Édition du 17 septembre 2019

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Les gilets jaunes

La parole aux intellectuels

Pendant que les français en situation précaire continuent de réclamer une parole qui leur est refusée, Macron réunit des intellectuels soigneusement sélectionnés pour un nouveau débat de 8 heures. Des universitaires, des penseurs, des chercheurs, des gens suffisamment « supérieurs » pour que le président accepte de les écouter.

Mais aussi savants soient ils, que savent ces élites de la réalité du français moyen, des préoccupations de la mère célibataire, du chômeur, de l’étudiant ? Ils ne les connaissent que sous forme de courbes et de chiffres. Pas un seul d’entre eux ne pensera à questionner le président sur la réforme des facultés, réforme ironiquement nommée « Bienvenue en France », qui valide une augmentation de 150 % des frais de scolarité pour les étudiants étrangers (hors UE), ou de la modification du programme de philosophie de terminale qui supprime la notion de travail pour la remplacer par « l’idée de Dieu ». Si je devais vous décrire ces 8 heures de débat que je me suis infligée avec beaucoup de masochisme, je risquerais de tomber dans la vulgarité, alors je vous livre plutôt l’avis de la sociologue Dominique Méda, qui a eu le privilège d’être conviée à la fête (granddebat-des-intellectuels-pris-en-otage_1716086)

Finalement, c’est notre tout puissant président qui résumera le mieux la situation en déclarant tranquillement « Nous sommes une société aristocratique égalitaire ».

Ceux qui y voient un non sens sont de mauvais citoyens, des factieux plein de haine et de jalousie envers ceux qui réussissent. Un point c’est tout. Plus les jours passent et plus il semble évident que le peuple français n’aura pas
gain de cause, à moins de déclencher une guerre civile dont les conséquences ne peuvent être mesurées à l’avance. Chaque jour nous enfonce un peu plus vers une dystopie nauséabonde, une idéologie du mépris de classe, une déshumanisation du peuple et une instrumentalisation des médias. Bientôt, nous n’aurons plus que deux solutions : rentre chez nous et subir des réformes qui mettront une grande partie des français dans la misère … ou prendre les armes, choisir une violence dont on ne veut pas en risquant des vies humaines. Quelle autre solution ? Quand même l’ONU (qui classe la France au même rang que le Zimbabwe, Haiti et le Soudan dans un rapport alarmant sur le maintien de l’ordre) ne peut rien. La Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Michelle Bachelet, a demandé à la France une "enquête approfondie" sur "l’usage excessif de la force" depuis la mi-novembre … refusé !

Selon Edouard Phillippe, nous n’avons pas besoin de l’ONU pour faire le point.

Au sujet d’Edouard Phillippe et pour terminer mon tour d’horizon des scandales d’état, il faut savoir que, pour signifier la désapprobation de l’exécutif quant à la décision du Sénat de signaler à la justice les possibles faux témoignages des proches de l’Elysée entendus dans le cadre de l’affaire Benalla, le Premier ministre a choisi de boycotter la séance de questions au gouvernement. Prétendant que le sénat, qui est un contre pouvoir nécessaire, dépasse ses fonctions et offense le gouvernement par ses suggestions incisives, il décide tout simplement de ne pas se rendre à la séance, trahissant par ce geste toutes ces précédentes déclarations au sujet du respect des institutions que chacun doit observer. « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Une magnifique illustration de notre société à deux vitesse qui, si elle ne ralentit pas l’allure, risque de nous conduire à un choc violent

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