Édition du 3 décembre 2019

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Culture et matérialisme de Raymond Williams

Les Éditions Lux publiaient récemment Culture et matérialisme, une série de textes de Raymond Wiliams. Celui-ci, britannique, est au coeur de la refondation du marxisme anglais, de la publication de la New Left Review et de ce qu’on appelle les Cultural Studies. L’analyse des faits et phénomènes culturels inspirée du marxisme fut l’une des plus importante contribution de Williams et de ses collègues (Stuart Hall, E.P. Thompson, John Saville, Raphael Samuel, Perry Anderson, etc.).

Les Éditions Lux publiaient récemment Culture et matérialisme, une série de textes de Raymond Wiliams. Celui-ci, britannique, est au coeur de la refondation du marxisme anglais, de la publication de la New Left Review et de ce qu’on appelle les Cultural Studies. L’analyse des faits et phénomènes culturels inspirée du marxisme fut l’une des plus importante contribution de Williams et de ses collègues (Stuart Hall, E.P. Thompson, John Saville, Raphael Samuel, Perry Anderson, etc.).

Dès Culture and society 1780-1950, Williams entend reprendre la critique culturelle anglaise de la civilisation capitaliste et industrielle dans une perspective romantique, la nostalgie d’un passé socioculturel mis à bas par la modernité industrielle avec ces valeurs commerciales et mécaniques. Ainsi tout un courant de pensée s’oppose radicalement à la nouvelle société issue de la révolution industrielle. Il s’oppose à la dégradation mercantile de la culture.

Dans Culture et matérialisme, nous retrouvons une série de textes portant sur différents aspects de la culture pervertie par le capitalisme. Le livre couvre une série de sujets allant de l’analyse de la théorie marsixte des superstructures, du rôle de la publicité dans les rapports marchands, de l’avant-garde artisitque, le darwinisme social et les moyens de communication.

Plusieurs apports théoriques importants sont présents dans ces textes : une importante critique du darwinisme social (seuls les forts doivent survivre), fort actuelle dans le contexte de capitalisme néolibéral mondialisé et à l’accélération des concurences ; l’analyse de la publicité non seulement comme art trompeur et envahissant mais surtout comme miroir artificiel de la société capitaliste menant une guerre psychologique sur les personnes ; l’étude de la culture « non comme une figure de l’esprit ou de simples idées mais comme un ensemble de pratiques et d’institutions en rapport étroit avec les classes sociales ».

Il ne faudrait passer sous silence l’introduction d’Anouk Bélanger qui replace de manière intéressante la place de Williams dans l’ensemble des théoriciens du sujet expliquant la démarche de Williams comme un dépassement marxiste du marxisme : « l’une des interventions originales de Williams consiste à mobiliser les théories marxistes pour comprendre la culture et ce, dans un contexte où les intellectuels de gauche , dans le débat qui oppose la base matérielle de l’économie à la culture, ont relégué cette dernière à un simple reflet de l’autre ».

À lire

Raymond Williams, Culture et matérialisme, Lux éditeur, coll. Humanités, 2010, 253 pages

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