Plus troublant encore, la preuve retenue par le Tribunal établit que les négociateurs du Conseil du trésor n’ont jamais été consultés quant à la stratégie de la ministre de la CAQ de communiquer publiquement des propositions exploratoires en vue de nuire à l’avancement de la négociation. Ceux-ci ont eux-mêmes témoigné qu’il s’agissait d’« une décision politique », prise à la suite des interventions des cabinets ministériels.
« Le volet politique lié au fait que l’employeur est l’État québécois lui permet de communiquer des informations critiques au public en certaines circonstances, mais ne lui permet pas d’entraver les activités syndicales de l’association, comme il l’a fait dans le présent dossier. » a écrit Christian Drolet, juge administratif à la Division des relations du travail du Tribunal administratif du travail (TAT).
Pour l’APIGQ, cette décision confirme ce que les ingénieurs dénoncent depuis des mois : les négociations n’ont pas échoué à la table de négociation, mais bien à la suite d’une décision politique prise par le gouvernement de la CAQ.
Les quelque 1 900 ingénieurs de l’État sont en grève générale illimitée depuis le 6 juillet 2026 parce que le gouvernement refuse toujours de les traiter équitablement vis-à-vis les groupes prioritaires. Cette iniquité demeure inacceptable.
« La CAQ a fait un choix politique : s’acharner contre les ingénieurs. Pendant que tous les autres groupes réglaient, elle a refusé de traiter les ingénieurs avec la même équité. Aujourd’hui, un tribunal indépendant conclut que le gouvernement a négocié de mauvaise foi. » a déclaré M. Marc-André Martin, président de l’APIGQ.
L’APIGQ estime que cette décision jette une lumière nouvelle sur le conflit actuel. Elle démontre que l’attitude du gouvernement envers les ingénieurs ne relève pas d’un simple désaccord de négociation, mais d’une stratégie politique d’acharnement qu’aucun gouvernement ne devrait adopter envers ses propres professionnels.
L’Association réitère qu’elle demeure disponible pour conclure rapidement une entente négociée, pourvu que le gouvernement mette fin à cette approche et accepte enfin d’offrir aux ingénieurs le même respect et le même traitement qu’aux autres groupes de la fonction publique.


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