Les 252 travailleurs en conflit du Journal de Québec ont été littéralement comblés, hier, par le Syndicat canadien de la fonction publique de l’Ontario.
Les 1100 délégués de ce puissant syndicat ont réuni au moins 128,000$ en dons sur le parquet de leur congrès annuel, incluant les contributions de leur exécutif provincial (10,000$) et de la direction nationale du SCFP (63,500$).
En comptant cette contribution exceptionnellement généreuse, la tournée nationale entreprise en mars, à Saskatoon, a permis d’amasser jusqu’à présent un total de 368,000$ pour le fonds de soutien aux lockoutés et grévistes. Précision : cette somme impressionnante fait abstraction des dons récurrents provenant de différents syndicats locaux, acheminés à Québec suivant chacun des congrès provinciaux.
Encore hier, à l’exemple de syndiqués de partout au Canada avant eux, de nombreux délégués ontariens ont assuré leurs « frères et sœurs de Québec » qu’ils retourneraient devant leurs membres avec l’intention de leur demander des dons supplémentaires, et même « d’adopter des grévistes » en leur envoyant un don sur une base hebdomadaire ou mensuelle, « jusqu’à ce que le conflit soit réglé ».
Le président du SCPF-Ontario, Sid Ryan, a dit se « sentir bien humble » en s’adressant aux délégués après les discours des représentants des lockoutés et grévistes. « Ces gens-là, a-t-il dit, nous montrent, par leur action, l’immense pouvoir de changement de la solidarité. Je ne doute pas un seul instant que le changement qu’ils espèrent surviendra, que leur détermination leur permettra d’obtenir gain de cause. »
D’une voix étreinte par l’émotion, cet homme qui, depuis 16 ans, guide les destinées d’un syndicat de plus de 200,000 membres a ensuite lancé l’appel suivant : « Je ne sais si vous êtes comme moi, mais je ressens quelque chose de très fort au creux de la poitrine. Je vous demande de les appuyer, de les appuyer financièrement du mieux que vous le pouvez, afin d’envoyer un message clair à leur employeur. Que vous êtes là pour les soutenir et qu’ils ne manqueront de rien jusqu’à la victoire. »
En réplique au président, le secrétaire-trésorier du syndicat, Fred Hahn, a donné le ton en annonçant, à un micro dans la salle, un don de 10,000 $ de l’entité provinciale. Les délégués ont alors défilé sans interruption pendant une demi-heure pour annoncer des dons en rafale, sommes variant entre 50$ et 10,000$. Près de 6000$ ont également été amassés par la suite par des personnes qui ont passé le chapeau sur le parquet.
Pour cette occasion très spéciale, qui marquait la fin des congrès provinciaux du SCFP ce printemps, les lockoutés et grévistes étaient représentés par leurs envoyés habituels, Marie-France Loubier et Marc Fortier, mais aussi par les présidentes des syndicats de l’imprimerie et des bureaux, Jocelyne Martineau et Lucie Butler, par le président du syndicat de la rédaction, Denis Bolduc, et par leur conseiller syndical, Sylvain Blanchette.
Avant de quitter le podium, les gens de Québec ont présenté un cadeau au président du SCFP-Ontario. Celui-ci s’est fait remettre par le président Denis Bolduc une plaque laminée reproduisant la page 7 de la livraison du 10 avril du MédiaMatinQuébec.
« Sid Ryan est l’une des deux seules personnes, avec Lise Payette, à avoir accepté de cesser d’écrire pour Quebecor en soutien à notre cause. Le Toronto Sun, pour qui il écrivait, avait refusé de publier une de ses chroniques. Cette chronique, qui discutait de notre conflit, nous l’avons publiée dans le MédiaMatinQuébec. C’est ce que nous voulons souligner aujourd’hui avec cette plaque », a affirmé M. Bolduc.
Les représentants des employés en conflit du Journal de Québec retourneront en Ontario, la semaine prochaine, à Toronto, pour l’assemblée du Congrès du travail du Canada, une organisation forte de trois millions de membres.

