Le caractère hermétique de l’administration de l’aide sociale faisait que nous avions de la difficulté à attribuer les changements que nous observions dans notre service de dépannage juridique au programme UNIR, mais nous savons maintenant qu’il est en bonne partie à blâmer. Le gouvernement, face à ses propres fiascos comme SAAQclic, aurait dû se méfier, on parle ici de personnes très précaires qui ont plus que jamais besoin du filet social.
Les conséquences peuvent être dramatiques dans plusieurs cas. Les personnes peuvent notamment être privées de revenu pendant une longue période lors de leur demande, un cas qu’on voit de plus en plus dans nos interventions à l’ADDSQM. « Nous ne comprenons pas l’obstination du gouvernement à percevoir les personnes assistées sociales comme des fraudeurs ou des personnes qui auraient des choses à cacher, ce sont des gens qui sont au bout du rouleau et qui ont besoin d’une aide immédiate pour que leur situation ne s’empire pas encore plus. C’est la bonne vieille vision pleine de préjugés sur les personnes assistées sociales qui causent des drames », déclare Jonathan Carmichael, militant salarié à l’ADDSQM.
Aucune des prestations, même les plus « généreuses » pour les personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi de longue durée, n’atteint la mesure du panier de consommation (MPC) (2155$ par mois pour une personne seule). Pour une personne sans contrainte reconnue par le ministère, la situation est critique avec un maigre 845$ par mois. Selon Laurent Lévesque, militant salarié l’ADDSQM : « Le gouvernement devrait commencer par s’assurer que les personnes exclues du marché du travail aient le strict minimum pour survivre avant de dépenser 31.5 millions dans un projet qui ne fonctionne pas et qui va à l’encontre de l’intérêt des personnes prestataires. »
La réforme de l’aide sociale de la ministre Chantal Rouleau avait pour but de simplifier l’aide de dernier recours, on voit plutôt l’inverse sur le terrain et maintenant, nous sommes pris avec UNIR en plus. Le cadre réglementaire du programme de Revenu de base, pour les personnes ayant une contrainte sévère de longue durée, est beaucoup moins punitif et devrait être élargi à tous les programmes immédiatement pour alléger la loi. Le reportage nous apprend que le ministère, dépassé, doit faire affaire avec des firmes privées à coup de millions pour répondre aux personnes, c’est complètement inacceptable. Les personnes assistées sociales méritent mieux de la part d’une société riche comme le Québec.


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