Les quelque 2500 membres des syndicats CSN des trois casinos situés respectivement au Lac-Leamy dans l’Outaouais, à La Malbaie dans Charlevoix et à Montréal revendiquent auprès de leur employeur, la Société des casinos du Québec, la mise en place d’une table centrale de négociations pour convenir de conditions de travail communes concernant les salaires, le régime de retraite et les primes. Ils comptent aussi coordonner leurs activités de négociation à leur table locale respective concernant la sous-traitance, l’assurance collective et la durée de leur contrat de travail.
À Montréal aujourd’hui, les représentants du Syndicat des employé-es de la Société des casinos du Québec (CSN) de Montréal demandent à leur employeur unique de procéder rapidement. « Nos conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2007 et les dépôts de nos projets de convention collective remontent en juin dernier », soulignent David Santos, président de l’unité générale, José Oliveira, président de l’unité resto et Stéphane Giroux, président de l’unité sécurité. « Nos demandes sont connues depuis plusieurs mois maintenant incluant celles relatives à la négociation regroupée. Les négociations sont engagées depuis octobre. Nous voulons en arriver à un règlement satisfaisant pour nos membres dans les plus brefs délais », poursuivent-ils.
Négocier de façon regroupée
Les syndicats CSN de Montréal, de Charlevoix et de Lac-Leamy affirment aujourd’hui cette volonté ferme de négocier de façon regroupée parce que sur questions, notamment celles qui font objet de ce projet de table centrale et de négociations coordonnées, les conditions de travail sont essentiellement les mêmes. Ainsi en est-il de la grande majorité des échelles salariales et des augmentations de salaires annuelles applicables à ces échelles. Les dispositions du régime de retraite sont identiques dans les trois casinos, le régime d’assurance collective comporte les mêmes caractéristiques.
Principales revendications
La dernière convention collective au casino de Montréal ayant été négociée en 2003, les syndiqués CSN de Montréal, à l’instar de leurs camarades syndiqués CSN aux casinos du Lac-Leamy et de Charlevoix, ont déposé plusieurs demandes visant à traiter des besoins les plus importants d’amélioration de leur conditions de travail, le tout après des consultations dans les départements et des votes en assemblée générale de leur syndicat respectif.
Parmi celles-ci, mentionnons des demandes communes visant à restreindre davantage la sous-traitance dans les casinos et à garantir une meilleure protection de nos emplois. Disponibilité des différentes catégories de personnel (temps partiels, temps partiels à horaire variable, occasionnels, etc) et attribution des heures de travail ; amélioration des régimes de congés applicables, majoration de la contribution de l’employeur à l’assurance collective font aussi partie des projets syndicaux de convention collective. Le cahier syndical comporte par ailleurs une revendication visant l’instauration d’un régime de retraite à prestations déterminées à l’image de ce qui existe dans la vaste majorité des autres sociétés d’État québécoises en remplacement du régime actuel à cotisations déterminées.
Quant aux salaires, les syndiqués CSN des trois casinos réclament une hausse annuelle de salaire de 3,75 % pour chacune des trois années de la convention collective et un relèvement substantiel du niveau actuel des primes.
Précisons que chaque syndicat mène aussi des négociations locales sur divers enjeux relatifs à des conditions de travail qui leur sont spécifiques (entre autres, les mouvements de personnel et l’assignation des horaires de travail).
Une demande légitime
« Il est tout à fait légitime que les employé-es de la Société des casinos du Québec de Montréal, de Gatineau et de Charlevoix réclament la mise en place d’un mécanisme unique de négociation pour disposer des salaires, du régime de retraite et des primes. Après tout, ils ont le même employeur ! » affirme la présidente de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP) à laquelle est affilié le syndicat, Mme Ginette Guérin. Elle précise qu’il est d’ailleurs de l’intérêt de l’employeur aussi de convenir en un seul lieu ou dans le cadre d’un seul processus d’un ensemble de conditions de travail, qui de toutes façons, sera le même pour tout le monde. « C’est une question d’efficacité et de cohésion dans les relations de travail », fait-elle valoir.
Par ailleurs, le président du Conseil central du Montréal métropolitain, monsieur Gaétan Châteauneuf, soutient que « les employé-es ont tout avantage à se regrouper. Par le fait même, ils sont en mesure de négocier de meilleurs avantages. »
Les syndicats CSN votent en faveur de moyens de pression
Par ailleurs, réunis en assemblée générale à Montréal le 7 avril dernier, les membres du Syndicat des employé-es de la Société des casinos du Québec (CSN) ont voté en faveur du déclenchement de moyens de pression, excluant la grève, au moment jugé opportun par leur comité de négociation. Des assemblées générales tenues à Lac-Leamy le jeudi 10 avril et dans Charlevoix hier ont conduit à des votes identiques mandatant les directions syndicales locales dans le même sens.
Pour les présidents des trois unités CSN du Casino de Montréal qui regroupent quelque 1800 membres, « la négociation regroupée, c’est notre combinaison gagnante ! »
Signalons que les représentants des syndicats CSN oeuvrant pour la Société des casinos du Québec tiennent également des conférences de presse simultanément à Montréal, dans Charlevoix et à Gatineau.
La Société des casinos du Québec
Filiale de Loto-Québec, cette Société a accumulé des revenus de 758,2 M$ en 2006-2007 (rapport annuel Loto-Québec), dont 506,4 M$ à Montréal. Toujours selon ce même rapport annuel, la Société a contribué pour plus de 17 % du bénéfice net consolidé de Loto-Québec, soit une somme plus de 250 M$. Cette société emploie plus de 5500 personnes.
Source : CSN - 16 avril 2008

