Édition du 22 novembre 2022

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Amérique centrale et du sud

Haïti : Chronique pour une rupture radicale Bulletin # 1

Notre chronique est solidaire aux luttes des travailleurs et travailleuses, les luttes des masses laborieuses et les luttes des paysans et paysannes. Nous sommes solidaires des luttes de toutes les personnes qui subissent l’injustice, l’exploitation et la répression.

Aujourd’hui, le premier bulletin de la chronique porte sur la question de l’intervention militaire que les traîtres haïtiens et les pays impérialistes préparent sous prétexte d’aide et d’assistance humanitaire.

Récemment, le gouvernement de facto haïtien, antipopulaire et antinational a fait appel au Core Group, aux pays impérialistes, aux Nations Unies et à l’Organisation des États américains pour qu’ils envoient d’urgence et rapidement une force militaire massive pour aider à combattre les gangs criminels et à porter une solution à la crise humanitaire causée par la résurgence de l’épidémie de choléra en Haïti et les activités criminelles des gangs.

Dans l’état actuel des choses, les puissances impérialistes ne font pas montre d’une réelle volonté à envahir Haïti. Ils attendent plutôt un moment plus favorable comportant moins de risques pour eux. Le moment où le chômage, la faim et les maladies mettront les masses populaires à genoux.

Rappelons que l’occupation militaire sous l’égide de la Minustah a duré de 1994 à 2017. Une occupation qui a eu des conséquences extrêmement graves pour le pays : l’épidémie de choléra qui a causé plus de 10 000 morts et a fait plus de 800 000 infectés, des massacres dans les quartiers populaires et des viols à répétition. Depuis 2017, le Binuh sous la direction de Mme Helen Lalime a remplacé la Minustah. Devant son impuissance à gérer quoi que ce soit, Lalime a encouragé et applaudi la fédération des gangs criminels G9. Des gangs qui ont commis et continuent de commettre des massacres, des viols et des kidnappings. N’oublions pas non plus, en 2010-2011, que ce sont les occupants impérialistes qui ont imposé le gouvernement laquais de Michel Joseph Martelly et institué le régime Phtk.

Si nous réfléchissons clairement sur la trajectoire historique des interventions, des occupations militaires et de la tutelle des impérialistes/ONU/OEA en Haïti, nous verrons clairement que ce que nous vivons aujourd’hui, toutes les tribulations que nous traversons, sont les résultats des interventions, des occupations militaires et de la tutelle de ces brigands, la mafia locale et la mafia internationale : 1915-1934, 1994-2017.

Seuls les traîtres, réactionnaires et la bourgeoisie exploiteuse qui boivent le sang du peuple ont intérêt à une intervention militaire impérialiste.

Si nous savons déjà, comme le montre clairement l’histoire récente, que ce sont des interventions militaires impérialistes de mèche avec des gouvernements fantoches réactionnaires, des politiciens sans colonne vertébrale et les classes réactionnaires locales qui nous ont causé tous ces dégâts et calamités à notre pays et à notre peuple, comment se fait-il, hors de tout bon sens, nous espérons que ces mêmes réactionnaires viendront nous « sauver » ? Ce sont eux qui nous ont amené là où nous sommes.

Ce sont les politiciens réactionnaires et la bourgeoisie qui crient « A L’AIDE ! » Les occupants militaires ne pointent jamais leurs armes sur la bourgeoisie. L’intervention militaire étrangère viendra consolider le statu quo, imposer les mêmes marionnettes, les mêmes politiciens réactionnaires, les mêmes opportunistes populistes, pour nous manipuler, nous piéger, nous dérouter de la voie de notre véritable lutte de libération, de la véritable émancipation des masses populaires, comme ils le font toujours depuis 1986 sur un remake perpétuel de la même vieille bêtise réactionnaire. Sommes-nous disposés ou acceptons-nous de continuer de vivre ces terribles expériences sous la domination des classes réactionnaires, des politiciens fantoches, sous la botte de l’occupation militaire des pays impérialistes ?

Dès lors, quelles options avons-nous en fonction de l’équilibre actuel des forces sur le terrain ?

Objectivement, nous avons en réalité deux (2) options sur le terrain dans cette conjoncture difficile. La première option n’est pas sous notre contrôle même si nous pouvons toujours l’influencer. C’est la décision et la pratique réactionnaires et antinationales qui émergent de tous les accords locaux entre les différents secteurs de la classe dominante. Nous devons être clairs sur le fait que les intérêts fondamentaux des masses populaires ne sont pas dans ces accords.

Cependant, nous devons aussi admettre, compte tenu du fait que le rapport de forces n’est pas du côté du peuple haïtien, que les travailleurs ne disposent pas encore d’organisations autonomes qui puissent guider et organiser la lutte populaire. Construire ces organisations constitue notre deuxième option, la seule valable malgré les obstacles et les difficultés à la réaliser. Cette option est la seule qui permet de développer une ligne politique et idéologique claire, sans aucune confusion, ni opportunisme. C’est le défi historique à relever en ces temps tragiques !

C’est pourquoi la mobilisation doit continuer non seulement dans les rues, mais également dans les quartiers populaires, dans le travail. Notre objectif, c’est notre totale émancipation. Nous ne devons pas nous satisfaire de victoires passagères, mais de les considérer comme des étapes de la lutte de libération.

La deuxième option qui s’offre à nous maintenant, dans la conjoncture actuelle, qui devrait être sous notre contrôle, est de poursuivre nos mobilisations indépendantes sous différentes formes de manière à ne pas nous épuiser.

Cela exige que les masses populaires continuent à utiliser leur imagination, leur intelligence et leur créativité. Nous ne devons pas seulement mener la lutte dans la rue, nous devons nous organiser également où nous vivons, sur nos lieux de travail, où que nous soyons au niveau national.

C’est cette seconde option que nous soutenons, le travail de construction des luttes indépendantes et des organisations autonomes du Camp Populaire avec les masses laborieuses comme pilier.

Haïti n’est pas à vendre !

A bas l’impérialisme, le Core Group, l’OEA et l’ONU !

A bas l’occupation et la tutelle impérialistes !

A bas l’État et le gouvernement haïtiens fantoches pourris !

Vive les luttes indépendantes des masses populaires, vive les organisations automnes des classes laborieuses !

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