Édition du 4 mai 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Asie

G20 de Séoul

Un appel aux mouvements sociaux et aux organisations citoyennes du monde entier à protester

Le “Korean People’s G20 Response Action” - une coalition large de syndicats, mouvements sociaux et ONG progressistes de Corée du Sud créée pour organiser les réponses des mouvements sociaux et citoyens au G20 de Seoul – appelle les mouvements sociaux internationaux à rejoindre la Semaine d’actions populaires et collectives organisée à Seoul, du 6 au 12 novembre.

UN APPEL AUX MOUVEMENT SOCIAUX ET AUX ORGANISATIONS CITOYENNES DU MONDE ENTIER A PROTESTER LORS DU G20 DE SEOUL
20 PAYS SEULS NE PEUVENT FAIRE LE DESTIN DU MONDE ENTIER
POUR QUE LE SYSTEME CHANGE ET QUE CESSE LE “BUSINESS AS USUAL”, CONSTRUISONS UN AUTRE MONDE
LES PEUPLES NE CONTINUERONT PAS A PAYER LA CRISE

Participez à la semaine d’actions collectives à Seoul, du 6 au 12 novembre 2010
Contexte

Le séisme financier qui a frappé fin 2008 – l’expression la plus récente de la grave crise systémique du modèle capitaliste néo-libéral (qui s’est aussi manifestée par les crises climatique, alimentaire, énergétique et de l’emploi, et par une pauvreté croissante) – continue de s’étendre autour du globe, montrant son aspect dramatique aux peuples aussi bien dans les pays riches que pauvres.

Le responsables politiques internationaux ont réagi immédiatement à la crise, en coordonnant leurs efforts pour sauver le système qui, comme le montre clairement cette crise, est responsable de la montée de la pauvreté et des inégalités dans le monde. Les leaders des pays les plus puissants réunis au sein du G8 [1] ont décidé de donner une nouvelle configuration au G20 [2], en invitant les chefs d’Etat d’un groupe restreint de grands pays “émergents” à les rejoindre, eux et leurs ministres des finances, aux sommets du G20.
Se réclamant le premier forum responsable de la gouvernance économique mondiale, la version reconfigurée et renforcée du G20 cherche à s’établir comme le centre du pouvoir mondial, tournant le dos aux 172 autres pays des Nations unies, qui, coïncidence, se trouvent être, pour la plupart, les plus pauvres.

L’inclusion des pays “émergents” du Sud n’est pas le signe d’un G8 qui, généreusement, consulterait ou tendrait la main aux pays en développement, mais plutôt le signe d’un changement de tactique. Le G8 a décidé d’inclure ces pays dans son club select afin de 1) prévenir efficacemment la construction d’alliances Sud-Sud qui pourraient exprimer des critiques du modèle néo-libéral, 2) consolider la légitimité vascillante du G8 et 3) accéder aux réserves de changes accumulées par les pays émergents.

En utilisant ces réserves de change des pays du Sud, les “anciens” pouvoirs du G8 ont pu temporairement sauver le système financier de l’effondrement et ranimer un Fonds monétaire international en difficulté, de même que d’autres institutions internationales. En retour les IFI revigorées sont repassées à l’offensive avec leurs programmes d’ajustement structurel, cette fois non seulement au Sud mais aussi au Nord.

L’inclusion ne signifie pas pour autant égale participation . Il apparaît que les pouvoirs de décision réels restent dans les mains de l’ancien G8 et de ses multinationales. De plus l’extension ne se traduit pas en légitimité. Le G20 est juste aussi illégitime et non-démocratique que le G8. C’est une entité non élue et non représentative qui ne peut ni ne doit représenter le monde entier et décider de la direction politique et économique qu’il doit prendre.

Et tout comme le G8, l’objectif réel du G20 n’est pas d’apporter des réponses à la crise, mais bien de raviver le regime néolibéral. Les mesures “actives” du G20 qui étaient supposées sauver les économies du monde trahissent son réel agenda et ses intérêts. Les idées progressistes initialement introduites dans ses débats (par exemple les propositions pour des taxes sur les transactions financières ou les mesures pour contrôler les paradis fiscaux) ont été remplacées par un soutien aux politiques d’austérité, par plus de libéralisation du commerce et des investissements, par l’appui au secteur privé et encore plus de spéculation financière à travers la promotion de fausses solutions de marché à la crise climatique, comme les marchés carbone. Même ses réformes de la finance n’imposent aucun contrôle démocratique réel et aucune garantie de responsabilité face aux opérations des banques et des multinationales du secteur financier.

Contre toutes les preuves de l’échec de ce modèle économique, qui non seulement a plongé des millions de personnes dans la pauvreté à travers le monde (dont beaucoup des populations dans les pays du G20) mais en plus contribue encore quotidiennement à la destruction de tous les fondamentaux de la vie sur la planète, les gouvernements du G20 continuent leur promotion “business as usual”.

