arrière : le port obligatoire du hijab reste formellement en vigueur, mais son application est devenue inégale, sélective et, dans de nombreux contextes – tels que les restaurants et même certains rassemblements pro-gouvernementaux –, effectivement suspendue.
C’est précisément la convergence entre soulèvements ponctuels, mobilisation électorale au sein du système, mouvements organisés et semi-organisés, et désobéissance quotidienne diffuse qui a généré une pression sur plusieurs fronts, forçant le régime à s’adapter d’une manière qu’aucune forme d’action isolée n’aurait pu obtenir à elle seule. De plus, la mort de Raisi, qui a fait disparaître non seulement un président en exercice, mais aussi l’un des principaux candidats à la succession d’Ali Khamenei, a redessiné l’équilibre des pouvoirs entre les factions rivales à un moment où la question de la succession exacerbait déjà les rivalités internes et rendait possibles les ajustements de 2024.
Action collective routinière
Un schéma similaire apparaît dans des formes plus routinières d’action collective. Partout en Iran, les travailleurs, les travailleuses, les enseignant·e·s, les retraité·e·s et les infirmiers et infirmières mènent depuis des décennies des manifestations sectorielles soutenues, souvent hebdomadaires, parfois coordonnées entre plusieurs villes. Ces actions dégénèrent rarement en confrontation directe avec les institutions centrales du régime. Elles se heurtent généralement à des niveaux de répression moins élevés : arrestations, harcèlement, violences occasionnelles, mais pas le recours systématique à la force létale observé lors des soulèvements nationaux. C’est précisément parce qu’elles se situent en deçà du seuil de la « menace existentielle » pour le régime qu’elles créent un espace, aussi restreint soit-il, pour l’organisation et la mise en place de réseaux, de routines et de répertoires d’action susceptibles de se propager d’une localité à l’autre, renforçant ainsi leurs capacités au fil du temps. Les recherches montrent que les districts ayant connu des niveaux plus élevés de manifestations sectorielles antérieures étaient plus susceptibles de participer aux mobilisations anti-régime ultérieures en 2018, 2019 et 2022[11]. La conclusion n’est pas que les mouvements sectoriels se transforment en manifestations anti-régime, mais que l’activité de protestation antérieure dans un district est associée à une mobilisation ultérieure plus importante lorsque des soulèvements plus larges se produisent.
Ces résultats illustrent que différentes formes de protestation peuvent se renforcer mutuellement malgré les tensions et les différences dans leurs objectifs et leurs stratégies. Les manifestants sectoriels – travailleurs, enseignants, retraités – ont largement continué à défendre leurs revendications économiques et professionnelles spécifiques plutôt que de rejoindre les soulèvements anti-régime en tant que blocs organisés. Les grèves des travailleurs du pétrole sous contrat de 2022 en solidarité avec les manifestations pour Mahsa Amini ont constitué une exception notable plutôt que la règle, ce qui s’est vérifié même lors des soulèvements de 2026. Ces manifestants opèrent selon ce que le théoricien politique Steven Klein [professeur au King’s College de Londres] et le sociologue Cheol-Sung Lee [université Sogang à Séoul] appellent une « politique d’influence » : ils font pression pour obtenir des revendications concrètes et réalisables – salaires, retraites, liberté d’association, fin des exécutions – tout en évitant délibérément de provoquer les forces de sécurité ou de sombrer dans un affrontement direct avec l’État[12]. Même leurs revendications les plus radicales s’abstiennent d’appeler à la chute immédiate du régime.
L’opposition en faveur d’un changement de régime, en revanche, conçoit sa propre pratique à travers ce que Klein et Lee appellent une « politique d’occupation », c’est-à-dire un mode d’action orienté vers l’escalade, la présence massive dans les rues et la confrontation directe, fondé sur la conviction que le changement nécessite de s’emparer de l’espace politique et de le transformer plutôt que d’exercer une pression depuis l’intérieur de la société civile[13]. Il s’agit là de tactiques différentes qui reflètent des théories fondamentalement différentes sur la manière dont le changement social s’opère. Les manifestants sectoriels peuvent chercher à éviter d’exposer leur mouvement et eux-mêmes à une répression plus sévère en appelant ouvertement au renversement du régime. Ils sont pourtant restés cohérents dans leur critique de la brutalité du régime, en exigeant davantage de libertés et en s’opposant à la fois à la répression intérieure et à l’intervention étrangère et à la guerre.
Reconsidérer l’échec
En Pologne dans les années 1980, ce qui constitue un précédent historique intéressant, le mouvement Solidarnosc n’a pas initialement exigé l’effondrement du régime communiste, non pas parce qu’il acceptait le système, mais parce qu’il reconnaissait les limites imposées par le rapport de force. Sa revendication centrale en 1980 était la légalisation des syndicats indépendants : une concession sans précédent qui a ouvert la voie à des millions de personnes pour s’organiser et pratiquer l’autogestion collective. Bien que ces acquis aient été annulés par la suite, les capacités développées au cours de cette période ont perduré. Lorsque les grèves ont repris en 1989, les réformes négociées ont conduit à des élections qui ont abouti à une victoire décisive, ouvrant la voie à une transformation plus large. À court terme, Solidarnosc aurait pu apparaître comme un échec. Au fil du temps, il est devenu une force centrale de la transition démocratique.
