Des propriétaires qui en veulent toujours plus et qui, pour certains, négocient de moins en moins. Des marchés publicitaires qui voguent d’une plate-forme à l’autre. Un État fédéral campé à droite qui règle ses frustrations paranoïdes en fauchant au plus bas les budgets de la SRC-CBC. Des régions de plus en plus laissées pour compte par les grands diffuseurs. Selon Chantale Larouche, présidente de la FNC, « Ce ne sont là que quelques-uns des défis auxquels nous devons trouver des ripostes syndicales imaginatives, aptes à dénouer des situations difficiles. Si nous avons la certitude de vivre une époque pleine de bouleversements qui imprègneront pour longtemps le mode de traitement de l’information, nous avons aussi l’intime conviction que le laisser-aller n’est pas une option » dit-elle.
Les syndicats sont confrontés à des changements technologiques et à une crise structurelle qui transforment les emplois. Les médias et particulièrement les journaux doivent s’y adapter. La présidente de la fédération syndicale invite ses membres à faire partie des solutions, à être de ceux qui les promeuvent. « Loin de nous recroqueviller sur nous-mêmes, nous pouvons et nous savons être une force de propositions visant à permettre aux entreprises de faire les virages qui s’imposent, comme ce fut le cas au moment de négocier les ententes à La Presse et Cyberpresse.
Au plan des relations de travail, le comité exécutif de la FNC estime dans son rapport soumis au Congrès que les années qui viennent de s’écouler n’ont pas été faciles.
Depuis deux ans, la FNC et ses syndicats traversent l’une des périodes les plus sombres des 20 dernières années en relations de travail. Il nous a fallu recourir aux tribunaux pour contraindre certains employeurs délinquants à négocier et respecter les conventions collectives.
Or, nous assistons à une tendance vers l’allongement des conflits de travail et une multiplication des lock-outs attribuables en partie au fait que des employeurs recourent aux briseurs de grève trop facilement. Nous nous interrogeons également sur l’usage abusif des lock-outs par les employeurs. À cet égard, le déclenchement de 14 lock-outs en 14 ans par Quebecor mérite réflexion. L’ultimatum et la menace sont contraires à la négociation de bonne foi et nous devons nous attarder sur les conséquences du recours à ces mesures pour entraver le droit à la libre négociation.
Selon Chantale Larouche, si l’action syndicale dans le secteur de l’information a, là comme ailleurs, pour premier devoir la défense des intérêts professionnels de ses membres, elle est aussi forcément porteuse d’autres dimensions. « Les charges de travail, les conditions de pratique, la lutte à la sous-traitance et à la centralisation et la délocalisation des emplois sont autant de préoccupations qui sollicitent l’attention des syndicats. Les revendications actuellement portées par nos syndicats visent à protéger des emplois de qualité et l’emploi en région de même que la protection de la mission des médias d’offrir une information de qualité, diversifiée et intègre », conclut-elle.

