Dénoncer l’écocide capitaliste présuppose de prendre la mesure de ce dernier. Dans ce but, ce premier tome commence par un état des lieux de la catastrophe écologique planétaire dans laquelle le capitalisme nous a engagés : changement climatique, atteintes multiples aux milieux naturels globaux (océans, zones humides, forêts), dégradation des éléments (terre, eaux, air, énergie), appauvrissement de la biodiversité, menaces réitérées sur la santé humaine.
Ce constat alarmant, déjà dressé aux débuts des années 1970 par le rapport Meadows sur« les limites à la croissance », nous avait alors valu la promesse d’un « développement durable ». Ce tome en établit le bilan peu glorieux, illustré notamment par l’échec manifeste de la « lutte » contre le changement climatique conduite sous l’égide de l’ONU qui, de procrastination en sabotage, n’aura fait que servir de paravent à l’augmentation continue des émissions des gaz à effet de serre.
Tout aussi inefficaces s’avèrent les solutions faisant appel au marché (marchés du carbone, marchés de compensation écologique) ou aux innovations techniques (énergies « renouvelables », captage et stockage du carbone, biocarburants, voitures électriques, etc.), qui au mieux ne sont pas à la hauteur des problèmes qu’elles prétendent résoudre, quand elles ne les aggravent pas purement et simplement. Ne reste plus alors qu’à s’adapter à la catastrophe ou à en dénier l’existence, ou encore à attendre cyniquement que son œuvre mortifère s’accomplisse en espérant en réchapper. (L’édocide capitaliste, quatrième de couverture, Volume 1/3)

