Édition du 21 septembre 2021

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Europe

JUSTICE Procès attentats du 13 novembre 2015

Ils n’auraient rien vu venir !

Du jamais vu dans l’histoire judiciaire française. le 8 septembre s’ouvrait le plus grand procès des attentats du 13 novembre 2015 devant la cour d’assises spéciales de Paris. 20 accusés sont appelés à répondre de leurs actes durant les 9 mois de procédure, dont Salah Adeslam, dernier membre encore en vie du commando.

De Paris, Omar HADDADOU

Et si avec toute la densité du dossier, les non-dits laisseraient un goût d’inachevé et rédhibitoire au procès du siècle ?
Un million de pages, 540 Tomes ! Attention à la fausse route chers lecteurs (ices), de ce marathon judiciaire ! En pleine campagne présidentielle, la Justice française est appelée à aller au charbon.

Encadré par un dispositif sécuritaire impressionnant, le procès des attentats du 13 novembre 2015 qui a fait 130 victimes et dans lequel comparaissent 20 accusés dont Salah Abdeslam, seul membre en vie du commando, taxé virulemment de dégonflé par certains analystes, s’est ouvert mercredi 8 septembre au Palais de Justice de l’Ile de la Cité, dans le 1er arrondissement parisien.

Il s’agit du plus grand procès jamais organisé en France et qui va durer 9 mois sous la présidence de M. Jean-Louis Périès. L’homme qui renvoya le couple Tiberi en correctionnel. D’où la mobilisation saisissante des forces de l’ordre autour de l’enceinte et le passage au crible jusqu’aux fonds fluviaux de la Seine. Le Ministre de l’Intérieur, Gérard Darmanin, rappelait, le jour de l’ouverture, «  la présence de la menace terroriste sur le sol français ».

L’entrée en matière préfigurait déjà du rythme, de la durée des audiences et la tâche titanesque qui attend le président de la Cour d’Assises et ses assesseurs. Dans cet espace sanctuarisé, filmé par 8 caméras pour l’archive historique, l’ancien Président, François Hollande et son Premier Ministre Bernard Cazneuve auront pour obligation d’apporter, eux aussi, leur témoignage à la lumière des déroulés. Le procès gagnera à coup sûr en intensité et en rebondissements, générés par l’intervention des 1800 parties civiles, les 330 Avocats et les 150 médias accrédités.
Un cataclysme procédural !
Six ans après les attaques simultanées au Stade de France, des terrasses parisiennes et du Bataclan, l’inculpé Salah Abdeslam, face au Jury, a tenté dès le début, une « Défense de rupture » en se murant dans un silence pesant. C’est quelqu’un qui cherche à prendre l’ascendant dans le débat, surtout à répliquer par des saillies tranchantes, dans l’unique souci d’éviter de passer aux aveux qui le relèguerait au rang de poltron.
Trois occasions se présentaient à lui pour semer la terreur et mourir en martyr, en France comme en Belgique, il ne franchira pas le pas, arguant d’un dysfonctionnement de mise à feu de sa ceinture explosive. Les parties civiles appréhendaient une position mutique de l’accusé. Il se résout finalement à répondre : « J’ai délaissé ma profession pour devenir combattant de l’Etat islamique », fait - il savoir.
Après une suspension d’audience, Salah Abdeslam dont la traque a occupé la Une des médias, prend la parole en brossant un tableau déplorable sur les conditions de détention : « On est des hommes, on est des êtres humains, on a des droits ! On est traités comme des chiens » s’offusque le mis en cause qui risque d’encourir 20 ans de réclusion criminelle de Droit commun.

Prenant pour la première fois la parole devant les caméras de France -Télévisions, les Avocats de ce dernier ont réagi à l’agitation suscitée par l’intervention de leur client : « On peut interroger le contenu, la forme de ses déclarations, mais elles ont le mérite d’exister, et c’est ça les Assises… » lance la brillante avocate Olivia Ronen que le justiciable a choisie en regardant un documentaire sur elle. L’autre avocat, Martin Vettes, a appelé lui à sortir de la «  Culture de l’immédiateté » dans le traitement médiatique de cette affaire : « Il ne faut pas que ce que ce procès soit transformé en une forme de buzz permanent  ! ».
Faire toute la lumière sur l’abominable, l’innommable, l’épreuve des victimes, c’est rendre Justice !

Passer à côté de l’élément déclencheur, donnerait lieu à moult interrogations. Une chose est sûre : Nous sommes capables de la plus noble mission de l’Humanité, celle de fabriquer nos malheurs par la provocation, l’humiliation, et écrire l’Histoire… !
O.H

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