« Le pire a été évité encore une fois, avec l’ajout de 2000 logements sociaux dans le budget 2008-2009, mais Mme Jérôme-Forget est très loin de répondre adéquatement aux besoins des locataires du Québec, en particulier des familles à faible et modeste revenu ». C’est en ces mots que le coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), François Saillant, a commenté l’annonce de l’investissement de 132 millions $ pour le financement de 2000 logements sociaux additionnels.
Selon M. Saillant, la ministre des Finances s’est rendue à l’évidence que les 2000 logements sociaux en 2 ans annoncés l’an passé étaient insuffisants, puisqu’ils se sont épuisés en quel-ques mois. Il estime toutefois que le même scénario est condamné à se reproduire, puisque 10 000 logements sociaux sont présentement en préparation à travers le Québec. « Ce que ça signifie à court terme, c’est qu’il reste encore 8000 logements en attente de financement », ajoute Marie-José Corriveau, responsable des dossiers québécois au FRAPRU.
L’organisme déplore donc que le gouvernement Charest n’ait pas retenu l’idée d’un plan d’investissement sur cinq ans portée par le milieu communautaire et appuyée par une pétition de 29 000 noms recueillis en quelques semaines seulement.
Le FRAPRU pense surtout que le gouvernement n’a pas pris toute la mesure de la situation actuelle du logement au Québec. Ainsi, la pénurie de logements locatifs, d’abord limitée aux régions de Montréal, Gatineau et Québec, s’est étendue à toutes les régions, touchant main-tenant des municipalités aussi diverses que Val d’Or, Rouyn-Noranda, Rimouski, Gaspé et Sept-Îles. Le manque de logements familiaux est par ailleurs flagrant partout au Québec, y compris dans des régions comme Montréal où le taux général d’inoccupation a pourtant aug-menté. D’après le FRAPRU, de nombreux problèmes de logement demeurent sans réponse suffisante : incapacité de payer vécue par près d’un demi million de ménages locataires, be-soins de logements avec services pour les personnes âgées en perte d’autonomie à plus fai-ble revenu, besoins de logements avec support communautaire pour les personnes itinéran-tes, etc.

