Sherbrooke, le 18 mars 2008. – « Accablée par l’un des taux de décrochage scolaire parmi les plus élevés au Québec, la région de l’Estrie est confrontée à de sérieux défis pour assurer la réussite scolaire de sa population. »
Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Rejean Parent, a profité de la tenue aujourd’hui à Sherbrooke du volet régional des Rendez-vous CSQ de l’éducation 2008 pour faire le point sur la situation de l’éducation en Estrie. Il était accompagné pour l’occasion de la porte-parole régionale de cette campagne nationale, Mme Sylvie Simoneau, présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE-CSQ), de la présidente de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ), Mme Marie Racine, et de la vice-présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), Mme Manon Bernard.
Il faut rappeler que la Centrale des syndicats du Québec entreprend aujourd’hui à Sherbrooke une importante tournée nationale, qui visitera l’ensemble des régions du Québec, afin de faire le point sur l’état de santé de notre système d’éducation et proposer des mesures concrètes pour améliorer la situation.
Une baisse significative des élèves qui aggrave le casse-tête financier
Le président de la CSQ, M. Réjean Parent, a profité de l’occasion pour dresser un bilan de l’éducation en Estrie, auquel s’ajouteront les avis et opinions exprimés par les membres du personnel de l’éducation de la région qui participeront à la consultation ce soir.
« La situation du décrochage en Estrie mérite qu’on y accorde beaucoup d’importance », explique M. Parent. En effet, selon les données du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), l’Estrie se classe 14e sur 17 régions administratives au Québec en matière de réussite scolaire.
Plus précisément, le taux de décrochage au secondaire est de 28,1 % dans l’ensemble du Québec, alors qu’en Estrie, il s’élève à 34,1 % (MELS 2005). Il touche plus particulièrement les garçons : 42,5 % d’entre eux décrochent avant d’avoir obtenu leur diplôme d’études secondaires. Cela signifie qu’au cours des cinq dernières années, 5000 élèves ont quitté l’école sans diplôme, dont 3200 garçons. Cela risque d’affecter la situation économique en Estrie, car il y a de moins en moins d’emplois accessibles aux non-diplômés (30 % de moins entre 1997 et 2000).
Une embellie en formation professionnelle, mais des nuages au-dessus de la formation technique
L’Estrie a connu, au cours des dernières années, une forte augmentation du nombre d’inscriptions en formation professionnelle, qui est passé de 3115 en 2001-2002 à 3671 en 2005-2006. Cela représente une bonne nouvelle, car le Québec vit actuellement une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.
Cependant, l’effectif de la formation technique a connu, de son côté, une forte baisse, passant de 5333 inscriptions en 1999-2000 à 4253 en 2005-2006. Or, le taux de croissance annuel moyen de l’emploi prévu par Emploi-Québec pour les prochaines années est très élevé pour les personnes ayant une formation technique. « Un sérieux coup de barre sera donc nécessaire pour intéresser davantage de jeunes à s’inscrire en formation technique au cégep », affirme M. Parent.
Dégradation des conditions de travail
Le dirigeant syndical demande, par conséquent, un réinvestissement important dans le réseau de l’éducation. « Il en va de l’avenir économique du Québec, précise-t-il. C’est loin d’être le cas actuellement, et les conséquences sont néfastes sur le personnel de l’éducation de la région (enseignantes et enseignants, professionnelles et professionnels et personnel de soutien) dont les conditions de travail se sont considérablement détériorées au fil des ans. »
De plus, le président de la CSQ ajoute qu’en Estrie comme ailleurs au Québec, le personnel de l’éducation fait face à une situation de dévalorisation de leurs professions qui incite plusieurs à abandonner et qui rend difficile le recrutement nécessaire de jeunes diplômés pour assurer la relève. « C’est extrêmement décevant puisque ce n’est pas ainsi qu’on va relever les importants défis qui se posent pour cette région en éducation. »
Une population qui doit réclamer plus de moyens
M. Réjean Parent croit que la population de l’Estrie doit élever la voix pour rappeler au gouvernement Charest que l’éducation de ses jeunes n’a pas de prix et qu’il doit prendre les moyens financiers qui s’imposent pour assurer la réussite scolaire du plus grand nombre.
« Au préscolaire, au primaire et au secondaire, le réseau d’éducation régional doit avoir les moyens nécessaires pour pouvoir intensifier les efforts afin d’assurer la réussite scolaire, réduire le décrochage, améliorer la qualité du français, mieux intégrer les nouveaux arrivants, accroître le soutien aux enfants en difficulté, augmenter l’aide et l’encadrement pour les enfants de milieux défavorisés, réduire la taille des classes, élargir la formation professionnelle et les programmes de recyclage pour les travailleuses et les travailleurs sans emploi », conclut le président de la Centrale des syndicats du Québec, M. Réjean Parent.

