Jour après jour, le " concours " pour le contrôle de l’aluminium tient un rôle prépondérant dans les places financières du monde entier. Premières victimes programmées : l’emploi et les sites industriels.
FO Métaux n°464
La bataille continue de faire rage pour le contrôle du secteur de l’emballage. Rio Tinto nouveau propriétaire d’Alcan ( regroupant les ex-Pechiney, ex-Alusuisse et ex-VAW) est lui aussi pris dans la tourmente, malgré des résultats financiers pharaoniques (bénéfice net pour l’année 2007 de 7,5 milliards de dollars). Le groupe BHP, et d’autres " prédateurs ", se sont lancés dans la course. En dehors des considérations financières et spéculatives à court terme, une volonté géopolitique pour contrôler les matières premières industrielles est également à prendre en compte. Le groupe chinois Chinalco et l’Américain Alcoa ont acheté 12% des titres de Rio Tinto. D’autres mouvements s’opèrent en permanence avec des entreprises comme Vale ou Xstrata. Alors que chaque jour de nouveaux acteurs qui s’ajoutent à la liste déjà longue, les préoccupations du secteur sont désormais très loins des activités et emplois industriels français ou européens.
Première conséquence : les 26 000 salariés européens et 14 000 salariés français du groupe Alcan voient leurs inquiétudes grandir. Fragilisés par les changements de propriétaires successifs et l’effet d’annonce permanent, ce ne sont pas les propos tenus par la direction de Rio Tinto, le 21 février au Comité Européen extraordinaire, qui vont les rassurer. En effet, les ventes en bloc annoncées pour le secteur emballage et le secteur des produits usinés, ne sont plus de mise pour la direction, qui reprend elle-même la main sur la conduite des cessions. A quelle sauce ces établissements vont-ils désormais être mangés ?
La négociation concernant la vente de l’emballage, qui devait être rapide et en bloc, ayant échoué, pour la direction de Rio Tinto seule la valeur des actifs à céder compte désormais. Elle a affirmé n’écarter aucune solution, que ce soit la vente par globale ou par " morceaux ", sans rechercher de sens et des garanties de pérennité pour les productions ou l’emploi.
Ce climat d’incertitude affecte directement les activités de l’emballage qui ont pourtant besoin d’une très forte réactivité sur les choix d’investissements et de stratégies.
FO et les autres représentants des salariés au Comité Européen ont une nouvelle fois dénoncé ce constat. Ils ont également demandé, par l’intermédiaire d’une déclaration, à être informés des différentes hypothèses des ventes ainsi que de bénéficier de toutes autres informations permettant d’examiner et de mesurer les conséquences industrielles et sociales pour les salariés. De plus, les organisations syndicales ont de nouveau exigé la création d’un fonds de garanties financières, industrielles et sociales financé par Rio Tinto ainsi que le recours à l’expert économique du Comité pour les assister dans leurs réflexions. La direction s’est engagée à répondre à ces interpellations d’ici le 15 mars.
FO et les autres organisations ont décidé de continuer leur action. La mobilisation doit désormais être organisée à l’échelle européenne. Pour FO, les pouvoirs publics français et européens doivent intervenir dans ce dossier. Une journée d’action est prévue pour le 23 avril.
Accord de salaires
Malgré les difficultés, la pratique contractuelle continue de fonctionner au sein du groupe. Chez Alcan Rhenalu, FO a signé un accord de salaires portant sur 2,6% d’augmentation générale et 0,9% pour les augmentations individuelles. De plus, les ouvriers, administratifs-techniciens et agents de maîtrise bénéficieront d’une prime exceptionnelle de 130 euros brut.
Source : http://www.force-ouvriere.fr/

