Édition du 23 novembre 2021

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Négociation dans les centres de la petite enfance (CPE) - 3500 syndiqué-es à la CSN en colère contre une association d'employeurs

MONTRÉAL, le 19 avril 2017 - Environ 3500 travailleuses et travailleurs oeuvrant dans 133 CPE en l’Estrie, en Montérégie, à Montréal-Laval et dans le Centre-du-Québec participent aujourd’hui à des actions de visibilité dans leurs CPE respectifs. Elles dénoncent le fait qu’elles sont toujours dans l’impossibilité de renouveler leur convention collective, plus de deux ans après son échéance. Le motif : l’Association patronale nationale des centres de la petite enfance (APNCPE) refuse de joindre la table nationale de négociation où des échanges se poursuivent depuis décembre dernier avec d’autres associations d’employeurs et le ministère de la Famille.

L’APNCPE, qui regroupe le tiers des 400 CPE syndiqués à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), n’a tenu jusqu’ici aucun pourpaler avec la partie syndicale, malgré un protocole sur la négociation regroupée et le partage des matières à négocier convenu avec une majorité de CPE et le ministère de la Famille au printemps 2016. La FSSS-CSN a tenté de trouver des voies de passage afin que l’APNCPE réintègre la table nationale, mais elle s’est heurtée à une fin de non-recevoir.

Selon Dany Lacasse, vice-président de la FSSS-CSN responsable du secteur privé : « Au lieu de se rallier et d’enclencher rapidement les pourparlers avec les véritables acteurs déjà présents à la table nationale, cette association cherche toujours à négocier seule, sans la présence du ministère, les matières d’ordre pécuniaire, dont les salaires, la retraite, les vacances et les fériés, les assurances collectives, en plus d’autres dispositions de portée nationale, le tout sans garantie de financement. »

En outre, l’APNCPE s’est enlisée à coup de dizaines de milliers de dollars dans un recours judiciaire contre la FSSS-CSN et ses syndicats en déposant une plainte de négociation de mauvaise foi devant le Tribunal administratif du travail (TAT), à l’automne dernier. L’APNCPE a soutenu que la partie syndicale avait agi de mauvaise foi en réclamant d’elle qu’elle réintègre la table nationale, comme cela est le cas depuis les débuts de la négociation regroupée il y a plus de vingt ans. La décision du TAT est attendue dans les prochaines jours.

« C’est un gaspillage éhonté des deniers publics qui auraient pu être utilisés aux fins de la négociation », lance Louise Labrie, membre du comité national de négociation et responsable du secteur des CPE à la FSSS-CSN, qui craint que les 3500 salarié-es ne continuent à faire les frais de cette stratégie patronale en repoussant inutilement le règlement final de leurs conventions collectives.

« Ce qui est en jeu ici, ajoute Louise Labrie, c’est le maintien, l’amélioration et l’uniformisation des conditions de travail qui contribuent à stabiliser la main-d’œuvre et à offrir un haut niveau de compétence et de savoir-faire. Ce sont ces conditions de travail qui ont permis aux CPE de tout le Québec d’offrir une qualité de services inégalée jusqu’ici, comme l’ont reconnu plusieurs études. Or, c’est à ces acquis que veut s’attaquer l’APNCPE en nous ramenant vingt ans en arrière alors qu’il existait d’importantes disparités entre les travailleuses et travailleurs des CPE et entre les régions même ! L’APNCPE doit le comprendre et revenir à la raison. »

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