Édition du 22 juin 2021

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Expulsion et enfermement des migrants mexicains : Biden déploie sa politique xénophobe

Le président américain Joe Biden a prononcé un discours ce jeudi, d’un cynisme décomplexé, dans lequel il a souligné que les autorités mexicaines refusaient de recevoir les familles des migrants qui sont expulsées par les États-Unis.

27 mars 2021 | Texte original publié sur La Izquierda Diario México.

Ce jeudi, lors d’une conférence de presse, le président américain Joe Biden a déclaré que les autorités mexicaines refusent de recevoir à nouveau les familles de migrants qui ont été expulsées par son gouvernement.

Il a déclaré que, dans cette situation, il cherchera à négocier avec son homologue Andres Manuel Lopez Obrador pour que le Mexique accueille les familles de migrants qui cherchent à rejoindre leur pays : "Certaines familles ne sont pas renvoyées parce que le Mexique refuse de les recevoir, pas toutes. Nous sommes en train de négocier avec le président du Mexique, et je pense que nous allons voir un changement. Toutes ces familles devraient être renvoyées ou repartir. Les personnes que nous ne laisserons pas seules de l’autre côté du Rio Grande sont les enfants", a-t-il déclaré.

Ces déclarations mettent en lumière le cynisme du président américain, qui, non seulement n’est pas revenu sur les politiques d’immigration de Trump, mais maintient en ce moment des centaines de migrants dans des conditions épouvantables dans des centres de détention au Texas, dont plus de 5 000 mineurs.

De fait, la politique de séparation des familles se poursuit, car si les migrants adultes et une partie des groupes familiaux retenus à la frontière sont expulsés en raison de la pandémie, les mineurs se retrouvent dans ces centres de détention.

Ces redoutables centres de détention de la patrouille frontalière américaine sont connus des migrants comme "la hielera" (la glacière). Le nom vient à la fois de l’agence chargée de l’application des lois sur l’immigration et les douanes (ICE) et de la façon dont les gens vivent dans ces centres, où beaucoup disent qu’il fait un froid glacial. Les images publiées lundi par le député démocrate Henry Cuellar ne font que confirmer cette réalité, ainsi que détruire le discours de Biden qui a promis pendant la campagne une politique différente envers les migrants, mais qui de fait maintient la logique anti-migratoire, répressive et très violente que Trump, Obama, Bush et Clinton ont menée avant lui.

Le nombre de sans-papiers appréhendés à la frontière et renvoyés augmente mois après mois depuis mai 2020, et à la sortie de l’hiver, il a atteint un peu plus de 100 000 en février, soit une hausse de 28 % par rapport au mois précédent.

Les centres de détention pour les migrants mineurs ne sont cependant pas une invention de Trump. Non seulement ils existaient déjà avant, mais, sous l’administration Obama, dont Biden était vice-président, a été créé le "Priority juvenile docket", sous prétexte de donner la priorité aux demandes d’asile ou de statut légal pour les mineurs arrivant seuls dans le pays. De fait, Biden maintient en vigueur l’accord précédent que le gouvernement mexicain avait décrété, mais qui a été renforcé avec la présidence de Trump et de Lopez Obrador, de militariser la frontière sud du Mexique et de retenir la migration centraméricaine.

Sur les questions d’immigration, il n’y a aucune différence entre les démocrates et les républicains. Bien que les premiers promettent dans leurs discours un meilleur traitement et une sorte de régularisation, ils visent en réalité à réguler d’une manière ou d’une autre les millions de travailleurs migrants qui constituent aujourd’hui la main-d’œuvre la plus précaire du pays, toujours au bord de l’expulsion.

La continuité de la politique du mandat Trump, et avant lui Obama, par le gouvernement Biden, a de lourdes conséquences sur les migrants, toujours plus vulnérables en pleine pandémie. L’accord entre Lopez Obrador et Trump, maintenu par Biden, signifie que la majorité des migrants honduriens, guatémaltèques et salvadoriens, entre autres, qui traversent le Mexique pour atteindre les États-Unis sont désormais confrontés non seulement à des mafias et à des réseaux de trafic d’êtres humains, mais aussi à une véritable milice renforcée par Lopez Obrador qui "contient", réprime, emprisonne et expulse des milliers de migrants centraméricains, à la demande des États-Unis.

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