Édition du 16 juin 2026

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Gouvernance des universités : le règne du marché, la communauté ignorée

Montréal, 11 septembre 2008 -

L’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ), appuyée par un grand nombre d’organismes représentant plusieurs milliers de personnes, manifeste sa vive opposition au projet de loi de la ministre Courchesne concernant la gouvernance des universités. Ce projet de loi exigerait, entre autres, que les deux tiers des membres des conseils d’administration des universités soient des personnes externes au milieu universitaire, ce qui aura des conséquences néfastes sur les bases mêmes de la démocratie universitaire. Nous revendiquons une démocratisation des instances décisionnelles et académiques au sein des établissements d’enseignement, et ce, dans une perspective de réappropriation des services publics.

Tout d’abord, ce projet du Parti Libéral vient cautionner l’influence de
plus en plus marquée des intérêts marchands dans les institutions
scolaires publiques, et ce, au détriment des intérêts de la communauté
universitaire. Les membres externes, souvent issu-e-s du milieu des
affaires et des finances, ne sont pas habilité-e-s à gérer un milieu
universitaire qu’ils et elles ne connaissent pas et ne fréquentent pas.
C’est plutôt à celles et ceux qui vivent l’université au jour le jour
d’orienter ses destinées. Selon nous, seul-e-s les professeurs-e-s,
chargé-e-s de cours, étudiants et étudiantes et employé-e-s de soutien
sont aptes à gérer les universités en fonction des besoins du milieu.
C’est seulement ainsi que l’on pourra véritablement démocratiser la
gestion de nos universités.

En effet, les entreprises privées présentes sur les CA des universités
font avant tout la promotion de leurs propres intérêts financiers ainsi
que l’arrimage de l’éducation au marché, et non celle de « principes de
gouvernance reconnus » comme le prétend la ministre. Aucune limite ne
semble se dresser contre sa volonté de commercialiser le savoir. Selon
Marie-Ève Ruel, secrétaire aux communications de l’ASSÉ, « si le
gouvernement veut vraiment contribuer au développement des universités, tout en impliquant les entreprises privées, ce doit être par une véritable imposition fiscale de ces entreprises, et non pas en leur
permettant de s’ingérer dans les conseils d’administration ».

Très récemment, la présence d’acteurs et d’actrices socio-économiques
sur les CA n’a pas eu que du bon. En effet, le manque de vigilance et
l’inaction des membres socio-économiques sont en bonne partie
responsables de la descente aux enfers de l’UQAM. En effet, à l’UQAM,
tout le monde se rappelle que seule la communauté interne, soit les
professeur-e-s, les employé-e-s de soutient et les étudiantes et
étudiants, s’étaient prononcé-e-s contre le projet de l’Ilot Voyageur.
En définitive, si Mme Courchesne veut une meilleure gestion des
universités, elle devrait plutôt s’assurer qu’il y ait une bonne
imputabilité du CA à la communauté. Cela implique, à l’inverse de la
volonté actuelle, un nombre accru de représentants et représentantes
internes. Ces personnes sont les seules directement concernées par la
bonne santé financière et démocratique de leur institution.

Seule association étudiante nationale comprenant des membres de tous les cycles d’enseignement supérieur confondus, l’ASSÉ regroupe actuellement plus de 42 000 membres dans les cégeps et les universités du Québec. Elle milite depuis sa création pour la gratuité scolaire à tous les niveaux.

www.asse-solidarite.qc.ca

Mots-clés : Communiqués

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