Édition du 19 novembre 2019

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Une situation problématique en éducation dans la région des Laurentides : des résultats parmi les plus faibles au Québec pour la diplomation et le décrochage

Sainte-Adèle, le 22 avril 2008. – « En matière d’éducation, le faible taux de diplomation et le taux de décrochage supérieur à la moyenne québécoise constituent les principaux défis que doit relever la région des Laurentides. Les résultats de cette région pour la diplomation et le décrochage sont parmi les plus faibles au Québec et il est évident que la situation est très problématique et que des efforts particuliers devront être faits pour renverser la tendance actuelle. »

Tel est le constat effectué aujourd’hui par le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Réjean Parent, à l’occasion d’une conférence de presse qui se tenait à Sainte-Adèle et qui avait pour but de faire le point sur l’état de l’éducation dans la région des Laurentides. Les Laurentides sont la quatrième région visitée par la CSQ dans le cadre d’une importante campagne nationale qui fera le tour du Québec et qui a pour objectif de brosser le portrait de l’état de notre système d’éducation. Des mesures concrètes devraient également être proposées pour améliorer la situation.

Aujourd’hui, à Sainte-Adèle, le président de la CSQ, M. Réjean Parent, était accompagné, entre autres, de la vice-présidente de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), Mme Joanne Quévillon, du vice-président de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur, M. Pierre Séguin, et du président du Syndicat des enseignantes et enseignants des Laurentides et porte-parole régional de la campagne des Rendez-vous CSQ de l’éducation 2008, M. Raymond Hamelin.

Le point sur la diplomation et le décrochage

M. Réjean Parent soutient que le faible taux de diplomation chez les jeunes de moins de 20 ans dans les Laurentides est d’autant plus inquiétant qu’il chute encore plus depuis l’an 2000.

« En 2006, le taux de diplomation avant l’âge de 20 ans se retrouvait à 11,7 points de pourcentage en dessous de la moyenne québécoise. Dans l’ensemble du Québec, seule la région du Nord-du-Québec affiche une pire performance. Il y a donc là un problème réel qui interpelle l’ensemble des acteurs en éducation de cette région. Et ça ne va guère mieux avec le taux de décrochage qui est constamment supérieur à la moyenne québécoise qui était de 24,2 % en 2006. Il faut préciser cependant qu’il tend à diminuer depuis 2001, alors qu’il se situait à 36.4 % et est passé à 33,1 % en 2006 », explique le président de la CSQ.

Une région en forte croissance démographique

D’autre part, M. Réjean Parent mentionne que d’importants changements démographiques surviendront au cours des prochaines années dans les Laurentides qui auront évidemment des conséquences sur l’effectif scolaire.

« Les Laurentides constituent déjà la quatrième région la plus peuplée du Québec et cette région n’a pas fini de voir sa population croître. En effet, parmi les régions en croissance démographique, c’est cette région qui devrait connaître la plus forte des croissances anticipées. L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) prévoit une augmentation de la population de l’ordre de 29 % pour la période 2001-2026, soit 126 000 habitants de plus », mentionne M. Réjean Parent.

Les conséquences sur l’effectif scolaire

Toutefois, cette croissance de la population n’aura pas d’effets positifs immédiats sur le nombre de jeunes fréquentant les établissements d’enseignement de la région, puisque ce phénomène démographique sera ralenti par un autre, soit le vieillissement de la population.

« En 2004-2005, on dénombrait dans les établissements d’enseignement des Laurentides 72 273 jeunes de l’éducation préscolaire, de l’enseignement primaire et secondaire, et ce, tant au public qu’au privé. On note toutefois qu’un déclin de l’effectif scolaire est déjà amorcé et la région perdra environ 1 000 jeunes par année de 2006 à 2010. La baisse annuelle sera réduite à environ une centaine de jeunes entre 2010 et 2014, après quoi on anticipe un retour à la croissance de l’effectif en formation générale des jeunes jusqu’en 2020. L’effectif scolaire devrait alors atteindre 70 041 jeunes, soit 2 232 de moins qu’en 2004-2005 », argumente le président de la CSQ.

Une évolution différente du côté collégial

Du côté collégial, l’évolution de l’effectif sera quelque peu différente puisqu’il devrait connaître une augmentation jusqu’en 2011, pour ensuite décroître jusqu’en 2015. Mais le nombre total d’étudiants à cette date, soit 8 330 étudiants à temps plein inscrits, demeurera encore plus élevé que le nombre total enregistré en 2006, qui était de 7 587. Un sommet devrait être atteint en 2011, avec 9 611 étudiants inscrits à temps plein. Il faut préciser que le secteur préuniversitaire connaîtra une croissance plus rapide que le secteur technique.

Une région mal desservie pour l’offre postsecondaire

Dans un autre ordre d’idées, le président de la CSQ, M. Réjean Parent, déplore que la région des Laurentides, compte tenu de sa population importante, soit particulièrement mal desservie en ce qui a trait aux établissements postsecondaires. La situation tend toutefois à s’améliorer avec la création d’un campus du cégep de Saint-Jérôme à Mont-Tremblant.

« Avec une population totale de plus d’un demi-million d’habitants, la région des Laurentides ne compte que deux cégeps et aucune université. Le moins que l’on puisse dire est qu’il s’agit là d’un ratio très faible comparativement à ce que l’on voit dans d’autres régions moins populeuses », constate M. Réjean Parent.

Une offre de services à améliorer pour l’éducation des adultes

Le porte-parole syndical croit que la région aurait également intérêt à améliorer son offre de service pour ce qui est de l’éducation des adultes.

« Compte tenu de l’étendue de la région des Laurentides et de son importante population, la présence de seulement cinq centres d’éducation des adultes apparaît insuffisante. D’autant plus que la migration des habitants d’autres régions vers les Laurentides, combinée au vieillissement de la population de la région, risque d’accroître les besoins pour l’éducation des adultes. Un important défi auquel cette région devra faire face et pour lequel elle ne semble pas tout à fait prête », conclut le président de la CSQ, M. Réjean Parent.

Mots-clés : Communiqués

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