TORONTO et OTTAWA, le 26 fév. /CNW/ - Buzz Hargrove, président des TCA, est très heureux de voir que le gouvernement fédéral reconnaît l’importance du secteur automobile dans l’économie du Canada dans son ensemble, mais il qualifie de "grossièrement insuffisant" le faible montant du financement alloué au secteur.
"L’annonce d’un investissement de 250 millions de dollars sur cinq ans
dans le secteur de l’automobile est un petit pas dans la bonne direction, mais il faudra en faire beaucoup plus", a indiqué M. Hargrove. Il a ajouté que les TCA examineront les règles de distribution des fonds et les critères d’admissibilité auxquels devront répondre les fabricants. Rien n’indique clairement que des projets comme celui de l’usine de moteurs Ford projetée à Windsor répondront aux critères du nouveau fonds.
"Cet investissement doit être la première partie d’une stratégie à long
terme beaucoup plus importante pour redresser le secteur de l’automobile, et non une mesure ponctuelle visant à plaire aux électeurs", a ajouté M. Hargrove.
Depuis l’entrée au pouvoir des conservateurs de Stephen Harper en 2005, les TCA pressent le gouvernement de venir en aide au secteur automobile et à ses travailleurs. Sans la pression soutenue exercée par les TCA, le gouvernement n’aurait peut-être pris aucune mesure concrète, a déploré M. Hargrove.
Dans le secteur canadien de la fabrication, plus de 350 000 emplois bien
rémunérés ont été éliminés depuis 2002. Les pertes d’emplois s’élèvent à quelque 25 000 dans le secteur automobile.
M. Hargrove a rappelé que le Canada exporte toujours plus de produits
automobiles que de pétrole, et il a insisté sur le fait que la stratégie
fédérale d’aide au secteur automobile doit également régler le problème causé par l’accroissement des importations par rapport aux exportations, situation qui a des conséquences désastreuses sur les travailleurs nord-américains du secteur automobile. Il a également indiqué que les réductions d’impôt globales accordées aux entreprises n’ont pas entraîné de hausse évidente des investissements des entreprises, lesquels sont demeurés inchangés au Canada malgré les profits records enregistrés par les entreprises et la baisse de l’impôt sur leur revenu.
Par ailleurs, M. Hargrove a accueilli favorablement la prolongation des
mesures d’amortissement accéléré des investissements faits par les entreprises dans la machinerie et le matériel. Toutefois, il a également souligné qu’une mesure unique était une "solution véritablement inadéquate" à la crise sans précédent qui touche le secteur de la fabrication.
"Entre le budget d’aujourd’hui et son énoncé économique d’octobre, M.
Flaherty a annoncé des initiatives d’une valeur de 30 milliards de dollars. De tous ces fonds, il a seulement accordé 50 millions de dollars par année au principal secteur d’exportation du Canada", a déclaré M. Hargrove. "Il s’agit d’un véritable échec."
Selon M. Hargrove, M. Flaherty aurait dû réserver 1 milliard des
10 milliards de dollars du surplus de 2007 pour créer un véritable fonds
d’investissement destiné au secteur automobile, équivalent au fonds semblable que l’Ontario a établi.
M. Hargrove appuie l’annonce faite dans le cadre du budget, selon
laquelle le controversé programme de remise écoAUTO ne sera pas renouvelé au terme de l’année modèle actuelle. Ce programme entraînait des pénalités pour plusieurs véhicules fabriqués en Amérique du Nord et constituait une forme de subvention aux importations.
Au cours des prochaines élections fédérales, les TCA entendent traiter
abondamment de la crise qui frappe le secteur de la fabrication dans les
circonscriptions girouettes de l’Ontario.
Le gouvernement Harper a également raté une importante occasion
d’apporter des modifications nécessaires au régime d’assurance-emploi afin qu’il réponde mieux aux besoins des travailleurs sans emploi. Les TCA demandent que le taux de prestations soit porté à au moins 60 % des gains normaux, que la durée de la période de prestations maximale soit prolongée à 50 semaines et que la période de référence aux fins de l’admissibilité aux prestations d’assurance-emploi soit réduite à 360 heures, partout au Canada.
"Pour Ottawa, il n’existe pas de meilleur moyen de réduire l’impact d’une
récession qu’en élargissant l’accès aux prestations d’assurance-emploi aux travailleurs canadiens les plus vulnérables", a conclu M. Hargrove.
Les TCA ont dénoncé le fait que le gouvernement fédéral n’a rien prévu
pour améliorer l’égalité entre les citoyens, particulièrement en ce qui a
trait aux femmes et aux Premières Nations. Dans ses trois derniers budgets, le gouvernement conservateur Harper a renoncé au financement des services de garde ainsi qu’au programme universel pour la garde d’enfants, qui était presque conclu avant son arrivée au pouvoir.
"Jusqu’aux élections de 2005, Harper promettait des mesures pour
favoriser l’égalité des femmes, mais son gouvernement a échoué
lamentablement", a affirmé Julie White, directrice des programmes des femmes, TCA.
Le gouvernement fédéral a eu plusieurs occasions de rétablir le
financement de 3,7 milliards de dollars qu’il a éliminé pour financer les
ententes sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants avec les provinces et de rétablir le financement complémentaire de Condition féminine Canada.
Mais, dans un cas comme dans l’autre, il n’a rien fait, a ajouté Mme White. Actuellement, douze des seize bureaux régionaux de Condition féminine Canada sont fermés en raison d’un manque de financement.
En outre, les TCA demandent au gouvernement fédéral de reconnaître ses obligations envers les citoyens des Premières Nations et de respecter l’Accord de Kelowna, qui prévoit un fonds de cinq milliards de dollars pour lutter contre la pauvreté au sein des Premières Nations. En effet, le gouvernement fédéral s’est retiré de l’Accord de Kelowna peu après son entrée en fonction.

