Le projet de loi C-484 vise de façon détournée à interdire l’avortement. Il va modifier le Code criminel et faire reconnaître comme une infraction le fait de blesser ou de causer la mort d’un enfant non encore né, donc du fœtus. Bien que les défenseurs de ce projet de loi déclarent vouloir mieux protéger les femmes enceintes contre la violence, le cœur de l’enjeu est la reconnaissance des droits du fœtus. À l’heure actuelle, la définition d’un être humain se lit comme suit : « Un enfant devient un être humain que lorsqu’il est complètement sorti, vivant, du sein de sa mère ». L’adoption du projet de loi C-484 aurait pour effet d’ouvrir une brèche pour modifier cette définition et ainsi donner un statut juridique au fœtus, ce qui risque également de mener vers la recriminalisation de l’avortement.
« Le chef libéral doit prendre ses responsabilités et donner des directives claires à ses troupes lors du prochain vote pour défaire ce projet de loi rétrograde », a déclaré la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.
« Alors que nous venons à peine de célébrer le 20e anniversaire de la décriminalisation de l’avortement, nous devons plus que jamais nous mobiliser pour préserver cet acquis qui est encore fragile. Il s’agit d’un droit gagné de haute lutte par les femmes. Un retour à des politiques de droite dans une société moderne et démocratique est tout à fait inacceptable », affirme la leader syndicale.
La CSN a donc décidé d’appuyer la campagne que mène la Fédération québécoise pour le planning des naissances (FQPN) et d’inviter ses membres à signifier leur opposition au projet de loi en envoyant une lettre au Comité permanent de la justice et des droits de la personne, à leur député fédéral, au ministre de la Justice ou au premier ministre Stephen Harper.
La Confédération des syndicats nationaux compte plus de 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les types de milieux de travail, tant dans le secteur privé que dans le secteur public.
Source : CSN - 15 avril 2008

