« L’IA ne réussira que si les travailleur•ses et le public lui font confiance », explique Sean O’Reilly, président de l’IPFPC. « Cela requiert des règles claires, une surveillance efficace et des mesures de protection applicables pour les personnes qui seront amenées à utiliser ces systèmes et à en subir les conséquences. »
L’IPFPC met en garde contre le fait qu’en l’absence de protections applicables, l’IA pourrait être utilisée pour supprimer des emplois, intensifier la charge de travail, déqualifier le travail professionnel, accroître la surveillance, sous-traiter l’expertise publique et réduire la responsabilité humaine dans la prise de décision publique.
L’IPFPC estime que les enjeux vont au-delà des travailleur•ses, car le remplacement de l’expertise professionnelle par des systèmes d’IA mal gérés pourrait nuire à la qualité, à la fiabilité et à la responsabilité des services publics dont dépendent les Canadien•nes.
« Une IA pour tous ne peut pas se limiter à une IA au service des employeurs, des consultant•es et des entreprises, alors que l’on demande aux travailleur•ses de s’adapter une fois que les décisions ont été prises », ajoute Sean O’Reilly. « Une stratégie en matière d’IA véritablement favorable aux travailleur•ses devrait inclure des engagements fermes visant à protéger les emplois, à renforcer les services publics et à préserver le jugement humain, et non des promesses d’avantages futurs qui éludent les questions fondamentales auxquelles sont confrontés les travailleur•ses ».
La stratégie ne dit rien, notamment, sur les répercussions de l’IA sur l’emploi. Elle ne dit pas combien d’emplois du secteur public fédéral pourraient être affectés, modifiés ou supprimés, si les emplois existants seront protégés ou si l’IA sera utilisée pour justifier les réductions de personnel. Elle ne garantit pas non plus d’aide au recyclage professionnel et à la transition pour les travailleur•ses touchés et ne s’engage pas à consulter véritablement les syndicats avant que l’IA ne soit mise en œuvre sur les lieux de travail fédéraux.
« Les travailleur•ses et leurs syndicats doivent être présents à la table de négociations avant que ces systèmes ne soient achetés, conçus, déployés ou étendus », demande Sean O’Reilly. « L’IA ne peut pas être imposée d’en haut, puis présentée comme une innovation. Si elle a des répercussions sur le travail de nos membres, elle doit faire l’objet de négociations. »
L’IPFPC demande instamment au gouvernement fédéral de s’engager à une transparence totale sur le déploiement de l’IA, à une véritable consultation avec les syndicats, à des protections applicables aux travailleur•ses, à des aides au recyclage professionnel et à la transition, et au respect des droits de négociation collective avant que les systèmes d’IA ne soient étendus à l’ensemble de la fonction publique fédérale.





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