Plusieurs comités logement de Montréal, membres du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) et du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) unissent leurs voix pour dénoncer la Ville de Montréal qui s’apprête en catimini à vendre les Places l’Acadie et Henri Bourrassa et abandonne ainsi de facto son plan d’action en matière de salubrité.
En novembre dernier, la Ville, par l’entremise de son responsable de l’habitation au comité exécutif, M. Cosmo Maciocia , se targuait de pouvoir régler les situations urgentes en matière de salubrité dans les trois mois. Pour y parvenir, la Ville avait adopté un plan d’action novateur et audacieux. « Or aujourd’hui, la Ville se retire et abandonne les locataires à leur sort. », s’indigne France Emond du RCLALQ. En effet, la Ville n’a plus du tout l’intention d’effectuer les travaux en lieu et place des propriétaires ; elle en orchestre plutôt la vente à des intérêts privés..« Pourtant, cette option ne se trouve pas dans le plan de la Ville pour venir à bout de l’insalubrité. La Ville se défile de ses responsabilités et cela est inacceptable. », soutient Dominique Perrault du Comité logement Ahuntsic-Cartierville
Pour ajouter à l’odieux, non seulement la Ville renonce à appliquer son propre règlement, mais, en plus, elle impliquerait la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) dans le projet de vente et financerait ainsi, une partie des travaux à effectuer en lieu et place du promoteur. Les propriétaires délinquants s’en sortent, les nouveaux promoteurs obtiennent du financement de la Ville pour réaliser entre autre chose des condos, et la Ville règle sur le dos des mal logés les problèmes de salubrité !.
Les organismes de défense de droits se demandent ce que vont devenir les locataires de ces immeubles et quelle place il y aura pour les ménages toujours sur les lieux ? Devant la tournure des événements, Jean-Claude Laporte, porte-parole du FRAPRU, ajoute que : « du logement social pour les immeubles des Places l’Acadie et Henri Bourassa, de Place Jarry et de la rue Christophe-Colomb est la seule façon d’assurer que la situation se corrige et que des problèmes semblables ne se reproduisent plus. »
Au nom de tous les locataires aux prises avec des problèmes de santé et de sécurité dans leur logement, Action dignité Saint-Léonard, l’Association des locataires de Villeray, le Comité logement Centre-Sud, le Comité logement Ahuntsic-Cartierville, le Comité logement du Plateau Mont-Royal, le Comité logement de la Petite-Patrie, le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), le Regroupement d’information Logement (RIL) de Pointe Saint-Charles, le Projet Genèse, le POPIR comité logement, le RCLALQ et le FRAPRU exhortent la Ville de Montréal à honorer ses engagements et à mettre en application son plan d’action tel que convenu. Pour ces groupes, il n’est pas trop tard. L’administration municipale a le pouvoir d’agir. Elle doit envoyer un message clair aux propriétaires délinquants et aux locataires en attente d’un logement salubre.

