Les 252 travailleurs en conflit du Journal de Québec sont maintenant forts du soutien moral et financier des 22,000 membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) du Nouveau-Brunswick.
Les représentants des travailleurs, Marie-France Loubier et Marc Fortier, n’ont eu aucun mal à convaincre les quelque 250 délégués du SCFP-NB, en congrès annuel à Fredericton de jeudi à samedi, de l’urgence de les épauler en réaction au lock-out déclenché par le géant des communications Quebecor, il y aura bientôt un an, le 22 avril 2007.
Avec la quote-part des exécutifs national et provincial, les délégués ont rapidement amassé 26,000$ en dons qui seront versés au fonds de soutien des employés du Journal de Québec. Ils se sont aussi engagés à demander à leurs membres d’autres contributions (récurrentes dans la mesure du possible) à leur retour en région.
Comme ce fut le cas à Saskatoon et à Calgary, puis devant le syndicat des Travailleurs canadiens de l’auto (TCA) à Port Elgin, en Ontario, où les deux envoyés ont d’abord pris la parole dans le contexte d’une tournée pancanadienne entreprise en mars, « l’incroyable aventure du MédiaMatinQuébec » a captivé un auditoire ému et admiratif.
« Votre approche est courageuse et créative. Pour nous, pour notre mouvement, vous êtes une inspiration », a résumé Sandy Harding, présidente de la section locale 2745, qui a annoncé un don exceptionnellement généreux de 5000$. Mme Harding représente 3300 membres, principalement des femmes travaillant (pour la plupart à temps partiel et moyennant un revenu modeste) dans le milieu scolaire comme aides-enseignantes, aides-bibliothécaires ou en support administratif.
« La même famille »
Selon le président du SCFP du Nouveau-Brunswick, Daniel Légère, les représentants des employés en conflit du Journal de Québec ne doivent pas être surpris du soutien consenti par leurs consœurs et confrères des autres provinces.
« En étant membres de notre grand syndicat, les lockoutés du Journal de Québec sont pour nous comme des membres de la même famille. C’est tout à fait normal que nous nous entraidions quand l’un de nous est dans le besoin », leur a-t-il assuré en concluant, devant les délégués, que « votre bataille est notre bataille, et votre victoire sera notre victoire ».
Solide fonds de grève
Présents à ce congrès provincial, le président national du SCFP, Paul Moist, et le secrétaire-trésorier national, Claude Généreux, ont tous deux insisté sur l’importance du combat en cours dans la ville de Québec pour le mouvement syndical canadien.
« Regardez ce que l’on peut faire dans le conflit du Journal de Québec, a donné en exemple Claude Généreux à l’auditoire. C’est une nouvelle façon de faire du piquetage. Avec le MédiaMatin, nous avons maintenant bien plus que 252 pancartes de piquetage, mais 40,000 tous les jours dans les rues de Québec. C’est un tel succès que même des gens d’affaires veulent acheter notre journal. »
Le secrétaire-trésorier du SCFP ne cache pas qu’une initiative comme le MédiaMatin aurait été plus difficile à mettre en place sans un fonds de grève bien financé. Or, le fonds de grève du SCFP est présentement « en très bonne santé ». « Il totalise environ 28 millions de dollars à l’heure actuelle, et ça, c’est malgré le fait qu’en 2007, nous avons eu des besoins comme nous n’en avions pas vus depuis les années de la grève de Vidéotron. »
La grève de Vidéotron était vieille de près d’un an lorsqu’elle a pris fin au printemps de 2003. Elle opposait 2200 syndiqués de Vidéotron et le même employeur qu’au Journal de Québec, le conglomérat Quebecor.
Source : SCFP

