Édition du 21 septembre 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Acheter usagé… pourquoi pas !

Avec l’arrivée du printemps, vient le temps des grands ménages et du désencombrement. Avez-vous pensé donner vos surplus à un organisme qui les revalorisera ? Si oui, c’est excellent. Toutefois, quand vous avez besoin d’un objet, avez-vous songé à vous le procurer dans une version usagée. Ce comportement est cependant essentiel pour mieux équilibrer la rentrée et la sortie des objets dans les commerces d’usager.

Si les gens connaissaient les avantages d’acheter des objets usagés, ils en profiteraient plus souvent. Le principal gain est qu’il n’est pas rare de payer 20 à 30% du prix du neuf pour un objet qui a déjà servi. De plus, le choix est souvent plus grand dans un magasin de seconde main que dans une boutique mode. On y découvre « des petits trésors », particulièrement dans le linge d’enfants et les jouets. Cette pratique est également meilleure pour l’environnement. En effet, il y a réduction de l’usage de ressources, d’énergie et de pollution, diminution également du transport et des déchets. Sur le plan social, cela permet à des organismes communautaires de se financer et à des petits commerçants de gagner leur vie. Finalement, pour ceux qui veulent acheter québécois, c’est une façon détournée d’y arriver, même si c’est marqué « fabriqué en Chine ».

Il y a plusieurs façons de se procurer des objets usagés. Mentionnons les marchés aux puces, ventes de garage, bazars, encans, comptoirs caritatifs, friperies, ressourceries et autres magasins de surplus domestiques, annonces classées, babillards et finalement les différents véhicules sur Internet principalement « Les Pacs » et « Kijiji ».

Mentionnons que les mêmes moyens cités ci-haut peuvent être utilisés pour vendre les objets que l’on a en surplus. De plus, lorsqu’on ne veut pas se donner la peine de vendre, on peut simplement mettre l’objet au bord de la rue avec une inscription « À donner ». C’est étonnant de constater comment presque tout disparaît vite.

Bien sûr, l’achat d’objets usagés nécessite plus de démarches, de vaincre le fouillis de certains magasins seconde main, d’envisager du nettoyage et des réparations, de composer avec moins de garantie. Toutefois, le plus grand handicap est d’avoir à subir la concurrence des objets neufs, si peu chers. En effet, avec l’affaissement du prix des matières premières et les salaires démesurément bas versés aux travailleurs des pays en voie d’industrialisation, les objets neufs se vendent souvent à vil prix dans nos magasins. Il devient alors difficilement justifiable de faire réparer des objets comme un grille-pain ou une imprimante d’ordinateur, alors qu’on peut s’en procurer un neuf pour un montant équivalent à celui d’une réparation. Quel gaspillage !

Personnellement j’achète beaucoup usagé. La plupart de mes achats importants commencent par une recherche dans des catalogues ou sur le site web de certains magasins pour connaître le prix et les caractéristiques de l’objet neuf. Ensuite, je fais le tour, par téléphone, des marchands de seconde main, à l’aide du bottin du réemploi publié par la Communauté Métropolitaine de Québec. Lorsque l’objet en bon état et à bon prix est repéré, je fais des visites. S’il n’est pas trouvé de cette façon ou en consultant les annonces classées chez Les Pacs.com et Kijiji,, je poursuis en faisant passer moi-même une annonce dans la rubrique « recherche ». J’ai déjà ainsi trouvé des instruments de musique, matériaux de construction, etc.

Le domaine de l’usager a grand besoin de promotion. Ce n’est qu’en faisant connaître ses avantages et en combattant les préjugés qui y sont associés, que cette alternative aux achats commerciaux conventionnels se développera pour atteindre un certain équilibre entre les objets reçu et vendus par les organismes caritatifs.

Pour ma part, je me réjouis régulièrement de l’augmentation de mon niveau de vie et du sentiment de cohérence avec mes valeurs environnementales, grâce à ce moyen relativement facile. La découverte de l’objet convoité dans une version usagée est, de plus, devenu pour moi un vrai défi et un réel plaisir.

Pascal Grenier, simplicitaire

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