Montréal, le 15 février 2008 - L’Association pour une Solidarité
Syndicale Étudiante (ASSÉ) rappelle à la ministre de l’Éducation, du
Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, que les frais afférents sont la
marque du sous-financement en éducation, aggravé par son gouvernement.
Quelles que soient les mesures proposées par le gouvernement, ce n’est
pas par une tentative d’encadrement de ces frais que le gouvernement
résoudra la crise du sous-financement. Un réinvestissement massif en
éducation pour atteindre la gratuité scolaire demeure la seule option
viable pour les étudiants et étudiantes. Alors que la FEUQ participe à
la gestion de coupures du gouvernement, l’ASSÉ poursuit sa mobilisation
et se prépare activement en vue de la manifestation nationale du 21
février prochain, à Québec.
Suite à l’annonce de la ministre Courchesne d’encadrer les hausses de
frais afférents des universités québécoises, l’ASSÉ tient à lui rappeler
que ces frais illégitimes marquent le sous-financement en éducation
causé par ce gouvernement et les précédents. « Les frais afférents
montrent à quel point les administrations des cégeps et universités
doivent multiplier les entourloupes pour maintenir des services en
décrépitude. De plus, la plus récente vague de hausse massive des frais
afférents n’est en rien endiguée par la « solution » amenée par la
ministre. » explique Hubert Gendron-Blais, porte-parole de l’ASSÉ.
Rappelons que durant la dernière année, ces frais ont augmenté de 80 $
(300 $ supplémentaire pour les cycles supérieurs) à l’UQÀM, ainsi que de
280 à 560 $ à l’Université de Montréal, et de 100 $ à l’Université Laval
dès la prochaine session.
Alors que l’ASSÉ revendique l’abolition des frais afférents depuis 2003,
le gouvernement québécois semble réaliser depuis moins d’un an seulement que ces frais viennent restreindre l’accès à l’éducation
post-secondaire. Pour sa part, la Fédération étudiante universitaire du
Québec (FEUQ) se résigne à participer à la gestion de coupures
gouvernementales, réalisant enfin que le « gel » qu’elle disait avoir
obtenu avait ouvert la porte aux bourgeonnements des frais afférents.
Dans les deux cas, les solutions amenées par ces institutions
corporatistes ne visent en aucun cas une diminution notable des frais
existants, et laissent carrément de coté les établissements collégiaux
qui imposent eux aussi des frais afférents aux étudiants et étudiantes,
prises à la gorge par le sous-financement découlant de
l’irresponsabilité gouvernementale.
La « consultation sur l’encadrement des frais obligatoires dans les
universités » amenée par la ministre en août dernier n’aura donc servi
qu’à camoufler le dégel des frais de scolarité en laissant entendre que
le gouvernement se souciait de l’accessibilité à l’éducation. L’ASSÉ lui
a fait parvenir son Mémoire sur la gratuité scolaire : pour
l’accessibilité du savoir (disponible au www.gratuitescolaire.info) pour
signifier clairement que cette solution est la seule viable pour les
étudiants et étudiantes. La pauvreté du processus consultatif et le
mépris de la ministre à l’égard de la mobilisation étudiante nous
laissaient présager depuis longtemps que le gouvernement tenterait de
calmer le jeu avec des réformettes qui ne résolvent en rien le problème
du sous-financement.
Les associations étudiantes membres de l’ASSÉ se réunissent en fin de
semaine à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) pour un Congrès qui sera déterminant sur l’avenir de la mobilisation étudiante pour cette
session. « Après avoir haussé les frais de scolarité, confirmé son
désengagement dans le financement de l’éducation et tenté de détourner l’attention du débat de fond par des mesures insignifiantes, ce
gouvernement nous confirme que l’éducation post-secondaire n’est pas une priorité sociale : c’est pourquoi nous poursuivons notre lutte en allant manifester notre mécontentement le 21 février prochain, à Québec » conclut Hubert Gendron-Blais.
Seule association étudiante nationale comprenant des membres de tous les cycles d’enseignement supérieur confondus, l’ASSÉ regroupe actuellement 42 000 membres dans les cégeps et les universités du Québec. Elle milite depuis sa création pour la gratuité scolaire à tous les niveaux.

