Édition du 16 juin 2020

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L’ingérence du gouvernement québécois au Conseil du statut de la femme est inacceptable. (Réseau des Tables régionales de groupe de femmes)

Saint-Jérôme, le 23 septembre 2013 – Le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec tient à saluer le courage de Madame Miville-Deschênes, la présidente du Conseil du statut de la femme, qui a dénoncé sur la place publique ce qui a toutes les apparences d’une tentative d’ingérence et de prise de contrôle du gouvernement québécois sur l’organisme qu’elle dirige.

Pour Blanche Paradis, la coordonnatrice du Réseau des Tables, « Tous les signes d’une ingérence politique au Conseil du statut de la femme sont là : la nomination de quatre nouvelles membres toutes favorables à la vision gouvernementale sur la Charte des valeurs québécoises ; des nominations qui surviennent après un processus de consultation bâclé s’étendant sur quelques jours alors que deux postes étaient vacants depuis au moins un an : la sortie d’une des nouvelles membres pour critiquer publiquement, dès le lendemain de sa nomination, la présidente du Conseil ; la non reconduction du mandat de la représentante au Conseil de la CSN, un organisme critique de la Charte des valeurs québécoises. » Pour sa part,
Joanne Blais, la présidente du Réseau constate : « Les groupes de femmes à travers tout le Québec ont toujours exigé que toute mise en oeuvre d’une politique ou d’un plan d’action gouvernemental de même que toute adoption de loi soient préalablement accompagnées d’une analyse permettant d’en mesurer l’impact sur les femmes québécoises. Cette approche, appelée analyse différenciée selon les sexes, est une partie intégrante de la politique gouvernementale Pour que l’égalité de droit devienne une égalité de fait. Il est inconcevable que le gouvernement
québécois n’ait pas respecté sa propre politique et n’ait pas préalablement effectué une analyse permettant de mesure l’impact de la Charte des valeurs québécoises sur toutes les femmes au Québec. D’autant plus que ce gouvernement se targue de vouloir compléter le processus de laïcité de l’État québécois au nom du principe qu’il dit « sacré » de l’égalité entre les femmes et les hommes. »

Le Réseau des Tables régionales se questionne également sur ce qui semble maintenant la nouvelle composition du Conseil du statut de la même. Avant la nomination de quatre nouvelles membres la semaine dernière, quatre postes au Conseil étaient réservés à des femmes issues des associations féminines, deux à des femmes issues des organisations syndicales, deux à des femmes issues du milieu universitaire et deux à des femmes issues du milieu socioéconomique. Or, suite aux nouvelles nominations, on ne trouve plus au Conseil que deux femmes issues des associations féminines mais quatre issues du milieu socio-économique. On
est alors en droit de se demander si le gouvernement québécois tente à la fois de museler le Conseil du statut de la femme mais aussi de réduire la voix des groupes de femmes au Conseil parce que celle-ci peut-être embarrassante ? Il n’est donc pas trop tard pour la Ministre de
refaire ses devoirs et de reprendre ce processus de nomination éminemment douteux.

Le Réseau des Tables régionales de groupe de femmes regroupe les dix-sept Tables régionales de groupes de femmes. En tant qu’organisme féministe de défense collective des droits des femmes, il porte auprès
des instances nationales les réalités régionales et prend position dans une perspective d’égalité entre les sexes et de plus grande justice sociale.

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