Édition du 26 mai 2020

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Environnement

Manifestation de Sorel-Tracy : le Québec dit non à l’irresponsabilité écologique des pétrolières et des gouvernements face au fleuve St-Laurent

Le dimanche 26 octobre dernier, des milliers de personnes se sont rassemblées à Sorel-Tracy pour dénoncer l’exportation du pétrole tiré des sables bitumineux de l’Alberté par le fleuve St-Laurent. La manifestation visait particulièrement l’entreprise Suncor qui transporte le pétrole brut de l’Alberta jusqu’à Sorel-Tracy qui est ensuite transbordé sur des superpétroliers et exporté à l’étranger.

Ces citoyens et ces citoyennes ont pris la parole pour dénoncer que les entreprises pétrolières et les gouvernements avaient mis la population devant un fait accompli. Le maire de Sorel Tracy, Serge Péloquin, a été particulièrement virulent à cet égard : "C"est un fait accompli. Il y a des réglementations qui ont été données par le provincial, il y a des réglementations qui ont été données par le fédéral. Et là on arrive avec ça en pleine face, en pleine gueule, devrais-je dire. Et puis, personne n’a été consulté. Je pense qu’aujourd’hui cette marche-là s’additionne avec Cacouna et il y en aura d’autres." [1]

Dominique Champagne a replacé la manifestation dans le cadre du défi auquel fait face la Québec présentement : à la volonté des entreprises pétrolières et des gouvernements de faire du Québec le lieu de transit du pétrole de l’Ouest canadien : "On assiste présentement au Québec à l’invasion systématique de notre territoire par l’industrie pétrolière par les trains, par les bateaux, par les superpétroliers, par les pipelines. C’est par vers ce monde-là qu’on veut se diriger. On a le devoir de refuser ce qui se passe"

Manon Massé, députée de Québec solidaire allait dans le même sens : "Nous ne sommes pas pas une autoroute du pétrole et je pense ce que les gens sont venus dire." « Nous refusons que notre territoire soit réduit à une voie de passage pour le transport massif de pétrole qui met en danger notre joyau national, le fleuve St-Laurent. La situation actuelle de Sorel-Tracy est une caricature de l’avenir du Québec  : tous les risques sont pour nous et tous les profits pour les grandes compagnies ! Les Québécois.es ont raison d’avoir peur du pétrole, nous ne sommes pas prêts à gérer les risques associés au transport de pétrole sur l’eau. Selon un comité d’experts mandaté par le gouvernement fédéral, seulement de 5 à 20 % des hydrocarbures pourraient être récupérés en cas de déversement dans le fleuve... Tant que les gouvernements continueront d’écouter seulement les grandes pétrolières et d’enfoncer le Québec dans le pétrole et les sables bitumineux, nous prendrons la rue !" [2]

Martine Ouellet , députée péquiste, insistait sur l’importance de la mobilisation citoyenne : " La mobilisation citoyenne a réussi à bloquer les gaz de schiste, la mobilisation citoyenne a réussi à ralentir Cacouna, je suis aussi certaine, qu’ici à Sorel-Tracy, on va réussir aussi." [3]

Laure Waridel d’Équiterre donnait toute la dimension de l’enjeu : "« En ce moment, l’exportation des sables bitumineux est bloquée à l’ouest par la Colombie-Britannique, et bloqué au sud par les États-Unis. La seule voie de sortie en ce moment, c’est le Québec, on a le pouvoir de les arrêter ». [4]

La constitution canadienne accorde le pouvoir de décision final au gouvernement canadien en matière de transport ferroviaire, maritime ou par pipeline. Mais ces projets peuvent être bloqués. Il en va de la défense de notre territoire. Comme le scandaient les manifestantEs de Sorel-Tracy : "nos vies valent plus que leurs profits". Une mobilisation citoyenne massive et déterminée peut bloquer ce tournant pétrolier. C’est dans sa mobilisation que réside l’essentiel du pouvoir du peuple québécois devant les catastrophes qu’on nous prépare.


[1Reportage de Radio-Canada

[2Communique de Québec solidaire

[3Reportage de TVA

[4Reportage de Radio-Canada

Bernard Rioux

Militant socialiste depuis le début des années 70, il a été impliqué dans le processus d’unification de la gauche politique. Il a participé à la fondation du Parti de la démocratie socialiste et à celle de l’Union des Forces progressistes. Militant de Québec solidaire, il participe au collectif de Gauche socialiste où il a été longtemps responsable de son site, lagauche.com (maintenant la gauche.ca). Il est un membre fondateur de Presse-toi à gauche.

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