Pour empirer encore les choses, le G20 – qui s’est créé pour contenir la crise- aspire maintenant à devenir l’espace politique, avec les pouvoirs de définir la trajectoire de l’économie et de la gouvernance mondiale, en élargissant constamment son agenda pour inclure des questions comme le changement climatique, les subventions aux énergies fossiles et même l’aide au développement, alors qu’il fait en réalité très peu de choses dans ces domaines. Et avec l’OMC, empêtrée dans des négociations au point mort, il est évident que ces pays portent une attention croissante au G20, qui est devenu le centre des débats et des décisions sur l’économie mondiale.

Nos demandes

Nous, mouvements sociaux et organisations, devons stopper l’agenda anti-démocratique du G20, tout en continuant à construire des alternatives socialement justes, écologiquement soutenables et démocratiques depuis la base.

Nous exigeons :

- Un changement de modèle économique qui implique d’en finir avec le néolibéralisme et de s’orienter vers un nouveau modèle, qui recherche l’intérêt et le bien être de tous les peuples (plutôt que celui des multinationales), et qui suppose l’adoption de stratégies économiques courageuses pour créer des emplois décents, ainsi qu’une nouvelle architecture financière internationale ;

La fin des solutions de marché au changement climatique et la remise en cause de l’accord anti-démocratique de Copenhague (un recul évident par rapport au Protocole de Kyoto), ainsi que l’adoption immédiate de changements profonds dans notre système de production, de distribution et de consommation ;

La fin d’un système alimentaire mondial fondé sur la spéculation sur les prix des denrées agricoles par les multinationales de l’agro-business, et sa substitution par un système de production et de distribution alimentaire qui soutient les petits paysans et promeut la souveraineté alimentaire ;

La suspension des négociations commerciales à l’OMC et du régime de commerce et d’investissement prévu par les accords de libre-échange bilatéraux et bi-régionaux, jusqu’à l’obtention d’un nouvel accord international sur le commerce et l’investissement qui sera basé sur des objectifs de développement véritablement justes et soutenables pour tous.

Les mouvements qui luttent pour des alternatives démocratiques et la justice sociale et climatique doivent s’unir pour demander un changement réel et dénoncer le G20 qui représente une menace pour les peuples du monde et qui en est en voie de s’imposer comme lieu de la compétition pour le pouvoir au plan mondial.

Le moment de se mobiliser est venu !

Participez à la semaine d’actions populaires et collectives à Seoul, du 6 au 12 novembre 2010.

Le “Korean People’s G20 Response Action” - une coalition large de syndicats, mouvements sociaux et ONG progressistes de Corée du Sud créée pour organiser les réponses des mouvements sociaux et citoyens au G20 de Seoul – appelle les mouvements sociaux internationaux à rejoindre la Semaine d’actions populaires et collectives organisée à Seoul, du 6 au 12 novembre.
Programme indicatif de cette semaine d’action :

Cérémonies d’ouverture et de clotûre (6 et 12 novembre respectivement) 
 Le rassemblement national des travailleurs (7 novembre) 
 La Conférence Internationale des Peuples à Seoul (du 7 au 10 novembre) .
 La conférence de presse de présentation de la Déclaraion de Seoul protestant contre le G20 
 Un rassemblement populaire, suivi d’une manifestation (11 novembre)
Nous appelons les mouvements sociaux et les organisations citoyennes de par le monde à unir leurs forces en solidarité avec leurs amis et camarades coréens pendant cette semaine d’action.

Dans cette perspective, nous vous incitons vivement à :

· Envoyer des représentants pour participer aux activités prévues à Seoul pendant le sommet du G20 de novembre ;

· Organiser une/des action(s) de solidarité dans votre propre pays pour faire connaître les mobilisations qui se dérouleront à Seoul pendant ce sommet ;

· Rencontrer les responsables de vos gouvernements avant le G20 de Seoul pour leur faire entendre une voix critique, et partager les informations auxquelles vous aurez accès sur les positions et les enjeux de négociations.

TOUS A SEOUL POUR STOPPER L’AGENDA DES CORPORATIONS :

METTONS UN TERME AUX STRATEGIES DU « BUSINESS AS USUA »L ET UNISSONS NOUS POUR FAIRE CHANGER LE SYSTEME !!

Notes

[1] Les pays participant au G8 sont : Canada, États-Unis, Angleterre, France, Japon, Allemagne, Italie y la Russie.

[2] Les pays du G8 + Brésil, Argentine, l’Afrique du Sud, le Mexique, l’Arabie Saoudite, l’Australie, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, la Turqui et l’Union européenne.

Mots-clés : Asie Corée

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