La leçon à en tirer est que des avancées qui ne mènent pas à la chute du régime peuvent être à la fois radicales et déterminantes. Dans le cas de l’Iran, le changement politique pourrait être plus facilement réalisable grâce à l’expansion progressive des forces de la société civile. Lorsque les stratégies fondées sur une escalade immédiate – les guerres à l’étranger en tête – risquent de provoquer une répression, la désescalade, en tant que moyen de préserver et d’étendre les capacités d’action collective, devient une composante essentielle de toute approche viable. Ici, la désescalade n’est pas une démobilisation, mais la promotion de revendications mesurées, le maintien d’une ligne de conduite non violente et le recours à la persuasion plutôt qu’à la coercition. Les militants sectoriels ont adopté cette approche : faire pression pour des revendications importantes – liberté d’expression, Internet libre, liberté de réunion dans les universités et les espaces publics – sans en venir à un affrontement direct avec l’État. Au lieu d’exiger le renversement immédiat du régime, ces mouvements érodent progressivement les conditions qui permettent à l’autoritarisme de perdurer.
De plus, l’exemple polonais illustre pourquoi les mouvements ne devraient pas être évalués uniquement à l’aune de leurs résultats immédiats. Comme le suggèrent à la fois les soulèvements de 2022 et les manifestations sectorielles, l’affirmation selon laquelle rien n’a fonctionné est injustifiée. Définir le succès exclusivement comme l’effondrement immédiat du régime rend invisibles d’autres formes de changement politique, empêchant ainsi des discussions importantes sur la stratégie. Toute stratégie de changement politique doit partir d’une évaluation lucide du régime auquel elle est confrontée. La République islamique n’est pas un système fragile au bord de l’effondrement. C’est un système résilient, doté de la capacité de mobiliser ses partisans et de coordonner sa réponse en temps de crise, caractérisé par une cohésion relativement forte de l’élite et un appareil coercitif à plusieurs niveaux[14]. Ces caractéristiques déterminent la manière dont il réagit à la pression. Dans un tel contexte, une escalade rapide, en particulier si elle est fortement exclusive, est plus susceptible d’entraîner une consolidation qu’une fragmentation, et la guerre actuelle contre l’Iran a peu de chances de faire exception. Au contraire, l’ampleur des destructions causées par la guerre américano-israélienne en cours, ainsi que les formes de militarisation que la guerre tend à engendrer rendent peu probable que la politique iranienne d’après-guerre ressemble à sa trajectoire d’avant-guerre. Les équilibres institutionnels, les alignements sociaux et la marge de manœuvre pour l’action collective pourraient tous être remodelés, probablement de manière plus restreinte.
Et pourtant, les trajectoires passées des manifestations, des mouvements sociaux et de la résistance quotidienne examinées ici restent pertinentes sur les plans analytique et politique. Les mécanismes par lesquels une action collective soutenue remodèle les incitations, repousse les limites et renforce les moyens d’action ne disparaîtront toutefois pas avec le changement des conditions. Quelle que soit la contrainte du contexte d’après-guerre, la question de savoir comment la société iranienne s’organise et construit en vue d’un changement démocratique restera centrale. La réponse ne viendra pas de l’extérieur.
Article publié par Merip-Middle East Research and Information Project le 3 juin 2026 ; traduction rédaction A l’Encontre
Mohammad Ali Kadivar est professeur associé de sociologie et d’études internationales au Boston College.
Notes
[1] Shola Lawal, “Has Trump confirmed Iran’s claim that protesters were US-armed ?,” Al Jazeera, April 6, 2026.
[2] Claire Keenan, “Trump warning over Iran protests ‘reckless’ says foreign minister,” BBC, January 3, 2026.
[3] Hossein Razzaq, « Az ‘Hame Rahha ra Raftim’ ta ‘Faghat Jang Mande’ : Royafurushi-ye Opozisyon-e Bi-Rahbord, » Radio Zamaneh, April 25, 2026. [In Persian]
[4] Human Rights Activists News Agency, Iran Protests 2022—Detailed Report of 82 Days of Nationwide Protests in Iran (2022).
[5] Mahbubeh Moqadam, “Fractal Scaling of Feminist Politics and the Emergence of Woman Life Freedom Movement in Iran,” Social Forces 104/2 (December 2005).
[6] Mohammad Ali Kadivar et al., “Contingency of Structures : Triggers and the Social Geography of Revolutionary Episodes in Iran 2017-2022,” SSRN Electronic Journal.
[7] Asef Bayat. Life as Politics : How Ordinary People Change the Middle East (Stanford : Stanford University Press, 2013).
[8] Avenia Ghazarian, “Veils of Change : The Anatomy of Social Transformation in Post-Protest Iran,” Working paper.
[9] Farnaz Fassihi, “Reformist Candidate Wins Iran’s Presidential Election,” The New York Times, July 5, 2024.
[10] Ibid.
[11] Mohammad Ali Kadivar et al., “Contingency of Structures : Triggers and the Social Geography of Revolutionary Episodes in Iran 2017-2022,” SSRN Electronic Journal (December 2025).
[12] Steven Klein and Cheol-Sung Lee, “Towards a Dynamic Theory of Civil Society : The Politics of Forward and Backward Infiltration,” Sociological Theory 37/1 (March 2019).
[13] Ibid.
[14] Steven Levitsky and Lucan Way, Revolution and Dictatorship : The Violent Origins of Durable Authoritarianism (Princeton : Princeton University Press, 2022).


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