Édition du 11 mai 2021

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Premières Nations

États-Unis

Déclaration d’indépendance des Sioux Lakotah

Le 17 décembre dernier, la nation lakotah, dont les territoires ancestraux couvrent une partie des Dakota du nord et du sud, du Wyoming du Montana et du Nébraska, a déclaré sont retrait unilatéral de tous les traités signés avec les États-Unis et la création de la République lakotah.

Accusant les gouvernements états-uniens successifs d’avoir bafoué leurs droits et violé leurs propres traités depuis le début du 19e siècle, des représentant élus du peuple lakotah ont annoncé le retrait formel et unilatéral de tous les traités signés depuis 1805 et ont commencé à mettre sur pied les bases d’une future entité politique souveraine. Des débats sont en cours autour de la forme que cette entité doit prendre, le terme latin de république ne plaisant pas à tout le monde. Quoiqu’il en soit, les Lakotah ont déjà (re)commencé à agir en nation souveraine et à assumer des compétences qui relèvent d’un État, qu’ils et elles imaginent confédératif et décentralisé.

Agir en peuple souverain

Une invitation à négocier le tracé des frontières communes ainsi que l’accès aux ressources naturelles en territoire lakotah a été lancée aux autorités états-uniennes et la délégation diplomatique lakotah a déjà rencontré des représentants boliviens et vénézuéliens, entre autres, dans sa campagne pour faire reconnaitre sa souveraineté. Russel Means, un des leaders lakotahs, a par ailleurs soutenu que des demandes d’asile avait été déposées et que la nation lakotah ferait tout en son possible pour traiter ces demandes avec le sérieux qu’elles méritent.

Des démarches ont aussi été entamées pour saisir légalement les édifices et terrains publiques se trouvant sur leur territoire. Les investisseur-se-s privé-e-s ont par ailleurs été avisé-e-s des revendications territoriales mais aucune action ne sera entreprise contre eux en raison des bonnes relations entre États-uniens et Lakotah, soutiennent ces derniers dans un communiqué du 1er janvier.

Des années d’arrogance et de violations de traités

Selon l’historique présenté par la République lakotah sur son site Internet, les problèmes ont commencé au moment de l’achat de la Louisiane française par les États-Unis en 1803. Par la suite, et malgré les traités d’amitiés, les états-uniens ont entrepris de s’installer en territoire lakotah, ce qui a contribué à créer des tensions. D’autres traités ont été signés, dans lesquels les Lakotah autorisent le passage de routes sur leur territoire mais n’abandonnent jamais leur souveraineté. Le gouvernement états-unien n’aurait cessé depuis de violer ces traités.

Ces violations se seraient accentuées depuis 1871, année à partir de laquelle le gouvernement fédéral cesse de signer tout traité avec les Premières Nations et choisit de faire à sa guise en territoire autochtone.
Parmi les violations de droits reconnus par les traités, les Lakotah accusent les États-Unis de les avoir obligé illégalement à se sédentariser, d’avoir divisé leur territoire en lots, de leur avoir imposé la citoyenneté états-unienne, et de les avoir relocalisés de force dans les années 1950-1960.

Appuis

Les Lakotah ont reçu beaucoup de support depuis leur déclaration d’indépendance. Ils comptent beaucoup sur cet appui et sur la lutte juridique pour faire valoir la légitimité de leur geste. Car vous comprenez bien que la lutte n’est pas gagnée et que les Lakotah, en plus de souligner qu’ils veulent accéder à l’indépendance et la pleine souveraineté de façon pacifique, n’ont pas les moyens de résister par la force au gouvernement et à ses gros bras policiers ou militaires. La solidarité avec le peuple lakotah en lutte sera nécessaire à la victoire…ou, faute de victoire totale, à l’obtention de gains significatifs en matière de souveraineté.

Pour plus d’information : www.republicoflakotah.com

Mots-clés : Premières Nations

Sur le même thème : Premières Nations

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...