Édition du 15 juin 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

Mémoire

Sortir de la dépendance au pétrole. Ça commence maintenant. La question des oléoducs

Préface - introduction et conclusion

Presenté a la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec
par Québec soldaire Laurentides, 20 septembre 2013

Préface

Le présent mémoire présenté par Québec solidaire Laurendides vient du souci des citoyens et citoyennes engagées que nous sommes de partager avec la Commission nos préoccupations en ce qui a trait à l’autonomie énergétique du Quebec et plus particulièrement à la question des oléoducs qui traversent nos territoires.

Marquons notre différence. Quebec solidaire reconnait que les changements climatiques existent et qu’ils sont un enjeu dont on ne peut faire fi dans un débat sur l’avenir énergétique. Nous reconnaissons qu’ils sont la conséquence des émissions anthropiques de gaz a effet de serre (GES) et que les concentrations atmosphériques de GES ont atteint des niveaux jamais enregistrés dans l’histoire géologique connue- soit 800 000 ans.

Nous constatons que les conséquences des changements climatiques se font déjà sentir. La température de l’air et des mers est en hausse, la banquise arctique rapetisse d’année en année. Des chercheurs estimaient en 2002 à 25 millions le nombre des refugiés environnementaux, et surtout que ce nombre augmenterait à 300 millions avec une hausse de 1 mètre du niveau des mers . Notre dépendance a des conséquences majeures qu ’il faut reconnaitre.

Québec solidaire Laurentides, fondé le 15 avril 2006 regroupe les membres de Québec solidaire de huit circonscriptions : Argenteuil. Bertrand, Blainville, Deux-Montagnes, Groulx, Labelle, Mirabel, St-Jérôme.
Québec solidaire appuie les mouvements citoyens ayant a coeur la protection de l’environnement dans les Laurentides.

Or, on le sait, en 2011, au Québec, 45% de nos émissions provenaient du transport, encore presque totalement basé sur l’utilisation du pétrole . D’autres porteront cet argument de façon plus précise et convaincante que nous, pour notre part, nous nous concentrerons sur l ’autonomie énergétique et les oléoducs.

L’autonomie énergétique du Québec exige donc que nous sortions de notre dépendance au pétrole le plus rapidement possible. Ce virage ne peut se faire d’un seul coup.

C’est petit à petit que nous y parviendrons. Tout de même, c’est un virage qu’il faut amorcer dès maintenant en développant des énergies propres.

Introduction

Dans un contexte où l’enjeu prioritaire pour l’industrie pétrolière est la diversification des débauchés et, en conséquence, la multiplication des infrastructures de transport du pétrole, les citoyennes et citoyens des Laurentides sont de plus en plus inquiets. Deux compagnies ayant des projets d’oléoducs sur le territoire des Laurentides sont au cœur des discussions : Enbridge et TransCanada Pipeline.

Dans le cadre de cette Commission sur les enjeux énergétiques du Québec, c’est de ces deux oléoducs dont nous traiterons aujourd’hui. D’une part, la ligne 9b de l’oléoduc d’Enbridge et, d’autre part, le projet de construction d’un nouveau pipeline par TransCanada Pipeline dont le tracé serait parallèle et connexe (voire dans la même tranchée) que celui d’Enbridge.

Nous proposons à la Commission quelques recommandations concernant les oléoducs qui traversent ou que l’on projette de faire traverser notre terri toire et aussi d’autres régions du Québec.

Nous conclurons en réitérant la nécessité pour le gouvernement du Québec de prendre position en faveur d’un virage énergétique vert dès maintenant.

(...)

Conclusion

Nous avons fait la démonstration devant la Commission qu’on ne peut pas confier à Enbridge la qualité et la viabilité de nos terres agricoles ni d’ailleurs laisser Enbridge transporter son pipeline sur le territoire québécois, peu importe la région, pas plus qu’on ne peut prendre le risque avec TransCanada Pipeline.

A Québec solidaire, il nous apparait indispensable de développer une politique énergétique nationale verte qui vise l’autonomie du Québec. Cela passe par la mise en place maintenant des mesures efficaces pour sortir de notre dépendance au pétrole.

Depuis plusieurs années, le contexte économique local et mondial a changé radicalement. Les producteurs et promoteurs des énergies fossiles ont su développer notre dépendance de plus en plus grande à ce type d’énergie et, disons-le, ont su habilement convaincre des pans entiers de la population que cela est « bon » pour nous. Cependant, nous ne sommes pas dupes. Ce développement s’est fait au détriment de notre qualité de vie. II a des conséquences sur notre vie au quotidien. A titre d’exemple, il contribue à rendre notre hydro-électricité moins compétitive et crée une surproduction locale parce que nous sommes dépendants des ces énergies pour le transport, le chauffage, le fonctionnement de nos usines, etc...

Le gouvernement du Québec se doit d’être responsable. II est urgent de réduire nos émissions de gaz à effet de serre pour stopper les changements climatiques. Notre mode de vie, notre dépendance, auront comme conséquence de pousser à !’extinction les cultures insulaires du Pacifique sud et des grands deltas de l’océan Indien, alors qu’en parallèle nous nous efforçons, au Québec, de faire survivre notre culture parce que sa particularité, parce que sa différence a une valeur intrinsèque.

Le gouvernement du Québec se doit aussi d’être réaliste, pour notre balance commerciale il est catastrophique d’importer tant de pétrole -17 milliards par année-alors qu’Hydro-Québec a d’immenses surplus d’électricité. Le gouvernement du Québec doit refuser d’être le « porteur d’eau » de l’industrie pétrolière.

Les catastrophes pétrolières ont été assez nombreuses. Ça suffit ! Elles devraient nous pousser à amorcer sans délai la nécessaire transition vers la sobriété énergétique, vers des sources d’énergie propres, renouvelables et sécuritaires.

Pour Québec solidaire Laurentides, le gouvernement doit choisir : exposer la population à de nouvelles catastrophes ou prendre une voie plus respectueuse de l’environnement et menant à la prospérité partagée. Bien sûr, nous plaidons en faveur de cette
deuxième option, c’est pourquoi il faut s’opposer au renversement du flux du pipeline 9b d’Enbridge et au développement du pipeline de TransCanada.

Contrairement à ce qu ’on tente de nous faire croire, la plus grande partie du pétrole qui transiterait par le Québec, si on allait de l’avant avec Enbridge et TransCanada Pipeline serait destinée à !’exportation et non pas à la consommation intérieure. Ce ne sont pas des projets visant à augmenter la sécurité énergétique du Québec.

L’essence de notre message, aujourd’hui, est qu’il faut sortir du noir, choisir l’or vert. Ça commence maintenant. Entamons une vraie transition : disons NON aux oléoducs aujourd’hui.

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